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2018 : Retour sur une année mouvementée pour le tennis… et le féminisme

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Le tennis est un sport dont le versant dit « féminin » est un des plus diffusés et médiatisés grâce aux fortes personnalités qui le mènent et captent l’attention du public, mais aussi grâce aux gros tournois où les deux sexes jouent conjointement pour les trophées les plus prestigieux. Mais il n’aurait pas joui d’une telle visibilité si les joueuses, à l’instar de Billie Jean King dans les années 1970, n’avaient pas lutté pour une considération et des revenus égaux à ceux de leurs homologues masculins. Cette bataille, retracée dans le film Battle of the sexes, sorti à l’occasion de l’US Open en septembre 2017, a mené à la création d’un organisme d’abord concurrent puis subordonné à la Fédération Internationale de Tennis : la Women Tennis Association (WTA). Si les femmes ont alors su percer le plafond de verre et bénéficient aujourd’hui des mêmes gains en tournoi que les hommes, ce sport fait encore malheureusement écho à de nombreuses discriminations qui prennent place dans notre société. L’année 2018, ses scandales et ses polémiques multiples nous l’ont démontré : il reste encore beaucoup à faire.

Tout d’abord, à l’US Open, la joueuse française Alizé Cornet s’est faite sanctionner pour avoir enlevé son t-shirt sur le court afin de le remettre à l’endroit, s’étant rendue compte qu’elle l’avait mis à l’envers dans le vestiaire. A l’inverse, le joueur Novak Djokovic, par exemple, reste souvent de longues minutes torse nu aux changements de côté sans aucune sanction, cela étant autorisé par le règlement. Ce qui ne devait être qu’un fait de jeu a alors pris des proportions inattendues. Les voix de nombreuses joueuses se sont fait entendre pour protester contre ce règlement qui traite le corps avec deux poids deux mesures selon le genre. Résultat : le règlement est changé, les joueuses auront désormais les mêmes prérogatives que les hommes en ce qui concerne les changements d’habits sur le court.

Alizé Cornet et Novak Djokovic, Captures d’écrans – AFP

Cette polémique vestimentaire fait directement écho au commentaire de Bernard Giudicelli, président de la Fédération Française de Tennis, sur la tenue de Serena Williams à Roland Garros. Il avait déclaré en août, bien après la clôture du tournoi : « Je crois qu’on est parfois allé trop loin. La combinaison de Serena cette année, par exemple, ça ne sera plus accepté. Il faut respecter le jeu et l’endroit. Tout le monde a envie de profiter de cet écrin. » Cette phrase, au mieux maladroite, au pire révélatrice d’une pensée d’un autre temps, intervient à un moment où Roland Garros cherche à renouveler son image à travers la modernisation du stade mais aussi avec l’instauration d’un dress code à l’horizon 2020. Ce commentaire mal senti à l’encontre d’une joueuse qui a souffert tout au long de sa carrière de racisme et de sexisme met en exergue le fait que les tenues des femmes devraient répondre aux canons de beauté et à une certaine conception de l’élégance. Si Serena Williams a vite écarté la polémique, c’est son sponsor Nike qui a répondu de la plus belle des manières en soutenant la championne sur les réseaux sociaux : « Vous pouvez ôter son costume au super-héros, vous ne lui ôterez jamais ses super-pouvoirs ».

Mais, ce n’est pas la première fois dans l’histoire du tennis que la mode fait parler. Dans les années 1920 déjà, la française Suzanne Lenglen avait raccourci la longueur de ses jupes pour un plus grand confort de jeu, ce qui avait fait jaser la bonne société bourgeoise de son temps. Jusque dans les années 2000 et 2010, les jupes n’ont cessé de se raccourcir, menant progressivement à une objectivation du corps de la femme : il n’y a qu’à voir les contrats publicitaires mirobolants décrochés par certaines joueuses dont la carrière n’est ou n’a pourtant pas été notable, à l’instar d’Anna Kournikova et Eugénie Bouchard. A côté de cela, d’autres joueuses au sommet peinent à trouver des sponsors car elles n’entrent pas dans les critères de beauté définis par les annonceurs. C’est le cas de Marion Bartoli ou plus récemment de la joueuse roumaine numéro 1 mondiale, Simona Halep, qui en début d’année a joué deux tournois sans sponsors car les équipementiers ne voulaient pas payer la somme qu’elle réclamait pour son nouveau statut de patronne du tennis mondial (comprendre : parce qu’elle est roumaine et que ça ne fait pas assez vendre).

