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Liban, Soudan, Irak : L’appropriation de l’espace public par les femmes au Moyen-Orient, le début d’une révolution culturelle et sociétale
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6 ans agoon
“ La rue est le premier média de masse” – Olivier Aïm
Cela n’échappera à personne, les fondements de notre société reposent sur une différenciation genrée de l’utilisation de l’espace public. En effet, tout, dans notre société a été fait pour que la femme ne s’y sente pas à sa place. Dès notre plus jeune âge, on nous met en garde contre le monde extérieur rempli de dangers. On nous apprend à être discrète lorsqu’on sort, à ne pas se faire remarquer pour ne pas attirer l’attention et être sujette à plusieurs types de violences comme le harcèlement de rue, les violences sexuelles, les micro-agressions etc. ; qui se déclinent bien évidemment sous plusieurs formes en fonction de notre intersectionnalité : que l’on soit femme et voilée, femme et racisée, femme et obèse … Cependant, on apprend aux petits garçons à être forts, courageux et à s’imposer. De ce fait, la société a tendance à percevoir la femme comme un être vulnérable, ayant besoin d’être chaperonné par un homme, à qui on aura appris dès bas âge à n’avoir peur de rien et à savoir comment protéger sa dulcinée.
Parce que le patriarcat ne définit les femmes que par leur corps, et de ce fait les objectise, ces dernières sont contraintes à adapter leur comportement lorsqu’elles se déplacent dans l’espace public (faire attention à leur manière de s’habiller, développer des stratégies d’évitement, ne pas rentrer trop tard le soir etc.) au risque de se faire importuner.
“ L’espace de la rue n’est pas féminin” – Françoise Héritier
Jürgen Habermas, philosophe et théoricien allemand est considéré comme étant le père fondateur de la notion d’espace public. Selon lui, il s’agit d’un espace de discussion et de libre parole où apparaissent des sujets autonomes et égaux. Dans les salons par exemple, l’un des premiers lieux où se matérialisent l’espace public, Habermas affirme que les hommes ET les femmes qui y interviennent se considèrent comme étant égales.aux dans leurs êtres ainsi que dans leurs prises de parole.
Néanmoins, beaucoup de sociologues vont s’emparer de ce sujet en mettant en évidence l’écart entre l’espace public de droit, et l’espace public tel qu’il est réellement investi. Iels vont démontrer que ce fameux lieu de discussion supposément ouvert à tou.te.s est en réalité réservé qu’à quelques personnes et compte plus d’exclu.e.s que d’inclu.e.s. Parmi ces sociologues, certain.e.s vont s’intéresser à l’inclusion des personnes pauvres et d’autres à l’inclusion des femmes. C’est le cas de la sociologue américaine Nancy Fraser, considérée comme l’une des figures majeures de la philosophie politique féministe aux Etats-Unis, qui remet en question la notion habermassienne de l’espace public en interrogeant sa neutralité axiologique et son angle de vue androcentrique. Pour ce faire, la sociologue adopte une approche féministe et met en lumière le fait que Habermas ne prend pas en compte le sujet du genre dans ses analyses. Cette absence de perspective rend les conclusions du théoricien allemand contestables et réductrices car il naturalise l’androcentrisme en invisibilisant les problématiques liées à un ordre sociosexué.
Par cette discrimination dans l’espace public, nous pouvons dès lors affirmer que les femmes ne sont pas prévues ni les bienvenues en son sein. De ce fait, elles traversent la rue mais ne l’habitent pas. C’est en tout cas l’avis de l’anthropologue française Françoise Héritier lorsqu’ elle affirme que : « L’espace de la rue n’est pas féminin. Les femmes ne s’y attardent pas, c’est un lieu de danger. »
Toutefois, on assiste depuis quelques temps à un réel changement de paradigme ; les femmes prennent de plus en plus la parole au sein de l’espace public. On l’a vu notamment en France et aux Etats-Unis avec les mouvements #MeToo et #BalanceTonPorc pour dénoncer leurs agresseurs, mais cette libération de la parole ne s’arrête pas là. En effet, on remarque depuis quelques mois l’émergence de plusieurs contestations au Moyen-Orient s’inscrivant dans la continuité du printemps arabe où les femmes et les jeunes ont un rôle prépondérant. En effet, elles surfent sur les vagues de révolutions actuelles pour faire entendre leurs revendications et dénoncer des systèmes patriarcaux qui les enferment dans des stéréotypes les empêchant d’être pleinement libres de leurs actions. Le terme de “soulèvement” utilisé par plusieurs médias pour qualifier ce phénomène de grande envergure est très fort et significatif, si l’on considère que pendant des siècles les femmes ont été réduites au silence. Aujourd’hui elles décident de soulever leurs voix et de les porter haut et fort.
