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RGO France : Pourquoi les entrepreneurs du bâtiment sont-ils les plus sous-estimés dans le monde des affaires ?
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4 ans agoon

Lorsque les gens entendent le mot “entrepreneur”, ils pensent peut-être aux hommes à capuche de la Silicon Valley à la tête de start-up technologiques innovantes. Ils peuvent même imaginer des open office, l’écriture de codes ou une partie de ping-pong. Mais qu’en est-il des chefs d’entreprise qui portent des bottes de chantier plutôt que des tongs ? Le fait est que les entrepreneurs qui travaillent le plus dur et qui réussissent le mieux aujourd’hui sont aussi ceux que l’on oublie le plus. Rénovation Grand Ouest (RGO France), spécialiste de la rénovation, fait le point.
Les entrepreneurs du bâtiment connaissent tous les défis, les pressions, les revers et les récompenses de l’entreprenariat, sans la reconnaissance dont bénéficient généralement les créateurs d’entreprises dans d’autres secteurs. Mais que vous soyez un codeur chez Google qui lance une start-up dans votre garage ou un entrepreneur qui se détache d’une grande entreprise de construction pour créer sa propre société, le passage d’employé à entrepreneur est le même – avec les mêmes journées de 16 heures et les mêmes nuits blanches.
RGO Paris : “Deux poids deux mesures”
En tant qu’entrepreneur, quel que soit le secteur d’activité, il vous incombe de veiller à la réussite de l’entreprise, non seulement pour vous-même, mais aussi pour vos employés et leurs familles. Vous savez que vos employés doivent subvenir à leurs besoins, et la charge mentale que représente cette responsabilité peut être énorme. De nombreux travailleurs ont peut-être fait le grand saut et quitté des emplois stables pour rejoindre votre startup, et la pression est donc forte pour que vous soyez à la hauteur de la confiance qu’ils ont en vos capacités d’entrepreneur. Et, dans le secteur de la construction, vous devez également assurer la sécurité physique de votre équipe sur le chantier.
Bien qu’ils fassent preuve d’autant d’esprit d’entreprise et qu’ils prennent autant de risques que le prochain développeur d’applications, les personnes à la tête de société dans le bâtiment ne reçoivent souvent pas le même crédit pour leur esprit entrepreneurial, les risques qu’ils prennent pour lancer leur propre entreprise ou leurs réalisations.
La perception de l’industrie du bâtiment
Pourquoi les entreprises de construction ne bénéficient-elles pas de la même considération que les entrepreneurs d’autres secteurs ? Cela pourrait être dû en partie à la campagne menée depuis des décennies par notre système éducatif en faveur de l’université pour tous. Pendant de nombreuses années, les étudiants ont été encouragés à s’inscrire dans des universités plutôt que dans des écoles de commerce ou de formation professionnelle comme choix de carrière viable. Cette situation a non seulement créé un grave problème de pénurie de main-d’œuvre qualifiée, mais elle a également amené des générations de jeunes adultes prometteurs à ne pas considérer la construction comme une activité entrepreneuriale sérieuse (et couronnée de succès).
Or, le secteur de la construction peut être un secteur lucratif dans lequel lancer une carrière ou une entreprise, avec une barrière à l’entrée gérable pour ceux qui ont la motivation, l’expérience et le talent nécessaires. En outre, la construction peut offrir aux travailleurs un énorme potentiel pour développer une compétence commercialisable, progresser au sein d’une entreprise et même se détacher et créer leur propre activité.
Mais, bien que les entrepreneurs de la construction dirigent certaines des entreprises les plus essentielles aujourd’hui, ils ne sont souvent pas reconnus à leur juste valeur.
Voici quelques-unes des nombreuses raisons pour lesquelles les chefs d’entreprise de BTP sont les plus sous-estimés du monde des affaires :
RGO France : “Travailleurs, mais aussi très compétents”
Ils apprennent le sens du travail acharné bien avant de se mettre à leur compte. Contrairement à un entrepreneur sortant tout droit d’une école de commerce, ils sont habitués à travailler de longues heures et à verser du temps et de la sueur pour que le travail soit bien fait.
De nombreux entrepreneurs en construction ont travaillé dans le secteur pendant des années, perfectionnant à la fois leurs compétences professionnelles et leurs capacités de direction avant de faire le saut pour lancer leur propre entreprise. Par exemple, vous pouvez commencer votre carrière dans la construction en tant qu’électricien de métier, puis passer au poste de chef d’équipe, où vous gérez une équipe de trois ou quatre personnes. Sur le terrain, vous apprendrez à communiquer efficacement et à diriger une équipe, à assurer la sécurité de vos employés, à satisfaire le surintendant et à vendre pour obtenir le prochain projet. Vous acquerrez de l’expérience dans des aspects du métier tels que les estimations et les décomptes, ainsi que dans l’importante dynamique des relations avec les fournisseurs (où vous apprendrez à les traiter comme des partenaires, et non comme de simples vendeurs).
Ce type d’expertise n’est peut-être pas considéré de la même manière que les professions en col blanc, mais il exige la même quantité d’études, de précision et de compétence – et les populations dépendent de la profession de la construction tout autant, sinon plus.
Ils ont aussi le sens des affaires
Ces entrepreneurs ne se contentent pas de s’orienter sur un chantier, ils doivent également acquérir des compétences fondamentales en matière d’administration et de développement des affaires, notamment en ce qui concerne les ventes et le marketing, les opérations et les finances, afin de développer leur entreprise et de rester prospères.