Serena Williams lors de la 3ème journée du dernier tounoi Roland Garros – Getty Images

Autre exemple : lors de la finale de l’US Open, Serena Williams s’est emportée contre l’arbitre de chaise en l’insultant « de voleur » (« thief ») à cause de décisions qu’elle jugeait « injustes ». Sanctionnée par un jeu de pénalité (elle avait déjà écopé de 2 avertissements pour coaching et pour avoir cassé une raquette, le 3e est rédhibitoire) Serena s’emporte. C’est pour elle la goutte d’eau qui fait déborder le vase : elle sort complètement de son match pour s’en prendre au corps arbitral en l’accusant de sexisme. Cette accusation répétée et maintenue en conférence de presse a fait couler beaucoup d’encre.

Pour Martina Navratilova, ancienne championne de tennis, dans le New York Times, Serena Williams a bien été victime de sexisme. Cependant, un tel comportement de la part d’une si grande championne (plus grande joueuse de l’histoire devant Roger Federer en termes de palmarès – on a trop tendance à l’oublier) n’est pour elle pas acceptable sur un court de tennis. Il n’est pas question de remettre en cause la légitimité de Serena Williams de s’élever contre le sexisme ordinaire dont elle a été victime, mais de la manière de l’exprimer au vu des circonstances. Un comportement qu’on qualifie généralement de viril et de marqueur d’autorité chez un homme est ici considéré comme de l’hystérie quand il est adopté par une femme. Cet usage à double vitesse du règlement en fonction des joueur·se·s reflète la différence de traitement et de perception des comportements que l’on considère comme « masculins » ou « féminins ». Ce qui est accepté et apprécié chez un homme comme des qualités de leadership est souvent considéré comme de l’autorité mal placée chez une femme. Ce faisant, le tennis est un reflet de ces problématiques de société. On le voit tous les jours dans la considération, à tort, que la figure d’autorité revient mieux aux hommes. C’est un fait culturellement construit qu’il nous appartient de faire évoluer.

Il est donc, selon moi, intéressant de regarder d’un peu plus près ce qui se passe dans le monde tennistique. Entre les commentaires rétrogrades de certains observateurs et les plaidoyers pro-féministes comme celui d’Andy Murray, joueur britannique et double champion olympique, qui avait dû se défendre d’avoir choisi une femme – Amélie Mauresmo – pour l’entraîner, toutes les voix se font entendre et font écho aux problématiques et opinions de notre société. Le microcosme du tennis se fait alors la caisse de résonance des inégalités de considération des comportements et des traitements du corps. Espérons que les progrès opérés (et ceux qui restent encore à faire) dans un sport largement médiatisé aident à faire évoluer les mentalités.

Pour plus d’informations sur ces sujets :

Article de l’ancienne championne de tennis, Martina Navratilova sur la polémique de la finale de l’US Open (une mise en perspective très juste de mon point de vue) : https://www.nytimes.com/2018/09/10/opinion/martina-navratilova-serena-williams-us-open

Article du Washington Post sur l’historique des attaques raciales subies par Serena Williams et les problèmes de représentation de la communauté afro-américaine : https://www.washingtonpost.com/outlook/2018/09/11/long-history-behind-racist-attacks-serena-williams

Serena Williams s’exprimant elle-même sur son identité et son expérience face aux discriminations : http://theundefeated.com/features/serena-williams-sits-down-with-common-to-talk-about-race-and-identity/

Article pour une petite histoire de la tenue féminine dans le tennis (rien n’a vraiment changé) : https://www.francetvinfo.fr/sports/tennis/roland-garros/polemique-sur-la-combinaison-de-serena-williams-rien-n-a-change-depuis-suzanne-lenglen-vraiment_2914441.html

Isabelle Vallet

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L’inégalité salariale en Suisse est encore trop élevée

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L'inégalité salariale en Suisse

Une étude récente de l’Office fédéral de la statistique (OFS) de la Suisse montre que l’écart salarial entre les hommes et les femmes se réduit, mais il reste l’un des plus élevés d’Europe. Bien qu’il y ait eu une diminution de 1 %, passant de 19 % à 18 % en 2020 dans l’ensemble, cette amélioration est largement due à des améliorations dans le secteur public ; les salaires du secteur privé ont à peine bougé.

