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Le piège Yann Moix ou comment la société nous demande de nous justifier de vieillir

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« Ça ne me dégoûte pas, ça ne me viendrait pas à l’idée. Elles sont invisibles. Je préfère le corps des femmes jeunes, c’est tout. Point. Un corps de femme de 25 ans, c’est extraordinaire. Le corps d’une femme de 50 ans n’est pas extraordinaire du tout. »

Voilà les propos tenus par Yann Moix dans une interview donnée à Marie-Claire et publiée le 4 janvier dernier. Epargnez-vous d’aller lire la suite, en voici un résumé : Yann Moix, 50 ans, nous explique qu’il ne bande que devant les femmes asiatiques de moins de quarante ans, et plus particulièrement celles autour de 25 ans, car plus c’est jeune plus c’est frais, et que la peau du fessier qui pendouille ne l’enchante pas du tout. Bon.

Non seulement Monsieur Moix a-t-il affirmé avoir une « préférence personnelle » pour les jeunes femmes, mais il s’est senti obligé pour se justifier en stigmatisant les femmes plus âgées, de les qualifier plus que négativement. Evidemment, ce torchon publié la fleur au fusil a beaucoup fait réagir : actrices, autrices, journalistes, ou bien la toute venante, beaucoup de femmes sont montées au créneau, et de nombreux hommes aussi. Si les propos de Yann Moix sont déjà plus que problématiques et révèlent un sexisme, un jeunisme ainsi qu’une exotisation sociétale des femmes asiatiques, les réponses qui ont suivi méritent elles aussi qu’on prenne le temps de soulever leurs incohérences et maladresses.

De Colombe Schneck, journaliste et réalisatrice de documentaire de 52 ans, qui poste une photo de ses fesses rebondies, à Elle qui publie un classement de « 35 femmes de plus de 50 ans ultra badass qui n’ont pas besoin de Yann Moix », nombreuses sont les voix qui se sont élevées pour prouver que les femmes de 50 ans sont toujours belles. Justement, c’est cette volonté de prouver que les femmes ne sont pas belles seulement à 25 ans qui pose soucis : pour Elle, les femmes de son classement sont « badass » car elles ont 50 ans ou plus et font de la concurrence à leurs collègues plus jeunes. Monica Bellucci, Jennifer Aniston, Halle Berry, Jane Fonda sont toutes magnifiques et ne ressemblent que de très loin à la ménagère lambda dont le corps porte peut-être plus durement les traces de 50 ans de travail, d’enfants, de maladies ou de toutes autres épreuves de la vie qui font qu’inévitablement on finit par avoir le téton moins frétillant. En justifiant que les femmes plus âgées sont toujours belles et en prenant l’exemple de mannequins, d’actrices ou de journalistes gâtées par la nature, ce sont toutes les autres femmes de 50 ans, celles qui sont ordinaires, ma mère, mon futur moi qui n’aura peut-être pas l’occasion de maintenir sa fesse galbée, qui sont laissées de côté. Une fois de plus, c’est la société patriarcale qui objectifie le corps féminin et décrète que les femmes doivent être belles, minces, et surtout ne pas vieillir qui gagne. Cette même société nous oblige, nous femmes, à nous justifier de nos possibilités de repousser notre date présumée de péremption.

Attention tout de même. Il n’est pas question ici d’accuser les femmes qui ont posté des photos de leurs corps ou partagé les photos de Julia Roberts d’avoir mal réagi ou de desservir la cause du féminisme et de leurs consœurs moins bien dotées physiquement. Contrairement à cet article plutôt radical de Slate écrit par, roulement de tambour… un homme, je ne crois pas qu’il faille accuser ces femmes de « montrer tout l’inverse » de ce qu’elles veulent défendre. Merci Jean-Marc Proust mais nous n’avons pas de conseils à recevoir de vous sur la manière de mener nos luttes. Reconnaître que les femmes de 50 ans peuvent continuer à être conformes aux critères sociétaux de beauté n’est pas mauvais, ces femmes doivent en être fières. Seulement, nous devrions aussi, à l’image d’autres réactions telles celle de Valérie Trierweiler et d’autres, souligner que Yann Moix se fait ici le parfait rapporteur de la phallocratie. Une femme n’est ici pas considérée pour ce qu’elle est mais pour ce qu’elle représente visuellement : l’amour, selon notre poète maudit du jour, se traduit dans le fait de pouvoir bander, et pour bander, il faut que le corps soit beau. Qu’en est-il de la personnalité ? De l’intelligence quelle qu’elle soit ? Niet. Les femmes sont une fois de plus résumées à leur physique.