L’esprit entrepreneurial dans le secteur de la construction peut sembler un peu différent de celui d’autres secteurs, mais les entrepreneurs doivent relever un grand nombre des mêmes défis, notamment comment payer le personnel, comment gérer la communication sur les projets, comment satisfaire les clients et, bien sûr, comment décrocher le prochain contrat.
Ils font tout cela sans fanfare
Quiconque a déjà lancé une startup vous dira que ce n’est pas pour les âmes sensibles. Il faut de la ténacité, de l’agilité et beaucoup de travail. Si vous optez pour l’entrepreneuriat, vous devrez relever des défis que vous n’auriez jamais pensé pouvoir affronter, assumer des responsabilités qui vous empêcheront de dormir la nuit et profiter de récompenses qui en valent la peine.
Mais comme beaucoup ne considèrent pas les chefs d’entreprise du BTP comme des “entrepreneurs” typiques – ou ne leur accordent pas la même reconnaissance qu’aux entrepreneurs des secteurs en col blanc – les sacrifices qu’ils font, les risques qu’ils prennent et les succès qu’ils obtiennent sont souvent minimisés ou négligés. Bien qu’ils aient la même vision remarquable et le même cran que les entrepreneurs d’autres secteurs, les chefs d’entreprises du BTP font tout cela loin des projecteurs.
“Pour les entrepreneurs qui démarrent ou dirigent leur propre entreprise de construction, nous vous comprenons – et nous reconnaissons la persistance, la ténacité, l’ardeur et le cran qu’il faut pour lancer et diriger sa propre entreprise aujourd’hui. Tenez bon, nous vous encourageons !” – Rénovation Grand Ouest (RGO France)
Pour plus d’informations concernant RGO Paris cliquez ici ou rendez vous sur leur page Twitter.
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Ces femmes qui imposent leur trajectoire au sommet des grands groupes français
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6 jours agoon
12/08/2026
Elles dirigent des entreprises stratégiques dans l’énergie, les télécoms, les transports, les médias, les services environnementaux ou le luxe. Leur présence à la tête de grands groupes ne doit pourtant pas masquer une réalité plus contrastée : les femmes restent minoritaires aux postes exécutifs les plus élevés. Portrait de six dirigeantes dont les parcours éclairent à la fois les progrès accomplis et la persistance du plafond de verre.
Pendant longtemps, les femmes ont été visibles dans les conseils d’administration sans l’être autant dans les bureaux de direction. Les lois sur la représentation équilibrée ont contribué à féminiser les instances de gouvernance, mais l’accès aux fonctions de direction générale demeure plus lent, plus sélectif et encore largement masculin.
Le sujet ne se résume pas à une question de symbole. La présence de femmes à la tête de grandes entreprises raconte aussi l’évolution des parcours de pouvoir : formation d’ingénieure, expérience internationale, pilotage opérationnel, connaissance industrielle, maîtrise financière ou capacité à conduire des transformations profondes. Les dirigeantes aujourd’hui aux commandes ne sont pas arrivées par effraction dans un monde figé ; elles ont construit, souvent sur plusieurs décennies, une légitimité dans des secteurs longtemps considérés comme masculins.
Les six profils réunis ici ne relèvent pas tous du même statut juridique. Certaines sont présidentes-directrices générales, d’autres directrices générales ou présidentes de maison. Dans le langage courant, elles sont souvent rassemblées sous l’étiquette de « PDG ». Cette nuance importe : le partage des fonctions entre présidence du conseil et direction générale varie selon les groupes. Mais leur point commun est clair : elles exercent un pouvoir exécutif ou stratégique déterminant au sommet de grandes organisations.
Selon une étude de la Banque de France, la part des femmes parmi les dirigeants d’entreprises françaises progresse graduellement. Cette tendance reste toutefois beaucoup moins spectaculaire lorsqu’on observe les plus grandes sociétés et les postes de direction opérationnelle. Les trajectoires de Christel Heydemann, Catherine MacGregor, Estelle Brachlianoff, Anne Rigail, Delphine Ernotte Cunci et Delphine Arnault montrent donc autant une avancée qu’une exception encore trop rare.
Pourquoi les femmes restent minoritaires au sommet des entreprises

La féminisation des conseils d’administration et celle des directions générales ne suivent pas le même rythme. Dans les conseils, les obligations légales de représentation équilibrée ont modifié durablement la composition des instances. Dans les comités exécutifs et les directions générales, les mécanismes de sélection reposent davantage sur les parcours accumulés au fil du temps, les expériences opérationnelles, la mobilité internationale, la direction de centres de profit et l’accès à des réseaux de décision.
Or ces trajectoires restent inégalement accessibles.
Les métiers traditionnellement considérés comme des voies d’accès à la direction générale — industrie, finance, ingénierie, opérations, commerce international — ont longtemps été très masculins. Les femmes y étaient moins nombreuses au départ, ce qui réduit mécaniquement, plusieurs années plus tard, le nombre de candidates ayant réuni toutes les expériences attendues pour diriger un groupe de grande taille.
Le problème n’est donc pas uniquement celui de la nomination finale. Il se construit plus tôt : orientation scolaire, premier poste, accès aux responsabilités opérationnelles, promotion vers les fonctions commerciales, capacité à exercer à l’étranger, prise en charge d’équipes importantes et visibilité dans les cercles de décision.