Les temps changent, nous aussi !
La société se trouve dans une période charnière où avec un changement de génération, on assiste aussi à un changement des mentalités. Les problématiques liées aux droits de la femme sont aujourd’hui plus importantes que jamais et c’est pourquoi les mouvements populaires insufflés par une jeunesse déterminée souhaitant rompre avec le vieux monde comptent de plus en plus de femmes voulant renverser le statu quo. L’un des principaux éléments que l’on retient des contestations analysées dans cet article est la volonté des femmes de vouloir renverser le patriarcat.
L’une des figures incarnant bien ce changement est celle de Malak Alaywe Herz, une jeune manifestante rendue célèbre pour avoir donné un coup de pied dans l’entrejambe d’un militaire durant les manifestations d’Octobre 2019 au Liban suite à la hausse de la taxe Whatsapp. Repris par tous les médias nationaux et internationaux, cette scène est devenue virale et à fait le tour des réseaux sociaux. Malak est devenue dès lors, le symbole de la lutte libanaise : “Je n’avais pas peur, on était en train de mourir ici. Je me suis approchée de lui et je lui ai demandé de tirer et je l’ai frappé de toutes mes forces. Il n’a pas le droit de pointer une arme sur nous alors que nous ne sommes pas armées et qu’on est là pour revendiquer nos droits.”

Un symbole, car en plus de s’attaquer au patriarcat en tapant dans les organes génitaux de l’homme, elle s’attaque aussi par extension à tout le système de gouvernance libanais, jugé corrompu et coercitif.
La démocratisation des réseaux sociaux a joué un rôle considérable au sein de ces luttes. Tout d’abord, cette ouverture sur le monde a permis aux femmes de remettre en question la place qui leur a été assignée par la société. En effet, dans toutes les sociétés, même dites « démocratiques », la femme est reléguée à la sphère domestique, la politique étant considérée comme une affaire d’homme où les femmes n’ont ni leur place, ni leur mot à dire. Or, les réseaux sociaux ont permis de diffuser la libération de la parole des femmes afin de les inspirer et de les accompagner dans leur émancipation ainsi que dans leur empowerment. Ils ont permis entre autres aux femmes libanaises de prendre conscience de ce qui se passe dans le monde et de réaliser que le changement de la société libanaise se fera de pair avec l’amélioration de la cause des femmes. De ce fait, l’appropriation de l’espace public par les femmes signifie qu’elles ne veulent plus se taire. D’ailleurs, l’auteure et journaliste libanaise Joumana Haddad affirme que les libanaises : “ne se contentent pas comme avant de parler entre elles, dans les petits salons, de s’indigner à voix basse. La voix est désormais haute.” Selon elle, cette révolution est la première étape qui mettra fin au système patriarcal.
Le besoin de s’affirmer comme sujet autonome et plus comme complément ; ou l’art de faire la guerre à l’instrumentalisation de la religion
« La révolution gagne en force quand les femmes y participent » – Sara, manifestante irakienne

Comme nous l’avons dit juste avant, au Liban, au Soudan et en Irak, les femmes sont au premier rang de ces soulèvements, afin de manifester pour leurs droits et pour plus d’égalité. En effet, trop longtemps la femme a été considérée comme une citoyenne de seconde zone. C’est pourquoi, par leur présence dans les rues, elles se réapproprient aussi la politique et les modes de gouvernances qui se doivent d’être plus représentatif.ve.s de la société. Ainsi, leur premier combat se traduit avant tout par la dénonciation et la fin d’un système confessionnel, répressif et obsolète dans lequel les gouvernements instrumentalisent la religion en ayant une lecture machiste et sexiste de celle-ci afin d’avoir un contrôle total sur le corps des femmes et sur leurs libertés. Au Liban, et dans plusieurs autres pays du Moyen-Orient, il n’y a pas de scission entre la sphère politique et la sphère religieuse ; la constitution libanaise prévoit que le président soit chrétien maronite, le premier ministre musulman sunnite et le président du parlement musulman chiite. Les hommes étant donc à la tête des Etats et des familles, le code civil ne prévoit pas de statut personnel. Ainsi, les femmes n’ont pas de vraie citoyenneté. En effet, chaque libanais.e.s est soumis.e.s à des lois religieuses s’appliquant selon leur confession. Cela crée bien évidemment des fractures sociales car ces lois sexistes et discriminantes favorisent les hommes au détriment des femmes. Petit exemple : les femmes libanaises ne peuvent transmettre ni leur nom, ni leur citoyenneté à leurs enfants.