« Je ne suis pas une simple préférence sexuelle. […] Ils avouent être en proie à des idées préconçues façonnées par l’Histoire sur ces milliards de personnes. Dans leur esprit, les « femmes asiatiques » seraient exotiques, douces, souples, arrangeantes, dévouées au bon plaisir de l’homme, comparables à des mignonneries, voire des bibelots comme l’a écrit** l’auteur Pierre Loti à propos de ces femmes d’ailleurs. » – Grace Ly

Autres soucis des propos tenus dans cette interview et des réactions suscitées : si les foules se sont mobilisées pour défendre les femmes, les initiatives pour pointer du doigt le racisme et la fétichisation à l’égard des femmes asiatiques dont fait preuve Yann Moix sont, elles, bien moins nombreuses et relayées. « Je ne sors qu’avec des Asiatiques. Essentiellement des Coréennes, des Chinoises, des Japonaises, a-t-il ainsi déclaré. Beaucoup de gens seraient incapables de vous l’avouer car c’est du racialisme. C’est peut-être triste et réducteur pour les femmes avec qui je sors, mais le genre asiatique est suffisamment riche, large et infini pour que je n’en aie pas honte. » : l’amour et les relations selon Yann Moix c’est le marché, et son panier, il le compose uniquement avec des produit d’Asie de l’Est et du Sud-Est. Vraiment top.

Face aux accusations de racialisme (duquel il se revendique dans le plus grand des calmes d’ailleurs), la clique à Yann Moix s’est élevée : que nenni ! Du racisme de ne vouloir baiser que des asiatiques ? Qu’y a-t-il de problématique à préférer que la personne dans son lit soit une belle panthère couleur ébène ? Ou encore une beauté d’Orient à la peau couleur houmous (oui, on me l’a déjà faite) ? Et bien le souci, c’est que les préférences qu’on croirait individuelles et subjectives ne le sont pas. Tout comme le fait que les petites filles préfèrent généralement le rose au bleu, préférer telle ou telle origine ethnique est socialement conditionné par l’apposition de caractères réducteurs et stigmatisants aux personnes racisées. Vous trouvez que les personnes noires ne sont pas à votre goût ? Et bien ce n’est peut-être pas seulement une histoire de goût mais bien des projections de clichés racistes véhiculés par la société, comme quoi les personnes noires sont comme-ci ou comme ça.

Fondatrice du magazine Koï, Grace Ly l’explique très bien dans une interview-réaction donnée à Elle : préférer les femmes asiatiques et n’y voir aucun souci, c’est les considérer comme des objets, et c’est surtout une projection de clichés racistes comme quoi les femmes asiatiques sont toutes les mêmes, « exotiques, douces, souples, arrangeantes, dévouées au bon plaisir de l’homme ».

Et c’est justement ce dernier cliché qui pèse sur les femmes asiatiques, leur prétendue retenue et passivité, qui révèle un troisième niveau de la problématique Yann Moix : il n’aime pas seulement les femmes jeunes et asiatiques parce qu’elles sont jeunes et asiatiques, mais parce qu’elles sont douces et soumises. Yann Moix, à l’image de nombreux de ses collègues masculins, ne s’intéresse pas aux femmes de son âge, mais bien à celles qui pourraient être leurs filles. S’il n’est pas question de dire qu’il est impossible de vivre une histoire d’amour vraie et saine avec une personne beaucoup plus vieille, il est important de se questionner sur toutes les problématiques de rapport de force que cela soulève. Il est assez commun que la maturité et la confiance en soi viennent avec l’âge, et lorsque Yann Moix sort avec une jeune femme de 25 ans, lui homme médiatisé : dans quelle mesure cette relation est-elle égalitaire ? Dans quelle mesure ces jeunes femmes ne sont-elles pas, comme leur demande le reste de la société, dans une conformation à la position admirative et soumise qu’on leur demande d’adopter par rapport aux hommes « mûrs » ? Ce cliché des jeunes femmes dévouées à un homme pouvant avoir jusqu’à 3 fois leur âge est sans cesse représenté dans les œuvres culturelles, et valorisé : on ne compte pas le nombre de films ou un vieux beau (James Bond ou Woody Allen) vit une histoire passionnelle avec une jeune femme, qu’il finit souvent par jeter après une relation basée sur l’infantilisation. Pourquoi Yann Moix, et ses collègues n’arrivent-t-il pas à être attirés par des femmes fortes de son âge ? Ah, le patriarcat. Ah l’insécurité de la masculinité hégémonique.

Bref, on retiendra que le pauvre Yann Moix s’est un peu rendu compte qu’il n’avait pas à se réjouir de grand-chose au vue de sa situation. « Je n’arrive pas à désirer des femmes de mon âge. Ce n’est pas quelque chose qui est enviable. C’est quelque chose d’assez triste finalement parce que je m’aperçois qu’étant une sorte d’adolescent attardé, je n’ai pas accès à une partie de la vie qui en fait la richesse, qui est de quitter cette obsession du vieillissement du corps, pour accepter toutes les formes de la vie (…) » livre-t-il à TechniKart.

Ecoute Yannou, on ne va pas te plaindre.