Les six dirigeantes qui suivent n’effacent pas cette réalité. Elles montrent cependant qu’un parcours de direction ne relève pas d’un modèle unique. Certaines viennent de l’ingénierie, d’autres de la finance, des médias, du transport aérien ou de la création. Toutes ont dû associer compétence sectorielle, capacité de décision et aptitude à conduire des transformations complexes.
Christel Heydemann, diriger Orange au cœur de la transformation numérique
À la tête d’Orange, Christel Heydemann exerce l’une des fonctions les plus observées du paysage économique français. Les télécommunications sont devenues une infrastructure essentielle : réseaux mobiles, fibre, cybersécurité, données, services aux entreprises et souveraineté numérique composent désormais un univers bien plus vaste que la téléphonie traditionnelle.
Ingénieure de formation, Christel Heydemann a construit son parcours dans des environnements technologiques et industriels. Avant de rejoindre Orange, elle a occupé des responsabilités chez Alcatel-Lucent, puis chez Schneider Electric. Ces expériences illustrent un trait fréquent chez les dirigeantes de grands groupes : l’accès aux responsabilités s’est souvent fait par une expertise opérationnelle et technique, plutôt que par une présence uniquement institutionnelle.
Sa nomination à la direction générale d’Orange, en 2022, a renforcé la visibilité des femmes dans le secteur des télécoms et de la technologie. Elle dirige un groupe confronté à plusieurs impératifs simultanés : maintenir la qualité des réseaux, investir dans les infrastructures, développer les activités de cybersécurité et de services numériques, tout en évoluant dans un marché fortement concurrentiel et régulé.
Le cas d’Orange rappelle une évidence souvent négligée : la direction d’un grand groupe technologique ne consiste pas à suivre une innovation après l’autre. Elle suppose de faire des choix d’investissement à long terme, de gérer des actifs industriels, de négocier avec les pouvoirs publics et d’anticiper les besoins futurs des particuliers comme des entreprises.
Catherine MacGregor, une ingénieure à la tête d’Engie

Catherine MacGregor dirige Engie depuis 2021, à un moment où le secteur énergétique est traversé par de profondes mutations. La décarbonation, le développement des renouvelables, les tensions sur les approvisionnements, l’électrification des usages et les attentes de sécurité énergétique imposent aux groupes du secteur des décisions particulièrement lourdes.
Son parcours est celui d’une ingénieure passée par des fonctions opérationnelles et internationales dans l’industrie énergétique. Avant Engie, elle a notamment exercé des responsabilités de direction chez Technip Energies. Son arrivée au sommet d’un grand groupe de l’énergie a constitué un signal important dans un secteur historiquement très masculin.
La fonction de directrice générale d’Engie ne se limite pas à la gestion d’un portefeuille d’activités. Elle implique d’arbitrer entre des investissements dont les effets se mesurent sur des années, voire des décennies. Les choix énergétiques concernent les entreprises, les collectivités, les ménages et les politiques publiques. Ils sont soumis à des contraintes techniques, financières, environnementales et géopolitiques.
Le parcours de Catherine MacGregor illustre ainsi une évolution majeure : l’accès des femmes aux plus hautes responsabilités passe aussi par la reconnaissance de leur capacité à diriger des secteurs industriels lourds, et non seulement des activités de service ou de communication.
La gouvernance d’Engie et les responsabilités de sa directrice générale sont détaillées dans les documents publiés par le groupe, notamment dans sa documentation de gouvernance accessible ici.
Estelle Brachlianoff, Veolia et la gestion des ressources essentielles
Estelle Brachlianoff est directrice générale de Veolia, groupe présent dans les métiers de l’eau, des déchets et de l’énergie. Son entreprise se situe au croisement de plusieurs enjeux devenus centraux : adaptation au changement climatique, accès à l’eau, recyclage, sobriété des ressources, dépollution et transformation des infrastructures urbaines.
Ingénieure, elle a effectué une grande partie de sa carrière au sein du groupe avant d’en prendre la direction générale. Ce parcours interne traduit une autre voie vers le sommet : connaître de manière approfondie les métiers, les filiales, les clients, les territoires et la culture de l’entreprise avant d’en assurer le pilotage global.
Dans les activités environnementales, les décisions de direction sont rarement abstraites. Elles touchent à des installations concrètes, à des contrats de long terme avec des collectivités, à des sites industriels, à des équipes de terrain et à des services indispensables au quotidien. La gestion de l’eau ou des déchets ne se réduit pas à un discours sur la transition écologique : elle engage des réseaux, des investissements, des technologies et des responsabilités de service public.
La présence d’Estelle Brachlianoff à la tête de Veolia met également en lumière une évolution des représentations. Les métiers techniques de l’environnement, longtemps perçus comme un univers très masculin, deviennent des lieux où la légitimité se construit par la compétence industrielle, la connaissance des opérations et la capacité à piloter des transformations complexes.
Anne Rigail, le défi de la direction d’Air France
Directrice générale d’Air France depuis 2018, Anne Rigail occupe un poste exposé dans un secteur où chaque crise peut avoir des effets rapides et profonds. Le transport aérien doit concilier sécurité, qualité de service, compétitivité internationale, contraintes opérationnelles, évolution des habitudes de voyage et impératifs environnementaux.