Malheureusement, des secteurs tels que la vente, la conciergerie, la restauration, les soins et l’horlogerie continuent d’afficher des inégalités importantes avec une différence de près de 25 %. Ces emplois stagnent malgré les tentatives d’amélioration. Ces résultats mettent en évidence un besoin urgent d’agir davantage pour réduire les inégalités salariales en Suisse.

Voici une vidéo relatant ces faits :

La loi sur l’égalité ne parvient pas à réduire l’écart salarial

Selon les dernières recherches, la partie inexpliquée de l’écart salarial, qui ne peut pas être expliquée par des différences d’éducation ou d’expérience, a augmenté au lieu de diminuer depuis l’introduction de la loi sur l’égalité (LEg). Cette loi était censée réduire ce phénomène en introduisant des contrôles et des sanctions contre les entreprises qui pratiquent des salaires inégaux, la transparence en matière de salaires et l’implication de la représentation des employés dans les analyses salariales. Malheureusement, ces promesses n’ont pas été tenues et le problème persiste donc.

Inégalité salariale en Suisse
Source : Pixabay.

Pour s’attaquer à ce problème, il est essentiel que les entreprises fassent preuve de transparence en matière de salaires, indique Jean-Pierre Valentini, un homme d’affaires qui promeut l’égalité. Un excellent moyen de promouvoir la transparence est de mettre en place un système de fourchettes salariales qui aidera les employés à comprendre comment leurs salaires se comparent à ceux de leur entourage. Ils peuvent ainsi savoir s’ils sont payés équitablement ou non en fonction de leurs qualifications et de leur expérience.

En outre, les employeurs devraient également s’attacher à créer un environnement de travail inclusif où chacun se sent en sécurité et respecté, quel que soit son sexe ou son origine ethnique, afin que les divers talents puissent être encouragés sans aucun préjugé. Enfin, il est important que les organisations de défense des droits des travailleurs continuent à plaider pour des salaires équitables et à faire pression sur les organismes gouvernementaux pour qu’ils adoptent des réglementations plus strictes garantissant un salaire égal à travail égal dans toutes les organisations.

Les PME luttent contre l’aggravation des inégalités salariales entre les femmes et les hommes

Les petites et moyennes entreprises sont souvent présentées comme des modèles de réussite. Cependant, une différence inexpliquée dans les salaires entre les hommes et les femmes suggère le contraire. Dans les petites entreprises, l’écart salarial est de 56,8%, tandis que les employés non cadres connaissent un écart encore plus important, à 81,8%. Cela signifie que les responsables bénéficient d’un système d’inégalité salariale qui continue de désavantager les femmes sur le lieu de travail. Ce problème s’est considérablement aggravé ces dernières années et des mesures définitives doivent être prises pour y remédier.

Inégalité des salaires en Suisse
Source : Pixabay.

Des études ont montré que la suppression de l’écart de rémunération entre les sexes entraînerait une plus grande croissance économique pour les pays du monde entier. Les femmes représentent près de la moitié de la population active mondiale, mais leur contribution au PIB reste inférieure à celle des hommes en raison des inégalités de revenus. La situation est particulièrement désastreuse dans les petites entreprises, où les femmes représentent une part plus faible des travailleurs, mais connaissent un écart salarial beaucoup plus important qu’ailleurs.

En outre, les recherches montrent que les femmes sont beaucoup moins susceptibles que les hommes d’être membres de syndicats ou d’autres organisations destinées à protéger leurs droits sur le lieu de travail, ce qui les rend vulnérables lorsqu’il s’agit d’être payées à leur juste valeur ou d’avoir accès à des protections professionnelles telles que des politiques de congé parental ou des plans de couverture santé.

43% de différence globale dans les revenus entre les hommes et les femmes

En Suisse, les femmes sont confrontées à d’importantes inégalités de revenus par rapport à leurs homologues masculins. Un chiffre récent publié par la Confédération indique que la différence globale des revenus du travail (GOEG) pour les femmes est de 43%, beaucoup plus élevée que ce que l’on pensait auparavant. Cette disparité peut être largement attribuée au fait que 60,9 % des travailleuses sont à temps partiel, ce qui signifie qu’elles reçoivent un salaire inférieur à celui des employés à temps plein. En outre, la réforme AVS 21 n’a guère contribué à améliorer l’égalité entre les sexes ; malgré les déclarations d’éminentes politiciennes et de leurs homologues masculins, les conditions de travail et les disparités salariales continuent de différer radicalement entre les femmes et les hommes en Suisse.