Nina Dabboussi

Sitographie utilisée :

L’interview de Yann Moix pour Marie-Claire : https://www.marieclaire.fr/yann-moix-rompre-interview,1291590.asp

La sélection de « 35 femmes de plus de 50 ans ultra badass » par Elle : http://www.elle.fr/Societe/News/x-femmes-de-plus-de-50-ans-ultra-badass-qui-n-ont-pas-besoin-de-Yann-Moix

L’article de Jean-Marc Proust pour Slate culpabilisant les femmes d’avoir réagit comme elles l’ont fait : http://www.slate.fr/story/172005/yann-moix-propos-femmes-jeunes-critiques-reseaux-sociaux?fbclid=IwAR2e4MShGg927K5dUEJb4TPMGNIRvHDtvT5EBrDgWEZXp2CQYF-n-RZYGSw

L’interview de Grace Ly pour elle : http://www.elle.fr/Societe/News/Je-suis-une-femme-asiatique-et-j-en-peux-plus-des-hommes-qui-ne-sortent-qu-avec-des-Asiatiques-3744287

Un article de Sophie Gourion sur le jeunisme sociétal et les réactions face au cas Moix : https://www.toutalego.com/2019/01/yann-moix-le-perroquet-utile-du.html?fbclid=IwAR3rjscCElzEOhfEO83srgAQDZkslKwLNjW-w8VuBfHsqdg1Jpt0KWeG738

Un article de slate à propos du racisme sur les applis de rencontre : http://www.slate.fr/story/166340/racisme-applis-rencontre

Pour aller plus loin sur les sujets de l’exotisation des personnes racisées :

http://www.slate.fr/story/166340/racisme-applis-rencontre

https://www.vice.com/fr/article/d3knbz/la-yellow-fever-nest-rien-dautre-quun-fetichisme-raciste

https://mrsroots.wordpress.com/2014/11/14/beautes-noires-la-femme-noire-et-le-white-gaze/

http://roseaux.co/2017/10/exotisme-exotisation/

Sur le jeunisme, une superbe interview de Sophie Fontanel et de l’acceptation de ses cheveux
blancs : http://www.la-meridienne.info/La-revanche-d-une-blande

Illustrations :
Le tweet de Mona Chollet : https://twitter.com/monachollet/status/1081896960565673985/photo/1?ref_src=twsrc%5Etfw%7Ctwcamp%5Etweetembed%7Ctwterm%5E1081896960565673985&ref_url=https%3A%2F%2Fwww.francetvinfo.fr%2Fsociete%2Fyann-moix-je-suis-incapable-d-aimer-une-femme-de-50-ans-je-trouve-ca-trop-vieux_3132307.html
Vidéo interview de Julie Hamaïde
(fondatrice du magazine Koï avec Grace Ly) pour France TV Info : https://www.francetvinfo.fr/societe/ca-veut-dire-qu-on-est-des-objets-interchangeables-elle-denonce-les-propos-de-yann-moix-sur-les-femmes-asiatiques_3136925.html?fbclid=IwAR1Z45w1X6iePAQPeNr8MS1yPCYLWKn0hi7wI96k1Dr6pj3mBCdrH8zhvvc

Crédit photo de couverture : Jules Faure

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Emilie Manima, première femme ministre au Congo : itinéraire d’une pionnière, entre service public, santé maternelle et humilité

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Emilie Manima n’est pas seulement un nom inscrit dans l’histoire politique congolaise : c’est un repère, une date, une rupture. Décédée à Brazzaville le 11 février 2026 à un âge avancé (les hommages publics la situent autour de 89–90 ans), elle laisse l’image d’une femme de devoir, à la fois sage-femme de formation et première Congolaise à entrer au gouvernement. Sa trajectoire dit quelque chose d’essentiel sur la possibilité, même dans les contextes les plus verrouillés, de faire bouger les lignes par la compétence, la constance et une éthique profondément tournée vers l’autre.

Emilie Manima : une figure historique, la première femme ministre au Congo

L’événement fondateur de la vie publique d’Emilie Manima tient en une phrase : elle est la première femme ministre au Congo. Sa nomination, intervenue le 9 janvier 1975, la fait entrer dans l’histoire institutionnelle du pays, puisqu’elle rejoint le gouvernement au poste de ministre des Affaires sociales, sous la présidence de Marien Ngouabi. Cette information est reprise dans des récits d’hommage publiés à l’occasion de ses obsèques, qui rappellent à la fois la date, la fonction et la portée symbolique de ce choix politique : ouvrir la porte du gouvernement à une femme, après une longue période où les cabinets ministériels demeuraient exclusivement masculins.

Sur ce point, plusieurs sources de presse convergent :

Dès lors, écrire sur Emilie Manima, c’est écrire sur un avant et un après : avant elle, l’idée même d’une femme ministre relevait de l’exception impensée ; après elle, l’exception devient possible, puis progressivement pensable, et enfin revendiquée.

De la sage-femme à la ministre : la légitimité par le métier et par le terrain

Un élément éclaire sa crédibilité : Emilie Manima est sage-femme de profession. Cette donnée, loin d’être anecdotique, donne un relief particulier à sa nomination aux Affaires sociales. On peut y voir une cohérence : confier le social à une femme ayant appris, dans la pratique médicale, à accompagner les moments les plus vulnérables de la vie (naissance, maternité, soins, prévention).

Dans les récits qui lui rendent hommage, cette identité professionnelle revient comme une signature : Emilie Manima n’est pas décrite comme une personnalité uniquement “politique”, mais comme une femme dont l’autorité s’enracine dans le réel, dans le service, dans la proximité avec les corps et les situations. Cela explique en partie l’admiration persistante : on lui attribue moins une posture qu’une utilité.

Cette trajectoire rappelle une vérité souvent oubliée : dans de nombreux pays, les grandes figures de l’action publique ne viennent pas seulement des appareils partisans, mais aussi des métiers de soin, d’éducation et d’encadrement social—des métiers où l’on apprend à écouter avant de décider.