« Je me sens citoyenne de deuxième catégorie. C’est horrible et très humiliant, surtout quand vos enfants vous demandent pourquoi ils ne peuvent pas avoir la nationalité, alors que je les ai élevés dans l’amour du Liban, de la patrie et des traditions. C’est très difficile à expliquer… c’est une des raisons de mon combat ! Ce n’est pas un bout de papier qui fait de vous une citoyenne, mais ce que vous faites pour ce pays. Beaucoup d’hommes ont la nationalité mais ne la méritent pas ! », explique Nadine Moussa, candidate à l’élection présidentielle en 2014 et auteure du mouvement “take back parliament.” De plus, « Le code de nationalité libanais date de 1925 , hérité du Français, du colonisateur » affirme Lina Abou Habib, directrice exécutive du Women’s Learning Partnership.
En 2001, les activistes mesurent les impacts de cette loi sur les principales.aux victimes : les enfants. En effet, ces dernier.e.s n’étant pas considéré.e.s comme libanais.e.s, n’ont accès ni au système de santé ni à l’école publique, ni à la citoyenneté, ni à l’emploi car iels sont considéré.e.s comme étranger.e.s. On constate d’ailleurs beaucoup de pathologies qui se développent chez ces enfants, même devenu.e.s adultes.
Mais les lois privant les femmes de leurs libertés ne s’arrêtent pas là, elles sont multiples. En voici deux exemples significatifs :
- En cas d’instance de divorce, la femme libanaise perd la garde de son/ses enfants et se retrouve donc obligée de choisir dans certains cas entre rester avec un mari violent, qui abuse d’elle ou perdre ses enfants. C’est une forme de chantage affectif très pernicieux.
- De plus, il lui est interdit d’ouvrir un compte en banque pour ses enfants. En effet, cette action doit être faite par l’homme, même si c’est la femme qui subvient aux besoins de sa famille.
“Les femmes ont beau porter des vêtements convenables, elles sont exposées à la violence verbale et physique, et [les agresseurs] prennent l’islam comme prétexte”
Au Soudan, les jeunes femmes militent contre un régime oppressif et patriarcal qui les empêche de mener leur vie comme elles l’entendent. En effet, la Charia, telle qu’elle est pratiquée dans le pays, interdit aux femmes de choisir leur mari, de travailler à l’extérieur de la sphère domestique et d’avoir, tout comme les femmes libanaises, la garde des enfants en cas de divorce. “Je veux pouvoir décider librement de la façon dont je m’habille, où je vais et à quelle heure je dois rentrer à la maison (…) “Je manifeste contre cette loi qui va m’enlever mes enfants si je divorce.”, affirme une jeune soudanaise pour le journal African Arguments.
Ainsi, les soudanaises, tout en militant pour leurs droits en faisant entendre leurs voix dans la rue, redéfinissent aussi l’espace public qui leur a été trop longtemps interdit. En effet, certaines lois et décrets sur l’espace public fondés soi-disant sur l’Islam, interdisent aux femmes de travailler le soir et leur impose le port du hijab en public. De nombreuses militantes féministes s’indignent que ces lois soient toujours en vigueur et les jugent contraires à la constitution et à l’Islam. Selon le journal, ces femmes déplorent que la religion soit instrumentalisée à des fins machistes.
Altamthiliya mohema !