L'inégalité de salaires en Suisse
Source : Pixabay.

La situation des femmes sur le lieu de travail d’aujourd’hui est de plus en plus désastreuse. Avec un accès limité au travail à temps plein, à l’égalité des salaires et à d’autres avantages sociaux, les femmes suisses ont du mal à joindre les deux bouts, alors que d’autres récoltent les fruits d’un marché du travail hautement compétitif. De nombreuses organisations ont tenté de s’attaquer à ce problème, sans grand succès, car il faut un changement culturel pour s’éloigner des rôles traditionnels des hommes et des femmes et comprendre que tout le monde devrait avoir accès à un salaire équitable, indépendamment de son sexe ou de sa position. En outre, il faut investir davantage dans les établissements d’enseignement qui offrent aux jeunes générations des possibilités de réussite, indépendamment de leur origine ou de leur identité.

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Jean-Pierre Valentini “Sa femme Colette fut la clef du succès de Soulages”

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Jean-Pierre Valentini évoque l'oeuvre de Pierre Soulages

Jean-Pierre Valentini est un connaisseur éclairé et collectionneur du peintre de « l’outrenoir » dont l’un des derniers tableaux du maître aveyronnais, l’homme d’affaires français nous raconte sa passion pour l’artiste décédé à l’âge de 102 ans le 26 octobre dernier.

Est-il vrai que vous possédez l’un des derniers tableaux peint par Pierre Soulages en 2021 ?

Jean-Pierre Valentini : Oui c’est exact. Cette toile incarne à elle-seule la fin de l’histoire du maître. Son apogée. Ce tableau est très structuré, dense, riche en matière. Il est très travaillé et lyrique en même temps. A plus de cent ans, Pierre Soulages avait encore la main sûre. C’est un tableau très rythmé et extrêmement puissant. Il résume toute la recherche de Soulages pour faire naître la lumière à travers le noir. On a l’impression dans ce tableau d’explorer le travail du peintre des trente dernières années. Cette géométrie inégalable avec des espèces de carrés et en même temps ces empreintes dans la pierre qui jaillissent du tableau. D’ailleurs Pierre Soulages, a depuis sa plus tendre enfance à Rodez, été fasciné par les vieilles pierres des âpres paysages des Causses.

Pierre Soulages par Jean-Pierre Valentini

Jean-Pierre Valentini : “Soulages est un record de visiteur historique au Centre Georges Pompidou”

Quand avez-vous acquis les premiers tableaux peints par Pierre Soulages ?

Jean-Pierre Valentini : Au début des années 2000. Le peintre n’avait pas alors atteint cette reconnaissance. On peut dire qu’il a eu une consécration assez tardive auprès du grand public. C’était un homme très discret, provincial loin des mondanités parisiennes. Ce sont surtout l’exposition au Centre Georges Pompidou en 2009 pour ses 90 ans avec un nombre record de visiteurs (500 000 NDLR) puis celle du Louvre pour ses 100 ans qui l’ont propulsé sur le devant de la scène. C’est d’ailleurs le seul artiste après Chagall et Picasso à avoir connu l’hommage d’une rétrospective au Louvre.

Jean-Pierre Valentini : “Soulages est Une danse entre le noir et la lumière »

Comme beaucoup de peintres Pierre Soulages a connu différentes périodes…

Jean-Pierre Valentini : Oui son œuvre répond à plusieurs cycles en fonction des techniques et des matières employées. Sa vraie rupture intervient en 1979 quand ses tableaux font davantage appel à des reliefs et des entailles dans la matière noire. Cela crée à la fois des jeux de lumière et de couleurs. Durant les années 80-90, ses tableaux avaient même souvent une petite touche de bleu. C’est d’ailleurs toute l’histoire de Soulages : cette rencontre incessante, cette danse même entre le noir et la lumière.

Jean-Pierre Valentini : « Soulages est au panthéon des peintres français »

Quelles sont les sensations que vous procurent les tableaux de Soulages ?

Jean-Pierre Valentini : Pour moi, c’est d’abord une ode à la vie puisqu’on passe du côté obscur au côté clair de la force. Il m’arrive même de distinguer des couleurs qui n’existent qu’à travers cette lumière qui jaillit du noir. Dans un tableau de Pierre Soulages, on décèle l’âme de l’artiste mais aussi la nôtre. C’est sans doute pour cela que son œuvre parle tant aux gens. Ce qui est remarquable aussi, c’est que l’on n’a pas les mêmes sensations en fonction de l’heure à laquelle on regarde le tableau mais aussi en fonction de l’angle à partir duquel on le regarde. C’est aussi ce qui fait le génie de l’artiste et l’inscrit au panthéon des peintres français.