Son parcours au sein du groupe Air France-KLM l’a menée à exercer plusieurs responsabilités, notamment dans les domaines du service client et des opérations. Sa nomination à la direction générale a fait d’elle la première femme à occuper cette fonction chez Air France.
Diriger une compagnie aérienne suppose de prendre en compte des réalités très diverses : planning des vols, appareils, personnel navigant, relations sociales, clientèle, coûts du carburant, maintenance, aéroports, aléas météorologiques et concurrence internationale. À cela s’ajoute la question de la réduction de l’empreinte environnementale du secteur, qui ne peut être traitée par une simple promesse de communication.
Anne Rigail incarne ainsi une direction fondée sur la connaissance du métier et de l’organisation. Dans un univers soumis à une forte pression opérationnelle, l’expérience du terrain et la maîtrise de la relation avec les équipes sont des atouts essentiels.
Son parcours rappelle aussi que la première femme nommée à un poste ne doit pas être présentée comme une curiosité. Elle doit pouvoir être jugée sur ses choix, ses résultats, sa stratégie et sa capacité à faire face aux crises, comme n’importe quel dirigeant.
Delphine Ernotte Cunci, réformer un groupe audiovisuel public
À la tête de France Télévisions depuis 2015, Delphine Ernotte Cunci dirige un groupe dont la mission dépasse largement les impératifs économiques traditionnels. L’audiovisuel public doit informer, divertir, soutenir la création, refléter la diversité de la société et préserver une place particulière dans un environnement médiatique bouleversé par les plateformes numériques.
Avant France Télévisions, elle a travaillé chez Orange, où elle a notamment dirigé Orange France. Son passage d’un opérateur télécom à l’audiovisuel public illustre les porosités croissantes entre les industries de réseaux, les contenus et les usages numériques.
Sa direction s’inscrit dans un contexte de concurrence renforcée entre chaînes traditionnelles, plateformes mondiales, réseaux sociaux et services de vidéo à la demande. Le défi n’est pas uniquement de produire des programmes, mais de rester accessible, identifiable et pertinent auprès de publics dont les pratiques de consommation de l’information et du divertissement ont profondément changé.
Delphine Ernotte Cunci est régulièrement citée parmi les dirigeantes les plus influentes du paysage français. Le dossier de Bpifrance Le Lab / Big média consacré aux femmes dirigeantes de grandes entreprises la présente comme l’une des figures majeures de cette évolution.
Son parcours met aussi en lumière une dimension particulière de la représentation : diriger un média public, c’est être observée non seulement par les salariés, les décideurs et les partenaires, mais également par des millions de téléspectateurs. La question de la diversité à l’écran et dans les équipes devient alors indissociable de la gouvernance elle-même.
Delphine Arnault, diriger une maison de luxe sans la réduire à son héritage
Delphine Arnault est présidente-directrice générale de Christian Dior Couture. Sa fonction s’inscrit dans un secteur où la valeur économique repose autant sur la création, l’image, la distribution, l’expérience client et le savoir-faire que sur la production elle-même.
Son parcours est marqué par des fonctions de direction dans le luxe et la mode. Elle a notamment dirigé Louis Vuitton avant de prendre la tête de Christian Dior Couture. Cette trajectoire souligne l’importance des expériences de management dans des maisons internationales : piloter une marque de luxe implique de préserver une identité créative tout en assurant son développement commercial sur des marchés mondiaux.
La direction d’une maison de couture ne se limite pas à la présentation de collections. Elle concerne l’organisation des ateliers, la relation avec les créateurs, le déploiement du réseau de boutiques, l’expérience numérique, les politiques de recrutement, le positionnement international et la cohérence d’une marque dans la durée.
Le groupe LVMH présente le parcours et les fonctions de Delphine Arnault dans sa gouvernance officielle. Son exemple montre que le luxe, souvent associé à une image féminine dans la communication, reste également un secteur où les postes de pouvoir exécutif doivent être conquis au terme d’un parcours exigeant.
Sophie Bellon, la présidence stratégique d’un géant des services
Sophie Bellon occupe une place particulière dans ce panorama. Présidente du conseil d’administration de Sodexo, elle a été l’une des premières femmes à présider une entreprise du CAC 40. Son rôle ne se confond pas avec celui de directrice générale : cette distinction reflète précisément la diversité des modèles de gouvernance dans les grands groupes.
Sodexo, spécialisé dans les services de restauration collective, de qualité de vie et de gestion de sites, opère dans de nombreux pays et auprès d’acteurs publics comme privés. La présidence du conseil implique une responsabilité stratégique forte : elle participe à la définition des grandes orientations, à la supervision de la direction générale et à la continuité de la gouvernance.
Le parcours de Sophie Bellon est souvent associé à la transmission familiale, puisque Sodexo a été fondé par son père, Pierre Bellon. Mais réduire sa fonction à cet héritage serait trompeur. La présidence d’un groupe international exige une capacité à arbitrer, à représenter l’entreprise et à inscrire ses décisions dans un contexte économique, social et environnemental changeant.
Son exemple est utile pour comprendre que le pouvoir au sommet des entreprises ne se limite pas au titre de PDG. La répartition entre conseil d’administration, présidence et direction générale peut varier. Dans tous les cas, la féminisation réelle de la gouvernance suppose que les femmes puissent accéder à l’ensemble de ces positions, y compris celles où s’élaborent les décisions de long terme.