Vous l’aurez donc bien compris, les lois sont faites par les hommes et pour les hommes. La solution serait donc de faire place aux femmes au sein des politiques afin qu’elles puissent elles-mêmes changer ce système qui les oppresse depuis la nuit des temps. Si certaines ont tenté de faire bouger les choses, il faut malheureusement admettre que les avancées ne sont pas proportionnelles à l’urgence de la situation. En décembre 2016, lors de l’annonce du nouveau gouvernement libanais, ce dernier ne compte qu’une seule femme sur 30 et surtout, UN HOMME chargé de défendre les droits des femmes, Jean Oghassabian. Or, rappelons que les droits des femmes et le respect de leurs libertés ne seront pas pris au sérieux tant qu’elles ne seront pas représentées dans les institutions et qu’on ne leur donnera pas la place qu’elles méritent pour défendre au mieux ce qu’elles jugent nécessaire.
Les soudanaises l’ont bien compris, c’est pourquoi la coalition la MANSAM regroupant entre autres 8 associations politiques féminines a réalisé une liste de femmes qualifiées pour intégrer le gouvernement civil de transition. La coalition a aussi rédigé un texte de loi concernant les droits de la femme qu’elle espère voir intégré dans la nouvelle constitution soudanaise.
Justice pour les victimes de violences sexuelles
Au Soudan, si les revendications féministes sont similaires à celles des libanaises, les soudanaises dénoncent avant tout un fléau pernicieux qui persiste au sein de leur société, il s’agit des violences sexuelles commises sur les femmes, notamment en zone de guerre. Elles exigent de l’Etat qu’il prenne ses responsabilités et juge les responsables de ces actes infâmes : “Nous voulons que soient punis les auteurs d’abus sexuels au Darfour et dans d’autres régions du pays.”affirme une manifestante. Néanmoins, il faut garder en tête que ces revendications s’inscrivent dans un mouvement militant féministe préexistant au sein duquel les femmes luttent depuis longtemps contre les violences sexuelles qui leurs sont infligées. En effet l’ancien président Omar Al-Bachir et plusieurs de ses condisciples ont été condamnés en 2000 pour le recours aux abus sexuels au Darfour. Aujourd’hui, ce que les femmes réclament par-dessus tout est le jugement des fonctionnaires d’Etat responsables de ces crimes. “Pour moi, la justice, ce serait que tous les participants au régime précédent payent pour ce qu’ils ont fait subir à notre pays”, a déclaré une femme du Kordofan du Sud.
Malgré la violence des répressions, les femmes tiennent bon !
« Je suis obligée de me camoufler, de me faire passer pour un homme, sinon les gars ne me laisseraient pas rester en première ligne. Ils disent que c’est trop dangereux pour une femme, qu’on est fragiles, mais moi, je ne le suis pas » – Arwa, jeune manifestante irakienne
Les femmes ont joué un rôle clé dans le combat pour la liberté, la justice et la paix. Elles ont résisté malgré la violence des opposants. Nous savons que de manière générale, les manifestations ayant lieu au sein de pays non-démocratiques mènent à des répressions extrêmement violentes. Si les violences sexuelles sont souvent utilisées comme arme de guerre dans certains conflits, au Soudan, les opposants aux manifestantes ont aussi eu recours à ce type de violence. En effet, durant les manifestations survenues cet été, Les Forces de soutien rapide, une unité paramilitaire issue des milices Janjawid responsables des atrocités commises au Darfour ont commis des dizaines de viols. Le journal African Arguments parle aussi de tortures et de tirs à balles réelles. Les manifestations en Irak ont aussi mené à des violences qui ont été par la suite condamnées sévèrement par la communauté internationale. Tout comme au Soudan, certaines opposantes au régime ont été torturées, enlevées et/ou tuées. C’est pourquoi, en Irak, les militantes sont obligées de se camoufler et de ne pas s’exposer sur les réseaux sociaux à visage découvert au risque de se faire tuer, comme cela a été malheureusement le cas de la blogueuse Tara Farès tuée fin 2018.