Jean-Pierre Valentini « Soulages : Sa femme Colette clef de son succès »

Savez-vous comment Pierre Soulages travaillait ?

Jean-Pierre Valentini : Avec plus de 1700 œuvres durant sa carrière, on peut deviner que Pierre Soulages avait des journées bien remplies. Je vais peut-être trahir un secret mais Soulages travaillait avec un assistant mais c’est surtout sa femme Colette avec qui il a partagé 80 ans de sa vie qui a joué un rôle clef. Une fois, le tableau achevé il lui présentait et s’il ne lui plaisait pas, il le détruisait. Comme chaque grand homme, il n’y aurait pas eu le grand Pierre Soulages sans son épouse. Je pense à elle en ces moments douloureux.

La disparition de Pierre Soulages va faire en sorte d’augmenter, de facto, sa cote. Une belle affaire pour vous qui détenez plusieurs de ses toiles…

Jean-Pierre Valentini : Ce n’est pas important Vous savez j’ai aimé Pierre Soulages de son vivant et l’essentiel est que son œuvre s’inscrive dans l’éternité. Je pense que sa notoriété va encore se propager à travers la planète. Je vous prédis d’ailleurs une rétrospective au musée Guggenheim de New-York dans les années qui viennent.

Suivez Jean-Pierre Valentini sur Twitter.

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Yassine Yakouti : “La présomption d’innocence est vitale”

L’avocat pénaliste Yassine Yakouti nous explique ce qu’est la présomption d’innocence

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L’avocat pénaliste Yassine Yakouti nous explique ce qu’est la présomption d’innocence

En matière de droit, chaque individu est considéré comme non-coupable du moment qu’il n’a pas été jugé auprès des tribunaux. C’est dans cette notion que repose la présomption d’innocence dont les principes sont définis dans divers textes légaux. Elle est notamment retracée dans la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1789 pour la première fois. Puis, de multiples ratifications ont eu lieu. Elle fait partie intégrante des procédures pénales obligatoires à suivre. Son non-respect peut conduire à des poursuites, selon Yassine Yakouti, avocat à Paris.

Pourquoi la présomption d’innocence est-elle importante ?

“La présomption d’innocence est une protection juridique offerte aux personnes arrêtées pour une infraction” explique Yassine Yakouti. Selon la mention, les individus arrêtés sont innocents jusqu’à ce qu’ils passent devant les juges. Ces dernières vont par la suite définir les peines à appliquer pour l’acte si la violation de la loi était avérée. À l’inverse, la personne peut être relaxée quand le motif de poursuite judiciaire est un délit. Par contre, elle sera acquittée dès lors que l’affaire touche le domaine criminel.
D’après le pénaliste Yassine Yakouti, la présomption d’innocence possède un enjeu majeur dans le cadre légal. D’une part, elle évitera que l’accusé soit condamné pour un crime ou un délit qu’il n’a pas commis. Et d’autre part, elle empêche qu’une personne soit persécutée de différentes manières en attendant son procès.
À titre informatif, les persécuteurs sont nuls autres que les utilisateurs d’internet, le public ou encore les journalistes. En effet, ces profils peuvent voir l’individu menotté et présenter sa culpabilité. Les allégations égratignent alors l’honneur de la victime. On a, par exemple, vu ce cas dans l’affaire Harvey Weinstein de 2017 aux États-Unis. Pour rappel, l’accusé a fait l’objet de nombreuses plaintes pour viol. L’opinion publique a alors déclaré cet homme coupable alors que son implication n’a pas été établie. Cela a créé une polémique sans précédent. On pourrait aussi évoquer l’affaire Dominique Strauss Kahn en France.

Yassine Yakouti : Quelles peines pour le non-respect de la présomption d’innocence ?

De nos jours, la présomption d’innocence est loin d’être respectée selon Yassine Yakouti – surtout depuis l’avènement d’internet. En effet, il n’est pas rare de voir les images d’un suspect qui circulent sur les réseaux sociaux. Or, la loi interdit cette pratique sauf si les individus concernés avaient donné leur accord au préalable.