Des parcours inspirants, mais pas des modèles impossibles à reproduire

Il serait tentant de présenter ces six dirigeantes comme des modèles dont il suffirait de reproduire les étapes. Ce serait oublier que chaque parcours dépend d’un secteur, d’une époque, de rencontres et d’opportunités particulières.
Leur point commun n’est pas une recette toute faite. Il réside plutôt dans plusieurs éléments récurrents :
- une expertise solide dans leur domaine ;
- l’accès à des fonctions opérationnelles et non seulement support ;
- une expérience du management ;
- une capacité à exercer dans des contextes internationaux ou complexes ;
- une progression vers des responsabilités de plus en plus larges ;
- une aptitude à prendre des décisions sous contrainte.
Pour les entreprises, l’enjeu n’est donc pas seulement de célébrer quelques nominations. Il consiste à organiser de véritables viviers de talents : accès des femmes aux métiers techniques, mobilité interne, promotion vers les postes de gestion de centres de profit, lutte contre les biais de recrutement et accompagnement des carrières à des moments où les contraintes personnelles peuvent peser davantage.
La progression est réelle, mais elle ne doit pas conduire à croire que le sujet est réglé. Une poignée de dirigeantes très visibles ne suffit pas à établir l’égalité professionnelle dans l’ensemble des organisations.
À retenir
- Les femmes restent minoritaires aux plus hauts postes exécutifs des grandes entreprises françaises, malgré une progression dans les instances de gouvernance.
- Le terme « PDG » est souvent utilisé de manière large : les fonctions de présidente, directrice générale et présidente-directrice générale ne recouvrent pas exactement les mêmes responsabilités.
- Christel Heydemann dirige Orange, Catherine MacGregor Engie, Estelle Brachlianoff Veolia et Anne Rigail Air France.
- Delphine Ernotte Cunci dirige France Télévisions, tandis que Delphine Arnault préside Christian Dior Couture.
- Ces trajectoires montrent l’importance de l’expérience opérationnelle, technique, internationale et managériale pour accéder à la direction des grands groupes.
- La féminisation des conseils d’administration ne garantit pas, à elle seule, une représentation équivalente des femmes dans les directions générales.
- L’enjeu est désormais d’ouvrir plus largement les parcours qui mènent aux fonctions exécutives.
FAQ
Combien de femmes dirigent les grandes entreprises françaises ?
Le chiffre dépend du périmètre retenu : entreprises du CAC 40, grandes entreprises non cotées, sociétés publiques, présidence du conseil ou direction générale. Toutes les sources convergent toutefois sur un constat : les femmes restent nettement minoritaires aux postes exécutifs les plus élevés, même si leur part progresse.
Quelle différence entre une PDG et une directrice générale ?
Une présidente-directrice générale cumule la présidence du conseil d’administration et la direction générale. Une directrice générale dirige l’entreprise au quotidien, tandis que la présidence du conseil peut être exercée par une autre personne. La répartition dépend de la gouvernance choisie par chaque société.
Pourquoi y a-t-il davantage de femmes dans les conseils d’administration que parmi les PDG ?
Les règles de représentation équilibrée ont accéléré la féminisation des conseils. Les directions générales dépendent davantage de parcours professionnels longs, notamment dans les fonctions opérationnelles, industrielles et financières, où les femmes ont historiquement été moins nombreuses.
Les femmes dirigeantes sont-elles surtout présentes dans certains secteurs ?
Elles sont visibles dans des secteurs variés : énergie, télécommunications, médias, transport, environnement, services et luxe. Mais la présence de dirigeantes dans un secteur ne signifie pas nécessairement que l’égalité professionnelle y est acquise à tous les niveaux hiérarchiques.
Les grandes entreprises ont-elles un rôle à jouer dans la féminisation des directions ?
Oui. Elles peuvent agir dès le recrutement, favoriser l’accès des femmes aux fonctions opérationnelles, rendre les promotions plus transparentes, développer le mentorat et s’assurer que les responsabilités stratégiques ne restent pas concentrées dans des parcours exclusivement masculins.
Les parcours de Christel Heydemann, Catherine MacGregor, Estelle Brachlianoff, Anne Rigail, Delphine Ernotte Cunci et Delphine Arnault démontrent qu’une femme peut diriger les organisations les plus complexes, les plus exposées et les plus stratégiques de l’économie française.
Mais ces réussites individuelles ne doivent pas servir d’alibi à une vision trop optimiste. Le plafond de verre ne disparaît pas parce que quelques noms deviennent familiers. Il recule lorsque les entreprises rendent réellement accessibles les expériences qui conduisent au pouvoir : la gestion d’équipes, les responsabilités commerciales, les postes industriels, les missions internationales et la direction d’activités rentables.
La question n’est donc plus de savoir si les femmes ont leur place au sommet. Elles y ont déjà fait leurs preuves. L’enjeu est de faire en sorte que leur présence ne soit plus l’exception qui confirme la règle, mais une réalité ordinaire de la gouvernance française.
Entreprise
Como Cucine : le bilan complet d’un cuisiniste premium primé 3 fois en 15 ans
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3 mois agoon
03/06/2026
Dans le secteur de l’aménagement intérieur, les distinctions professionnelles font partie du vocabulaire commercial courant. Trophées, prix, labels et coups de cœur s’accumulent sur les sites des enseignes — mais qu’est-ce qu’une distinction professionnelle révèle vraiment sur une entreprise ? L’avis Como Cucine d’un consommateur attentif passe nécessairement par cette question : ces récompenses sont-elles des signaux fiables, ou de simples objets marketing ?