Une autre forme de violence à laquelle les manifestantes ont dû faire face est le refus préliminaire des hommes à les accepter au sein de la lutte irakienne, sous prétexte qu’elles n’y avaient pas leur place, que c’était trop dangereux pour elles etc. Arwa, une jeune manifestante affirme d’ailleurs avoir dû se camoufler le visage afin de se faire passer pour un homme au risque d’être arrêtée. Toutefois ces dernières ont tenu bon, elles ont montré qu’elles étaient tout aussi, voire plus courageuses que leurs homologues masculins et ces derniers ont alors fini par les accepter et les respecter au sein de la lutte. Cela témoigne donc d’un pas extrêmement important vers le changement de mentalités : « Dans nos sociétés arabes, les hommes ont l’esprit fermé envers les femmes. Ici, les manifestants nous protègent. Si l’on est en danger, ils forment un bouclier humain. Et sur mon passage, je n’entends que des “merci, merci” et “que Dieu te garde” affirme Sama, 27 ans. C’est donc cette égalité entre les hommes et les femmes au sein des luttes irakiennes qui constitue une véritable révolution culturelle.

Des mouvements transgénérationnels et transconfessionnels
L’un des principaux points que l’on retient de ces luttes est la solidarité inébranlable de ces femmes. En effet, que ce soit au Soudan, au Liban ou en Irak, les femmes ont su passer outre leurs différences afin de se soutenir les unes les autres et mener un front commun. Car finalement, malgré leurs différences, elles sont toutes confrontées aux mêmes problématiques et militent pour les mêmes combats : que les droits de la femme soient pris en considération par leur gouvernement respectif et mettre fin à l’omerta qui les oppresse et les prive de leur identité en tant que sujet. Au sein de ces luttes nous avons aussi pu constater que toutes le couches de la société étaient représentées : allant des plus jeunes aux plus âgées, mais aussi des plus riches aux plus modestes, des intellectuelles aux illettrées… Par ailleurs, et notamment au Liban, les femmes issues de toutes les confessions ont protesté côte à côte, menant le même combat : que les femmes soient libres de leurs choix !
L’objectif maintenant serait que ces mobilisations donnent lieu à de vraies mesures comme accroître le taux de représentation des femmes au sein des gouvernements, afin de les laisser s’exprimer par elles-mêmes et pour elles-mêmes, car les femmes sont les plus à même de savoir ce qui est bien ou pas pour elles.
Djéné DIANÉ
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Emilie Manima, première femme ministre au Congo : itinéraire d’une pionnière, entre service public, santé maternelle et humilité
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2 semaines agoon
27/02/2026
Emilie Manima n’est pas seulement un nom inscrit dans l’histoire politique congolaise : c’est un repère, une date, une rupture. Décédée à Brazzaville le 11 février 2026 à un âge avancé (les hommages publics la situent autour de 89–90 ans), elle laisse l’image d’une femme de devoir, à la fois sage-femme de formation et première Congolaise à entrer au gouvernement. Sa trajectoire dit quelque chose d’essentiel sur la possibilité, même dans les contextes les plus verrouillés, de faire bouger les lignes par la compétence, la constance et une éthique profondément tournée vers l’autre.
Emilie Manima : une figure historique, la première femme ministre au Congo
L’événement fondateur de la vie publique d’Emilie Manima tient en une phrase : elle est la première femme ministre au Congo. Sa nomination, intervenue le 9 janvier 1975, la fait entrer dans l’histoire institutionnelle du pays, puisqu’elle rejoint le gouvernement au poste de ministre des Affaires sociales, sous la présidence de Marien Ngouabi. Cette information est reprise dans des récits d’hommage publiés à l’occasion de ses obsèques, qui rappellent à la fois la date, la fonction et la portée symbolique de ce choix politique : ouvrir la porte du gouvernement à une femme, après une longue période où les cabinets ministériels demeuraient exclusivement masculins.
Sur ce point, plusieurs sources de presse convergent :
- Les Echos du Congo-Brazzaville – “Congo – Obsèques : L’hommage de la République à Émilie Manima” souligne explicitement qu’elle fut nommée ministre en 1975 et qu’elle est la première femme à occuper un poste ministériel au Congo.
- L’Horizon Africain – “Deux vertus ont caractérisé la vie d’Emilie Manima, première femme ministre au Congo” rappelle la même nomination et situe aussi sa trajectoire dans le registre des valeurs humaines.
- Matin Libre Congo – “Émilie Manima : la pionnière qui ouvrit aux Congolaises les portes du gouvernement” insiste sur son rôle de pionnière et sur l’effet d’entraînement pour les femmes congolaises.