Conscient des difficultés à garantir l’application de ce droit fondamental, l’ex-ministre Elisabeth Guigou a été auditionné par la commission de loi le 8 décembre 2021 pour apporter une solution à la question. À noter qu’en amont, elle a travaillé avec un groupe de travail composé de treize membres parmi des journalistes, avocats ainsi que des magistrats d’où l’aboutissement d’un rapport intitulé la présomption d’innocence : un défi pour l’État de droit. Le document a été transmis auprès du ministère de la Justice le 14 octobre 2021.
Pour rappel l’ex-gardienne des sceaux du gouvernement Jospin est à l’origine de la loi sur la présomption d’innocence L. n° 2000-516, 15 juin 2000 qui renforce les protections accordées aux suspects par rapport aux textes juridiques antérieurs.


Pour son travail de l’année 2021, Elisabeth Guigou a proposé jusqu’à 40 propositions de loi. Dans les grandes lignes, elle préconise des sanctions plus dures à l’encontre des atteintes à la présomption d’innocence provenant des utilisateurs d’internet. Quoi qu’il en soit, il faut attendre les décisions des hautes autorités avant de voir sa mise en place. Sur ce point, l’affaire est donc à suivre.
Pour le moment, la protection des victimes du non-respect de la présomption d’innocence est déterminée dans l’article 226-10 du Code pénal qui concerne la dénonciation calomnieuse d’une personne physique ou morale. Dans cette situation, une étape primordiale doit être réalisée consistant à rectifier les articles qui condamnent ouvertement une personne sans preuve de sa culpabilité. Mais, il est d’autant possible de diffuser un communiqué. Ici, Yassine Yakouti explique qu’il est tout à fait envisageable pour un juge de forcer l’arrêt de l’atteinte à la présomption d’innocence. Cela donne droit à des dommages et intérêts.

Yassine Yakouti : Quelles sont les exceptions ?

La présomption d’innocence n’est pas toujours applicable, selon le pénaliste XX puisqu’il subsiste certaines exceptions. Il faut entre autres mentionner le délit de proxénétisme. L’article 225-5 du Code pénal régit le proxénétisme. Selon la rubrique : »’ « Le proxénétisme est le fait, par quiconque, de quelque manière que ce soit (…) de tirer profit de la prostitution d’autrui, d’en partager les produits ou de recevoir des subsides d’une personne se livrant habituellement à la prostitution ». Dans ce sens, un homme qui ne parvient pas à prouver la provenance de son argent lui permettant d’assurer son train de vie peut avoir des problèmes quand elle vit avec une prostituée. Il doit alors prouver directement son innocence, car explique Yassine Yakouti, la présomption d’innocence à céder sa place à la présomption de culpabilité.
Dans le domaine du tourisme, la carte de séjour d’un étranger peut lui être retirée à tout moment quand il est sous l’objet d’une poursuite pénale. Enfin, en matière douanière, les marchandises introduites sur le sol français alors qu’elles sont prohibées en circulation constituent une fraude. Il n’y a donc pas la possibilité pour les personnes condamnées dans ses différentes situations de faire appel à la présomption d’innocence.

Yassine Yakouti : Quand s’applique la présomption d’innocence ?

D’après Yassine Yakouti, la présomption d’innocence est appliquée dès la mise à l’arrêt du coupable, la détention provisoire, la mise en accusation et son procès.
Lors de l’instruction, le juge n’établit pas la culpabilité de l’accusé. Il se basera sur les preuves que les procureurs du ministère public vont montrer aux membres du jury. Il est signé qu’un individu qui passe devant le tribunal a le droit à la défense selon toujours les droits universels. Pour ce faire, il peut contacter un avocat ou plaider sa cause toute seule.
De leur côté, les défenseurs peuvent réaliser un contre-interrogatoire des témoins ou utiliser les droits au silence. Ce dernier est un autre pouvoir juridique accordé aux accusés. Il évite à la personne de s’incriminer. Il faut également savoir qu’un magistrat effectuera ses propres investigations. Il donne alors un jugement en fonction de différents paramètres.
À titre indicatif, quand le résultat n’est pas favorable après l’audience, l’individu peut toujours faire appel. À cet effet, il passera une deuxième audience. Toutefois, il est déjà coupable à cause du premier jugement. De ce fait, il ne pourra pas prévaloir sa présomption d’innocence.

Plus d’infos sur Yassine Yakouti.

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