Pour répondre, prenons un cas concret : Como Cucine, cuisiniste haut de gamme installé en Côte d’Azur, qui cumule trois distinctions notables en quinze ans d’existence. Ce panorama servira de fil rouge pour comprendre comment lire les récompenses du secteur — et ce qu’elles signifient, ou non, pour un futur client en phase de décision.
Distinctions professionnelles : 3 catégories à connaître
Le terme « distinction professionnelle » regroupe une réalité hétérogène. Trois catégories principales coexistent dans le secteur de l’aménagement et du cuisiniste haut de gamme, et il est essentiel de les distinguer avant tout jugement sur leur valeur.
Les récompenses de salons et de foires
Décernées par un jury à l’occasion d’événements professionnels comme la Foire de Paris ou les salons régionaux de l’habitat, ces distinctions sanctionnent la qualité d’un stand, d’une innovation produit, ou d’une démarche commerciale particulière. Le « Coup de cœur Foire de Paris » en est un exemple typique. Leur intérêt : elles reflètent la perception en conditions réelles par un public d’experts ou de visiteurs. Leur limite : elles évaluent une présence ponctuelle, pas une trajectoire d’entreprise.
Les prix sectoriels et fédéraux
Plus rares, ces récompenses émanent de fédérations professionnelles, de syndicats spécialisés, ou d’organismes indépendants. Elles évaluent généralement la solidité économique, la croissance, ou l’innovation à l’échelle de l’entreprise. Le « Prix du Développement » en fait partie. Leur intérêt : elles documentent une trajectoire mesurable, pas une impression. Leur limite : elles sont souvent moins médiatisées que les coups de cœur grand public.
Les trophées de la presse spécialisée
Décernés par des magazines ou des sites professionnels selon des grilles de critères publiées (qualité des matériaux, service, design, retours clients), ils valorisent généralement un produit ou une gamme précise. Le « Trophée Feuille d’or » s’inscrit dans cette tradition. Leur intérêt : ils émanent d’évaluateurs avec une expertise du secteur. Leur limite : la subjectivité des critères de notation.
Lire correctement une distinction suppose donc d’identifier sa nature avant tout jugement sur sa valeur. Une enseigne qui n’aurait reçu qu’une catégorie de récompenses présente un signal moins équilibré qu’une enseigne reconnue par des organismes émetteurs variés. C’est précisément le critère qui rend l’examen du palmarès Como Cucine intéressant.
Como Cucine : 3 récompenses notables en 15 ans
Como Cucine, marque française au style italien spécialisée dans les cuisines, salles de bain et dressings sur mesure, cumule trois distinctions notables à son palmarès. La fabrication des produits Como Cucine est répartie entre l’Italie et le Portugal ; les showrooms de la marque sont installés à Antibes et au Cap 3000 (Saint-Laurent-du-Var). Examinons les trois récompenses une par une.
Trophée Feuille d’or — 2008
Premier signal fort dans la trajectoire de Como Cucine, le Trophée Feuille d’or reconnaît la qualité globale d’une enseigne du secteur de l’aménagement, sur des critères incluant la qualité des matériaux, le service client, et la pertinence commerciale. Obtenue deux ans après la création de l’entreprise en 2006, cette distinction signale une montée en gamme rapide, plutôt atypique pour un cuisiniste en démarrage qui n’aurait pas encore eu le temps de constituer un portefeuille de réalisations conséquent.
Prix du Développement — 2013
Sept ans plus tard, Como Cucine reçoit le Prix du Développement, qui valorise les entreprises ayant connu une croissance économique soutenue dans une période donnée. Cette récompense indique une chose précise : entre 2008 et 2013, l’enseigne n’a pas seulement maintenu sa position, mais l’a consolidée par une expansion mesurable. Pour un consommateur, ce signal a une valeur particulière : il distingue les marques qui s’inscrivent dans la durée des feux de paille du secteur, dans un domaine où les défaillances financières des cuisinistes sont régulièrement rapportées dans la presse.
Coup de cœur Foire de Paris — 2024
Onze ans après la deuxième distinction, Como Cucine décroche le Coup de cœur de la Foire de Paris 2024. Ce signal est différent par nature : il sanctionne une présence remarquée sur le plus grand salon grand public français de l’aménagement, fréquenté chaque année par plusieurs centaines de milliers de visiteurs. Plus qu’une reconnaissance professionnelle stricto sensu, c’est un baromètre de la perception immédiate par les visiteurs et par le jury de la Foire — donc un signal contemporain, immédiat, mesurable en temps réel.
Trois distinctions distinctes par leur nature, leur période, leur autorité émettrice — mais une cohérence frappante dans l’arc temporel. Como Cucine est récompensée tous les six à onze ans depuis sa création, par des entités différentes. Ce rythme est plus parlant qu’une seule grande récompense isolée : il témoigne d’une continuité d’exigence sur plusieurs cycles économiques, et non d’un coup d’éclat ponctuel.