1975 : une nomination qui change la grammaire du pouvoir

Être la première femme ministre n’est pas qu’une médaille. C’est un poids, parfois un piège : celui d’être scrutée, attendue au tournant, jugée non comme une personne, mais comme un symbole. Emilie Manima a dû composer avec cette tension. Sa présence au gouvernement, en 1975, est à la fois une avancée pour les femmes et une responsabilité supplémentaire : prouver qu’une femme n’est pas une parenthèse, qu’elle peut tenir un portefeuille, porter une administration, et incarner l’État.

Les articles d’hommage la présentent précisément comme une femme qui “osa franchir le pas” et qui a “brisé les barrières” de l’inégalité au niveau gouvernemental (formulations reprises dans les récits de cérémonie et de presse) : Les Echos du Congo-Brazzaville, Matin Libre Congo.

Ce qui compte, ici, n’est pas de réécrire une légende : c’est de comprendre la portée d’un geste politique. Une première nomination féminine agit comme un test : si la femme échoue, on conclura “ce n’est pas fait pour elles” ; si elle réussit, on ouvre une brèche. Emilie Manima a incarné cette brèche—et, à en juger par la solennité des hommages, elle l’a incarnée durablement.

1978 : la santé maternelle et infantile, ou la continuité d’une vocation

Après l’expérience ministérielle, Emilie Manima se voit confier, le 11 mars 1978, une fonction orientée vers la prévention et l’avenir : elle est nommée directrice de la santé maternelle et infantile et de l’éducation pour la santé (information relayée et détaillée dans le témoignage publié par L’Horizon Africain).

Cette étape dit quelque chose de profond : son histoire n’est pas celle d’une femme “arrivée” puis retirée. C’est celle d’une continuité entre le soin et l’État. La maternité et l’enfance sont des sujets qui traversent les générations ; s’y consacrer, c’est travailler sur le temps long, sur les comportements, sur l’éducation, sur l’accès aux services. À ce titre, la santé maternelle et infantile n’est pas un domaine technique parmi d’autres : c’est une politique de civilisation, parce qu’elle touche à la survie, à la dignité et à l’égalité.

En associant “santé maternelle et infantile” et “éducation pour la santé”, on devine une philosophie : ne pas se limiter à soigner, mais prévenir, expliquer, former—mettre la connaissance dans les mains des familles.

L’amour : une manière de gouverner sans écraser

Les textes rendant hommage à Emilie Manima ne la réduisent pas à une carrière. Ils la décrivent par des vertus, et d’abord par une : l’amour. Dans le témoignage publié par L’Horizon Africain, l’amour n’est pas sentimental ; il est relationnel et social. C’est la capacité de créer du lien, de le maintenir malgré les années, de faire sentir aux autres qu’ils comptent.

Cet aspect est central pour un portrait SEO de Emilie Manima, parce qu’il explique pourquoi son nom revient au moment de sa disparition : non seulement pour ce qu’elle a été, mais pour ce qu’elle a fait ressentir. Une ministre peut laisser des dossiers ; une femme comme elle laisse des attachements, des fidélités, des souvenirs de chaleur humaine.

On peut même y lire une leçon de leadership : l’autorité peut être ferme, mais elle n’a pas besoin d’être froide. Emilie Manima semble avoir exercé une forme de pouvoir non pas conquérant, mais protecteur.

L’humilité : la force tranquille d’une femme d’État

La seconde vertu qui ressort des hommages est l’humilité. Là encore, l’idée est précieuse : dans l’espace public, l’humilité est parfois prise pour un manque d’ambition. Chez Emilie Manima, elle apparaît plutôt comme une discipline intérieure : ne pas se mettre au-dessus, rester du côté du service, refuser les louanges excessives.

Le témoignage repris par L’Horizon Africain cite une pensée attribuée à Charles de Foucauld sur la “dernière place” comme posture de service. Qu’on partage ou non cette référence spirituelle, elle éclaire un style : Emilie Manima semble avoir porté l’idée que la grandeur, dans la République, se mesure à la capacité de se tenir au plus près des autres, sans écraser.

Cette humilité, dans le récit des proches, va jusqu’à une forme de pudeur : elle n’aimait pas “les coups d’encensoir”. Pourtant, au moment de sa disparition, l’État et la société ont éprouvé le besoin de dire haut ce qu’elle avait incarné : une première, une servante, une référence.

Des obsèques nationales à Brazzaville : reconnaissance officielle et mémoire collective

L’hommage qui lui est rendu donne la mesure de sa place. Selon Les Echos du Congo-Brazzaville, une cérémonie s’est tenue au Palais des Congrès à Brazzaville, en présence du Président Denis Sassou N’Guesso et de nombreuses autorités. Le texte insiste sur la dimension républicaine : drapeau, solennité, gerbes, présence des corps constitués.

Ces détails sont importants : ils montrent que l’histoire d’Emilie Manima est considérée comme une histoire nationale, pas seulement familiale. Dans l’imaginaire public, elle devient une “mère” au sens large : celle qui a ouvert la voie, celle qui a rendu possible.