Dès lors, écrire sur Emilie Manima, c’est écrire sur un avant et un après : avant elle, l’idée même d’une femme ministre relevait de l’exception impensée ; après elle, l’exception devient possible, puis progressivement pensable, et enfin revendiquée.
De la sage-femme à la ministre : la légitimité par le métier et par le terrain
Un élément éclaire sa crédibilité : Emilie Manima est sage-femme de profession. Cette donnée, loin d’être anecdotique, donne un relief particulier à sa nomination aux Affaires sociales. On peut y voir une cohérence : confier le social à une femme ayant appris, dans la pratique médicale, à accompagner les moments les plus vulnérables de la vie (naissance, maternité, soins, prévention).
Dans les récits qui lui rendent hommage, cette identité professionnelle revient comme une signature : Emilie Manima n’est pas décrite comme une personnalité uniquement “politique”, mais comme une femme dont l’autorité s’enracine dans le réel, dans le service, dans la proximité avec les corps et les situations. Cela explique en partie l’admiration persistante : on lui attribue moins une posture qu’une utilité.
Cette trajectoire rappelle une vérité souvent oubliée : dans de nombreux pays, les grandes figures de l’action publique ne viennent pas seulement des appareils partisans, mais aussi des métiers de soin, d’éducation et d’encadrement social—des métiers où l’on apprend à écouter avant de décider.
1975 : une nomination qui change la grammaire du pouvoir
Être la première femme ministre n’est pas qu’une médaille. C’est un poids, parfois un piège : celui d’être scrutée, attendue au tournant, jugée non comme une personne, mais comme un symbole. Emilie Manima a dû composer avec cette tension. Sa présence au gouvernement, en 1975, est à la fois une avancée pour les femmes et une responsabilité supplémentaire : prouver qu’une femme n’est pas une parenthèse, qu’elle peut tenir un portefeuille, porter une administration, et incarner l’État.
Les articles d’hommage la présentent précisément comme une femme qui “osa franchir le pas” et qui a “brisé les barrières” de l’inégalité au niveau gouvernemental (formulations reprises dans les récits de cérémonie et de presse) : Les Echos du Congo-Brazzaville, Matin Libre Congo.
Ce qui compte, ici, n’est pas de réécrire une légende : c’est de comprendre la portée d’un geste politique. Une première nomination féminine agit comme un test : si la femme échoue, on conclura “ce n’est pas fait pour elles” ; si elle réussit, on ouvre une brèche. Emilie Manima a incarné cette brèche—et, à en juger par la solennité des hommages, elle l’a incarnée durablement.
1978 : la santé maternelle et infantile, ou la continuité d’une vocation
Après l’expérience ministérielle, Emilie Manima se voit confier, le 11 mars 1978, une fonction orientée vers la prévention et l’avenir : elle est nommée directrice de la santé maternelle et infantile et de l’éducation pour la santé (information relayée et détaillée dans le témoignage publié par L’Horizon Africain).
Cette étape dit quelque chose de profond : son histoire n’est pas celle d’une femme “arrivée” puis retirée. C’est celle d’une continuité entre le soin et l’État. La maternité et l’enfance sont des sujets qui traversent les générations ; s’y consacrer, c’est travailler sur le temps long, sur les comportements, sur l’éducation, sur l’accès aux services. À ce titre, la santé maternelle et infantile n’est pas un domaine technique parmi d’autres : c’est une politique de civilisation, parce qu’elle touche à la survie, à la dignité et à l’égalité.
En associant “santé maternelle et infantile” et “éducation pour la santé”, on devine une philosophie : ne pas se limiter à soigner, mais prévenir, expliquer, former—mettre la connaissance dans les mains des familles.
L’amour : une manière de gouverner sans écraser
Les textes rendant hommage à Emilie Manima ne la réduisent pas à une carrière. Ils la décrivent par des vertus, et d’abord par une : l’amour. Dans le témoignage publié par L’Horizon Africain, l’amour n’est pas sentimental ; il est relationnel et social. C’est la capacité de créer du lien, de le maintenir malgré les années, de faire sentir aux autres qu’ils comptent.