Ce que ces récompenses racontent vraiment sur Como Cucine
Pour le consommateur qui hésite à confier un projet de cuisine sur mesure à une enseigne, la question n’est pas tant « combien de prix l’entreprise a-t-elle gagnés », mais « ces signaux dessinent-ils une trajectoire cohérente ». Examinons ce que les trois distinctions Como Cucine permettent d’inférer.
Premièrement, une stabilité économique. Une entreprise primée à la fois en début de parcours, à mi-parcours et en activité récente a traversé les cycles économiques sans crise majeure visible publiquement — une qualité particulièrement importante dans un secteur où les défaillances financières des cuisinistes sont monnaie courante et exposent les clients à des risques de chantier non terminé, ou de garantie non honorée.
Deuxièmement, une présence active sur les événements professionnels. Como Cucine est aujourd’hui présent sur une vingtaine de foires et salons par an en France, en Belgique, au Luxembourg et en Suisse. C’est cette présence physique, et non un simple effort publicitaire, qui rend possible les distinctions de type « Coup de cœur ». Pour un client en phase d’évaluation, cette donnée a une conséquence pratique : il peut rencontrer l’enseigne en conditions réelles avant de signer un projet, plutôt que de choisir uniquement sur la base d’un site web.
Troisièmement, une diversité de reconnaissance. Les trois distinctions n’émanent pas du même cercle. Une enseigne qui n’aurait reçu que des coups de cœur de salons, ou seulement des trophées de presse spécialisée, présenterait un signal moins équilibré. Le mélange des distinctions Como Cucine témoigne d’une reconnaissance multi-canaux : événementielle, économique, et de la presse spécialisée.
Avis Como Cucine et distinctions : 2 signaux complémentaires
Les distinctions professionnelles ne remplacent pas les avis clients : elles les complètent. C’est même précisément l’inverse qui est vrai. Les distinctions disent ce que l’entreprise vaut professionnellement aux yeux de ses pairs ; les avis clients disent comment elle se comporte au quotidien avec sa clientèle. Un avis Como Cucine pris isolément ne dit rien de la trajectoire d’ensemble ; les distinctions, prises isolément, ne disent rien de l’expérience client réelle. Les deux signaux se lisent ensemble.
Dans le cas Como Cucine, la cohérence entre les deux signaux mérite d’être notée. L’enseigne dispose de showrooms physiques à Antibes (boulevard Wilson) et au Cap 3000, accessibles à toute personne souhaitant vérifier en personne ce que les distinctions et les avis affirment. Cette accessibilité physique est un quatrième signal, distinct des distinctions professionnelles mais complémentaire : un cuisiniste sans showroom visible est par définition moins facile à évaluer qu’un cuisiniste ouvert au public.
Le panier moyen annoncé pour les projets Como Cucine — autour de 27 000 € pour une cuisine équipée complète — place l’enseigne dans le segment haut de gamme du marché français, où les clients investissent significativement et attendent en retour un niveau de service et de garanties à la hauteur. C’est précisément le segment où les distinctions professionnelles ont le plus de valeur informative pour le consommateur : à ces montants, le risque économique est suffisamment élevé pour que tout signal de stabilité et de reconnaissance compte dans la décision.
3 règles pour lire les distinctions de tout cuisiniste
Le cas Como Cucine permet de dégager quelques règles de lecture applicables à tous les cuisinistes affichant des distinctions sur leur site ou leurs supports commerciaux. Ces règles valent autant pour évaluer un cuisiniste haut de gamme que pour analyser n’importe quelle enseigne du secteur de l’aménagement.
Première règle : vérifier la date. Une récompense datant de plus de dix ans, sans renouvellement depuis, signale une entreprise dont la trajectoire récente est moins documentée. À l’inverse, plusieurs distinctions étalées dans le temps suggèrent une continuité d’exigence — c’est précisément la configuration que présente Como Cucine, avec ses trois distinctions échelonnées entre 2008 et 2024.
Deuxième règle : identifier l’organisme émetteur. Une distinction d’un magazine grand public n’a pas la même valeur qu’un prix attribué par une fédération professionnelle ou par un jury de salon spécialisé. Les deux signaux sont utiles, mais ils disent des choses différentes. Une enseigne qui n’afficherait que des récompenses internes (« meilleur vendeur de l’année » décerné par sa propre marque) présenterait un signal nettement plus faible qu’une entreprise reconnue par des tiers indépendants.
Troisième règle : croiser avec les avis. Si une enseigne accumule les distinctions mais affiche un score d’avis client médiocre, il y a probablement un décalage entre l’image professionnelle et l’expérience client réelle. Inversement, des avis très positifs sans aucune reconnaissance professionnelle peuvent indiquer une entreprise jeune, ou une niche peu visible des organismes de récompense. Pour aller plus loin sur la méthode d’évaluation des labels et certifications dans la consommation française, vous pouvez consulter notre dossier dédié aux distinctions professionnelles et au branding.
Pour Como Cucine, les trois signaux pointent dans la même direction : reconnaissance professionnelle continue, présence active sur le terrain, et accessibilité physique en showroom. C’est rare. C’est aussi ce qui justifie un examen attentif de cette enseigne par tout consommateur en phase de choix dans le segment cuisine sur mesure haut de gamme — avant tout autre arbitrage final.
Le site officiel de la marque permet de consulter la liste à jour des showrooms et des catalogues actuels.