Matin Libre Congo confirme aussi l’hommage solennel du 20 février 2026, ancrant son départ dans une mémoire institutionnelle, et la présentant comme une figure de l’émancipation féminine.

Pourquoi Emilie Manima reste une référence pour les femmes congolaises

On pourrait croire que “première femme ministre” est un titre qui se fige, comme une date dans un manuel. Mais le titre vit tant qu’il inspire. Emilie Manima incarne un modèle de progression par le sérieux : elle ne semble pas avoir recherché la célébrité, mais elle a accepté la responsabilité. Elle n’a pas fait de sa condition féminine un slogan : elle l’a transformée en preuve.

Son parcours dit aux jeunes générations : l’entrée des femmes dans les plus hautes fonctions ne dépend pas uniquement des discours, mais de la rencontre entre des opportunités politiques et des compétences indiscutables. Emilie Manima a été cette rencontre : la compétence issue du soin, et la décision politique d’ouvrir une porte.

Aujourd’hui encore, la question de la représentation des femmes dans les gouvernements africains se pose en termes de chiffres, de quotas, de stratégies. Son histoire rappelle une dimension complémentaire : la représentation n’est durable que si elle se traduit aussi par une culture de service, une éthique du travail, une proximité avec les réalités sociales.

Emilie Manima, un nom qui signifie “service”

Emilie Manima laisse l’image d’une femme qui a tenu ensemble ce que l’on oppose souvent : le pouvoir et la douceur, l’autorité et l’humilité, la fonction et l’humanité. Première femme ministre au Congo, elle ne s’est pas contentée d’être “la première” : elle a cherché à être utile. Sage-femme de profession, ministre des Affaires sociales en 1975, engagée ensuite dans la santé maternelle et infantile, elle a inscrit sa vie dans une logique de protection des autres—et c’est peut-être la définition la plus simple de la grandeur publique.

Son décès, survenu à Brazzaville le 11 février 2026, a suscité des hommages qui ne relèvent pas de la routine. Ils racontent une femme aimée, respectée, et reconnue comme une pierre de fondation. Dans un monde où l’actualité efface vite les visages, Emilie Manima demeure parce que son passage a ouvert un chemin.

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Ménopause au travail : ces 25 propositions qui vont changer la donne

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Ménopause au travail : ces 25 propositions qui vont changer la donne

14 millions de femmes françaises sont concernées par la ménopause, mais le monde professionnel reste largement sourd à cette réalité. Le rapport remis au gouvernement en avril 2025 pourrait bien révolutionner la prise en compte de cette étape de vie au bureau.

17,2 millions de femmes de plus de 45 ans sont d’ores-et-déjà concernées par la ménopause en France. Chaque année, ce sont 500 000 femmes qui entrent progressivement dans la ménopause La ménopause : s’informer et en parler – Ministère du Travail, de la Santé, des Solidarités et des Familles. Pourtant, ce bouleversement physiologique majeur reste un angle mort des politiques d’entreprise. Un rapport parlementaire révolutionnaire pourrait changer cette réalité.

Un rapport qui brise enfin le silence

Dans un rapport dévoilé le 9 avril 2025, la députée Stéphanie Rist a présenté 25 recommandations devant aboutir, à l’horizon 2026, à une meilleure prise en compte de la ménopause dans le monde du travail Ménopause : 10 nouvelles propositions pour améliorer sa prise en compte au travail | Éditions Tissot. Ce document inédit marque un tournant dans l’approche institutionnelle d’un sujet longtemps tabou.

La ménopause, qui concerne plus de 17 millions de femmes en France, est encore trop souvent perçue comme un sujet intime, voire honteux Ménopause : 10 nouvelles propositions pour améliorer sa prise en compte au travail – Santé au Travail 72. Cette omerta professionnelle a des conséquences dramatiques : 87 % des femmes ressentent des symptômes liés à la ménopause, parfois très invalidants, comme les bouffées de chaleur, les douleurs articulaires, les troubles cognitifs ou encore la fatigue chronique Ménopause : 10 nouvelles propositions pour améliorer sa prise en compte au travail – Santé au Travail 72.

Des chiffres qui révèlent l’ampleur du déni

Les statistiques révèlent une réalité saisissante. Une femme sur deux estime que la ménopause a un impact sur sa vie professionnelle. Au Royaume-Uni, 10 % des femmes disent avoir quitté leur emploi pour cette raison Ménopause : 10 nouvelles propositions pour améliorer sa prise en compte au travail – Santé au Travail 72. En France, les données manquent encore, mais les témoignages convergent vers la même réalité.

94 % des femmes de 45 à 50 ans sont touchées par au moins un symptôme de la ménopause ; 73 % d’entre elles le sont encore entre 61 et 65 ans Santé des femmes au travail : des maux invisibles – Le rapport – Sénat, selon une étude du Gemvi (Groupe d’Etude sur la Ménopause et le Vieillissement hormonal). Des chiffres qui démontrent l’urgence d’agir dans le monde professionnel.

Les 25 propositions décryptées : révolution en marche

Axe 1 : Mesurer pour agir

Le rapport propose un plan structuré autour de trois priorités : chiffrer, former et adapter Ménopause : 10 nouvelles propositions pour améliorer sa prise en compte au travail – Santé au Travail 72. La première mesure phare ? Chiffrer le coût économique de la ménopause. Une estimation nationale serait un levier puissant de sensibilisation pour les employeurs Ménopause : 10 nouvelles propositions pour améliorer sa prise en compte au travail – Santé au Travail 72.

Cette approche économique vise à sortir la ménopause de la sphère purement médicale pour en faire un enjeu de performance collective. D’après les retours terrain de professionnels parisiens spécialisés dans l’accompagnement des transitions de carrière, cette donnée manquante freine considérablement la sensibilisation des directions d’entreprise.

Axe 2 : Former et informer

Créer un guide “Ménopause sur le lieu de travail”. Destiné aux managers et aux salariés, ce guide intégrera des outils pratiques, des exemples d’aménagements, et des conseils pour adapter les conditions de travail Ménopause : 10 nouvelles propositions pour améliorer sa prise en compte au travail – Santé au Travail 72.

La formation constitue le nerf de la guerre. Nommer des ambassadeurs “Ménopause et emploi”. Ils auront pour mission de promouvoir le sujet dans les grandes entreprises et les services publics Ménopause : 10 nouvelles propositions pour améliorer sa prise en compte au travail – Santé au Travail 72. Cette mesure s’inspire des réussites observées dans la lutte contre le harcèlement sexuel au travail.

Axe 3 : Adapter concrètement le travail

Les propositions les plus révolutionnaires concernent l’adaptation immédiate des conditions de travail. Encourager l’adaptation des postes de travail. Climatisation, accès à l’eau, flexibilité horaire, télétravail : autant de solutions à mettre en œuvre localement Ménopause : 10 nouvelles propositions pour améliorer sa prise en compte au travail – Santé au Travail 72.

Adapter le mobilier de bureau selon les recommandations du GEMVI. Pour prévenir la sédentarité et les troubles musculosquelettiques aggravés par la ménopause Ménopause : 10 nouvelles propositions pour améliorer sa prise en compte au travail – Santé au Travail 72. Cette mesure technique révèle une approche globale de la santé féminine au travail.

Révolution dans le suivi médical

Intégrer la ménopause à la visite médicale de mi-carrière (45 ans). Cette mesure a déjà été reprise par la ministre du Travail, Catherine Vautrin Ménopause : 10 nouvelles propositions pour améliorer sa prise en compte au travail – Santé au Travail 72. Cette évolution marque une reconnaissance institutionnelle majeure.

La proposition de loi envisage, en tout premier lieu, de faire doublement évoluer les modalités de réalisation de la visite médicale de mi-carrière Proposition de loi visant à améliorer la sensibilisation et la prévention de la ménopause : les mesures intéressant les salariées et les entreprises | Éditions Tissot. Concrètement, cet examen médical est réalisé, en l’absence de disposition conventionnelle et sauf exception, durant l’année civile du 45e anniversaire du salarié Proposition de loi visant à améliorer la sensibilisation et la prévention de la ménopause : les mesures intéressant les salariées et les entreprises | Éditions Tissot.

Cette visite évoluée permettrait de faire un état des lieux de l’adéquation entre le poste de travail et l’état de santé du salarié ; sensibiliser le salarié aux enjeux du vieillissement au travail et sur la prévention des risques professionnels Proposition de loi visant à améliorer la sensibilisation et la prévention de la ménopause : les mesures intéressant les salariées et les entreprises | Éditions Tissot, ménopause comprise.

L’expérimentation révolutionnaire de l’arrêt gynécologique

La mesure la plus audacieuse concerne l’expérimentation d’un arrêt de travail au bénéfice des salariées touchées par des symptômes incapacitants liés à la ménopause Proposition de loi visant à améliorer la sensibilisation et la prévention de la ménopause : les mesures intéressant les salariées et les entreprises | Éditions Tissot. Le texte autorise l’État à instaurer, pour une durée maximale de 3 ans et dans un périmètre limité à 3 régions, un arrêt de travail Proposition de loi visant à améliorer la sensibilisation et la prévention de la ménopause : les mesures intéressant les salariées et les entreprises | Éditions Tissot spécifique.

Cette expérimentation s’inspire des modèles européens avancés. Si certaines entreprises ont déjà mis en place des mesures, comme des jours de congé supplémentaires, cette proposition de loi pourrait renforcer la reconnaissance des enjeux liés à la ménopause en entreprise Ménopause et travail : vers une meilleure prévention en entreprise ?.

Collecte de données : vers des statistiques genrées

Produire des statistiques genrées et par tranche d’âge sur la santé au travail. Un outil indispensable pour piloter des politiques plus inclusives Ménopause : 10 nouvelles propositions pour améliorer sa prise en compte au travail – Santé au Travail 72. Cette mesure technique révèle une lacune criante : l’absence de données spécifiques sur la santé des femmes au travail selon leur cycle de vie.

Les entreprises pionnières commencent à s’organiser. Quelques entreprises ont toutefois expérimenté, à la marge, des actions sur la ménopause, généralement dans le cadre d’un congé menstruel ou d’une évolution des conditions de travail (ex : télétravail, accès à l’eau, régulation de la température, etc.) Ménopause : 10 nouvelles propositions pour améliorer sa prise en compte au travail | Éditions Tissot.