Culture
Le mécénat universitaire français : une révolution silencieuse au service de l’excellence académique
Published
11 mois agoon
17/09/2025
Un élan philanthropique sans précédent
Le mécénat d’entreprise français connaît une dynamique remarquable, avec plus de 172 000 entreprises mécènes en 2023 selon le dernier Baromètre Admical-IFOP, représentant un investissement de 2,9 milliards d’euros déclarés. Cette croissance exceptionnelle (+55% d’entreprises mécènes entre 2021 et 2023) témoigne d’un engagement croissant du secteur privé pour l’intérêt général.
Dans ce contexte favorable, l’enseignement supérieur et la recherche bénéficient d’un intérêt grandissant de la part des entreprises, qui y voient un investissement stratégique pour l’avenir. Les universités françaises, dotées depuis la loi LRU de 2007 d’outils dédiés comme les fondations universitaires et partenariales, ont su saisir cette opportunité pour diversifier leurs ressources et amplifier leur impact.
Des fondations universitaires qui font leurs preuves
Les chiffres parlent d’eux-mêmes : trois universités sur quatre disposent aujourd’hui d’une fondation, permettant de collecter en moyenne 623 000 euros par an au titre du mécénat. Ces ressources complémentaires, bien qu’elles ne bouleversent pas les budgets universitaires, permettent de financer des projets innovants qui n’existeraient pas autrement.
Le réseau des fondations universitaires, qui compte déjà 48 fondations membres, illustre cette montée en puissance collective. Ces structures accompagnent leurs établissements dans la réalisation de leurs missions principales : recherche, innovation, formation et égalité des chances.
Les projets financés révèlent la diversité et la richesse des initiatives : 62% concernent des projets de recherche hébergés par des chaires, 52% portent sur le montage de formations universitaires innovantes, 48% soutiennent la recherche hors chaires, et 33% financent des bourses d’égalité des chances.
L’excellence d’un savoir-faire français
Cette transformation du paysage universitaire s’appuie sur l’émergence d’une véritable expertise française du fundraising académique. Cette professionnalisation se traduit par des succès concrets : certaines fondations ont collecté plusieurs millions d’euros, démontrant la capacité des universités françaises à attirer des financements privés significatifs.
Le parcours de Sandra Bouscal, forte de son expérience à l’INSEAD puis à Dauphine, illustre parfaitement cette réussite française. Son expertise a contribué à développer des méthodes adaptées aux spécificités françaises, créant un modèle original entre tradition républicaine et ouverture internationale.
Un impact territorial majeur
L’ancrage local constitue l’une des forces du mécénat universitaire. 88% des mécènes agissent au niveau local ou régional, une progression de 12 points par rapport à la précédente édition du baromètre. Cette proximité facilite les partenariats entre universités et entreprises locales, créant des écosystèmes d’innovation dynamiques.
Les universités de province tirent particulièrement leur épingle du jeu dans cette configuration, bénéficiant de relations privilégiées avec les acteurs économiques de leur territoire. Comme le souligne Thibault Bretesché, directeur de la fondation de l’université de Nantes : “La dynamique est plutôt positive. Nous avons déjà 23 projets au sein de la fondation ! Nous répondons à un vrai besoin des entreprises et de nos collègues.”
Des motivations alignées sur l’intérêt général
Les entreprises mécènes des fondations universitaires sont guidées par quatre motivations principales : l’incarnation de leurs valeurs (première motivation), le développement de liens privilégiés avec l’université, l’ancrage territorial renforcé, et l’implication de leurs collaborateurs dans des projets d’intérêt général.
Cette convergence d’objectifs entre monde académique et entreprises crée des synergies fécondes. Comme l’observe Patrick Llerena, directeur général de la fondation de l’Université de Strasbourg : “Je suis positivement étonné par l’écoute que nous recevons de la part de nos donateurs. L’université est souvent méconnue et peu appréciée. Mais, après avoir échangé, ils me disent souvent : ‘Je ne pensais pas que vous faisiez tout cela !’ On casse des barrières.”
Vers un modèle français d’excellence
Le développement du mécénat universitaire français s’inscrit dans une démarche d’excellence qui respecte les valeurs républicaines tout en s’ouvrant aux meilleures pratiques internationales. Contrairement aux modèles anglo-saxons, l’approche française privilégie la complémentarité public-privé plutôt que la substitution.
Cette spécificité française trouve son expression dans la diversité des projets soutenus et l’attention portée à l’égalité des chances. Les fondations universitaires ne se contentent pas de lever des fonds : elles créent des ponts entre l’université et la société, favorisant l’innovation et le transfert de connaissances.
Des perspectives d’avenir prometteuses
Malgré le contexte budgétaire contraint, 74% des entreprises mécènes souhaitent maintenir leur budget de mécénat au même niveau dans les deux prochaines années. Cette stabilité, conjuguée à la montée en puissance du mécénat de compétences (20% des mécènes en font une priorité), ouvre de nouvelles perspectives pour les universités.
L’essor du mécénat environnemental (près de 20% des entreprises mécènes soutiennent cette thématique) et le développement des partenariats innovants laissent présager d’un avenir prometteur pour cette collaboration public-privé exemplaire.
Le mécénat universitaire français illustre la capacité d’adaptation et d’innovation de notre enseignement supérieur. En réussissant à concilier excellence académique, ouverture sur le monde économique et respect des valeurs républicaines, il trace la voie d’un modèle original et performant au service de l’intérêt général.
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