Un cadre juridique en construction

Offrir un cadre juridique aux collectivités expérimentant un “congé ménopause”. Bien que non proposé comme mesure généralisée, ce congé pourrait être testé à l’échelle locale Ménopause : 10 nouvelles propositions pour améliorer sa prise en compte au travail – Santé au Travail 72. Cette approche pragmatique évite l’écueil de la généralisation immédiate tout en ouvrant la voie à l’innovation sociale.

Dans les 6 mois précédant l’issue de cette expérimentation, le Gouvernement devrait alors remettre au Parlement une évaluation sur les résultats obtenus et sur l’opportunité de pérenniser ce dispositif Proposition de loi visant à améliorer la sensibilisation et la prévention de la ménopause : les mesures intéressant les salariées et les entreprises | Éditions Tissot.

Résistances et défis à surmonter

Malgré ces avancées, des résistances persistent. Les organisations syndicales et patronales, lorsqu’elles consentent à investir le sujet, peinent à adopter une position claire et précise Ménopause : 10 nouvelles propositions pour améliorer sa prise en compte au travail | Éditions Tissot. Cette frilosité révèle l’ampleur du chemin à parcourir.

Le rapport met toutefois en avant que parmi ces entreprises, 28 selon la Direction Générale du Travail, seule l’une d’entre elles s’est attachée à aborder les spécificités de la ménopause Ménopause : 10 nouvelles propositions pour améliorer sa prise en compte au travail | Éditions Tissot. Un chiffre qui révèle l’immaturité du sujet dans le monde entrepreneurial.

Impact sur la carrière des femmes

Les enjeux dépassent la seule dimension sanitaire. Dans la mesure où les symptômes péri-ménopausiques et ménopausiques touchent une très large majorité de femmes en âge de travailler, ils peuvent avoir des conséquences négatives sur la qualité de vie des femmes au travail Santé des femmes au travail : des maux invisibles – Le rapport – Sénat.

Cette réalité questionne l’égalité professionnelle. Tout professionnel de santé devrait donc avoir suivi une formation requise sur la ménopause et savoir que ces symptômes climatériques peuvent affecter le bien-être et les capacités au travail avec, en conséquence, parfois la nécessité d’une adaptation transitoire des conditions de travail Santé des femmes au travail : des maux invisibles – Le rapport – Sénat.

Perspectives internationales : la France rattrape son retard

S’inspirant des réussites constatées à l’étranger, et notamment au Royaume-Uni, le rapport formule 10 recommandations destinées à améliorer la prise en compte de la ménopause en milieu professionnel Ménopause : 10 nouvelles propositions pour améliorer sa prise en compte au travail | Éditions Tissot. Cette approche comparative révèle le retard français sur le sujet.

Le Royaume-Uni fait figure de modèle avec des entreprises comme Marks & Spencer ou la BBC qui ont développé des politiques spécifiques depuis 2019. L’Australie expérimente depuis 2023 des congés ménopause dans la fonction publique.

Soutien syndical : une reconnaissance progressive

L’UNSA accueille favorablement ces deux annonces qui doivent permettre de mieux comprendre ce que vivent les femmes. À terme, ces enseignements devront se traduire par des mesures concrètes et facilitatrices Ménopause : un enjeu de santé et de conditions de travail – UNSA TPE. Cette position syndicale marque une évolution significative.

Favoriser la prise en compte de la ménopause repose aussi sur des environnements de travail favorables (tenues de travail adaptées, locaux ventilés, etc.) et sur une adaptation de l’organisation du travail (accès facilité au télétravail, horaires aménagés, ajustement de la charge de travail, etc.) Ménopause : un enjeu de santé et de conditions de travail – UNSA TPE.

Défis médicaux : vers une meilleure formation

Un défi majeur demeure : la formation des professionnels de santé. Le rapport souligne que 54,1 % des femmes souhaiteraient pouvoir consulter un gynécologue durant la période de ménopause, mais que le nombre de praticiens ne permet plus de répondre à cette demande (1 517 gynécologues en activité en 2023 contre 3 615 en 2012) Ménopause : un enjeu de santé et de conditions de travail – UNSA TPE.

Cette pénurie médicale rend d’autant plus cruciale l’adaptation du monde du travail aux réalités de la ménopause.

L’agenda politique : une fenêtre d’opportunité

La proposition de loi déposée par la députée Lingemann a été renvoyée à la commission des affaires sociales de l’Assemblée nationale et sera examinée à une date qui reste encore à arrêter Proposition de loi visant à améliorer la sensibilisation et la prévention de la ménopause : les mesures intéressant les salariées et les entreprises | Éditions Tissot. L’agenda parlementaire déterminera la rapidité de mise en œuvre de ces mesures.

Le ministère du Travail, de la Santé, des Solidarités et des Familles a reçu, le mercredi 9 avril 2025, le rapport de la mission parlementaire sur la ménopause La ménopause : s’informer et en parler – Ministère du Travail, de la Santé, des Solidarités et des Familles, marquant une prise en compte institutionnelle inédite.

Révolution culturelle en marche

Au-delà des mesures techniques, c’est une révolution culturelle qui s’amorce. L’objectif : faire de la ménopause un sujet structurant des politiques de santé publique et de qualité de vie au travail Ménopause : 10 nouvelles propositions pour améliorer sa prise en compte au travail – Santé au Travail 72.

Multiples sont donc les symptômes de la ménopause susceptibles d’impacter la santé physique et mentale des salariées (ex : bouffées de chaleur, douleurs articulaires, troubles cognitifs). Faire évoluer leur environnement de travail, en améliorant leur prise en compte, constitue donc une voie à prioriser Ménopause : 10 nouvelles propositions pour améliorer sa prise en compte au travail | Éditions Tissot.

Vers 2026 : une transformation attendue

Le rapport recommande également l’organisation d’Assises de la ménopause, rassemblant professionnels, entreprises et institutions, et l’intégration du sujet au Plan Santé au Travail 5 (PST5) Ménopause : 10 nouvelles propositions pour améliorer sa prise en compte au travail – Santé au Travail 72. Ces échéances dessinent une feuille de route ambitieuse.

Pour 14 millions de femmes françaises, l’année 2025 pourrait marquer le début d’une reconnaissance professionnelle attendue depuis trop longtemps. Entre révolution culturelle et adaptation pragmatique, ces 25 propositions dessinent les contours d’un monde du travail enfin inclusif à tous les âges de la vie féminine.


Cette analyse s’appuie sur le rapport parlementaire de Stéphanie Rist remis en avril 2025 et les propositions de loi en cours d’examen. Pour un accompagnement spécialisé des entreprises dans la prise en compte des enjeux de santé féminine au travail, consulter les ressources professionnelles spécialisées.

Sources : Rapport parlementaire Stéphanie Rist (avril 2025), Assemblée nationale, Ministère du Travail, études Gemvi, données gouvernementales 2025.

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Martha Stewart : une femme d’affaires inspirante

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Le portrait de Martha Stewart

Martha Stewart est une femme d’affaires américaine qui a créé un empire médiatique et de décoration intérieure, Martha Stewart Living Omnimedia, Inc. Elle est connue pour ses livres, ses magazines, ses émissions de télévision et ses produits sur la cuisine, l’art de recevoir et le bricolage. Voici son parcours exceptionnel et ses conseils pour réussir.

Ses débuts

Martha Stewart est née le 3 août 1941 à Jersey City, dans le New Jersey. Elle est la deuxième de six enfants d’une famille d’origine polonaise. Ses parents étaient tous les deux enseignants, mais son père a ensuite travaillé comme vendeur de médicaments. 

Dès son enfance, Martha Stewart apprend à cuisiner et à coudre avec sa mère.  Elle développe aussi une passion pour le jardinage avec son père.  Elle commence à travailler comme mannequin à l’âge de 13 ans, apparaissant dans des défilés de mode, des publicités télévisées et des magazines. 

Voici une vidéo relatant la carrière de Martha Stewart en anglais :

Elle poursuit ses études à Barnard College, à Manhattan, où elle obtient un diplôme en histoire européenne et architecturale en 1962. Elle y rencontre Andy Stewart, un étudiant en droit à Yale, qu’elle épouse en 1961. Six ans plus tard, après la naissance de leur fille Alexis, Martha Stewart devient courtière en bourse pour la firme Monness, Williams et Sidel. Elle travaille à Wall Street jusqu’en 1972, année où la famille déménage à Westport, dans le Connecticut. 

Son ascension

Après avoir restauré la ferme du XIXe siècle qu’ils avaient achetée, Martha Stewart décide de se consacrer à la cuisine gastronomique, qu’elle s’est enseignée en lisant le livre de Julia Child Maîtriser l’art de la cuisine française. Elle lance une entreprise de traiteur à la fin des années 1970, et se fait rapidement remarquer pour ses menus raffinés et sa présentation créative. En moins de dix ans, Martha Stewart, Inc., devient une entreprise d’un million de dollars qui sert des clients prestigieux et célèbres. 

Martha Stewart se lance ensuite dans le monde de l’édition avec son premier livre, Entertaining, qui devient un best-seller et qui est suivi par d’autres publications telles que Martha Stewart’s Quick Cook Menus, Martha Stewart’s Hors d’Oeuvres, Martha Stewart’s Christmas et Martha Stewart’s Wedding Planner. Sa notoriété grandissante a un impact négatif sur sa vie personnelle, puisque son mariage avec Andy se termine par un divorce en 1990, après une séparation difficile de trois ans. 

En 1991, Martha Stewart, Inc., devient Martha Stewart Living Omnimedia, Inc., avec le lancement de son magazine, Martha Stewart Living. L’empire du style de vie de Martha Stewart s’étend bientôt à deux magazines, une publication de recettes au format poche, une émission de télévision populaire sur le câble, une chronique syndiquée dans les journaux, une série de livres pratiques, une émission de radio, un site Internet et 763 millions de dollars de ventes annuelles au détail. Le 19 octobre 1999, la plus célèbre femme au foyer d’Amérique retourne à Wall Street pour voir son entreprise faire son entrée en bourse au New York Stock Exchange. À la fin de la journée, le prix de chacune des 72 millions d’actions de Martha Stewart Living Omnimedia, Inc. avait augmenté de plus de 95 % et rapporté près de 130 millions de dollars. 

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