Cet aspect est central pour un portrait SEO de Emilie Manima, parce qu’il explique pourquoi son nom revient au moment de sa disparition : non seulement pour ce qu’elle a été, mais pour ce qu’elle a fait ressentir. Une ministre peut laisser des dossiers ; une femme comme elle laisse des attachements, des fidélités, des souvenirs de chaleur humaine.
On peut même y lire une leçon de leadership : l’autorité peut être ferme, mais elle n’a pas besoin d’être froide. Emilie Manima semble avoir exercé une forme de pouvoir non pas conquérant, mais protecteur.
L’humilité : la force tranquille d’une femme d’État
La seconde vertu qui ressort des hommages est l’humilité. Là encore, l’idée est précieuse : dans l’espace public, l’humilité est parfois prise pour un manque d’ambition. Chez Emilie Manima, elle apparaît plutôt comme une discipline intérieure : ne pas se mettre au-dessus, rester du côté du service, refuser les louanges excessives.
Le témoignage repris par L’Horizon Africain cite une pensée attribuée à Charles de Foucauld sur la “dernière place” comme posture de service. Qu’on partage ou non cette référence spirituelle, elle éclaire un style : Emilie Manima semble avoir porté l’idée que la grandeur, dans la République, se mesure à la capacité de se tenir au plus près des autres, sans écraser.
Cette humilité, dans le récit des proches, va jusqu’à une forme de pudeur : elle n’aimait pas “les coups d’encensoir”. Pourtant, au moment de sa disparition, l’État et la société ont éprouvé le besoin de dire haut ce qu’elle avait incarné : une première, une servante, une référence.
Des obsèques nationales à Brazzaville : reconnaissance officielle et mémoire collective
L’hommage qui lui est rendu donne la mesure de sa place. Selon Les Echos du Congo-Brazzaville, une cérémonie s’est tenue au Palais des Congrès à Brazzaville, en présence du Président Denis Sassou N’Guesso et de nombreuses autorités. Le texte insiste sur la dimension républicaine : drapeau, solennité, gerbes, présence des corps constitués.
Ces détails sont importants : ils montrent que l’histoire d’Emilie Manima est considérée comme une histoire nationale, pas seulement familiale. Dans l’imaginaire public, elle devient une “mère” au sens large : celle qui a ouvert la voie, celle qui a rendu possible.
Matin Libre Congo confirme aussi l’hommage solennel du 20 février 2026, ancrant son départ dans une mémoire institutionnelle, et la présentant comme une figure de l’émancipation féminine.
Pourquoi Emilie Manima reste une référence pour les femmes congolaises
On pourrait croire que “première femme ministre” est un titre qui se fige, comme une date dans un manuel. Mais le titre vit tant qu’il inspire. Emilie Manima incarne un modèle de progression par le sérieux : elle ne semble pas avoir recherché la célébrité, mais elle a accepté la responsabilité. Elle n’a pas fait de sa condition féminine un slogan : elle l’a transformée en preuve.
Son parcours dit aux jeunes générations : l’entrée des femmes dans les plus hautes fonctions ne dépend pas uniquement des discours, mais de la rencontre entre des opportunités politiques et des compétences indiscutables. Emilie Manima a été cette rencontre : la compétence issue du soin, et la décision politique d’ouvrir une porte.
Aujourd’hui encore, la question de la représentation des femmes dans les gouvernements africains se pose en termes de chiffres, de quotas, de stratégies. Son histoire rappelle une dimension complémentaire : la représentation n’est durable que si elle se traduit aussi par une culture de service, une éthique du travail, une proximité avec les réalités sociales.
Emilie Manima, un nom qui signifie “service”
Emilie Manima laisse l’image d’une femme qui a tenu ensemble ce que l’on oppose souvent : le pouvoir et la douceur, l’autorité et l’humilité, la fonction et l’humanité. Première femme ministre au Congo, elle ne s’est pas contentée d’être “la première” : elle a cherché à être utile. Sage-femme de profession, ministre des Affaires sociales en 1975, engagée ensuite dans la santé maternelle et infantile, elle a inscrit sa vie dans une logique de protection des autres—et c’est peut-être la définition la plus simple de la grandeur publique.
Son décès, survenu à Brazzaville le 11 février 2026, a suscité des hommages qui ne relèvent pas de la routine. Ils racontent une femme aimée, respectée, et reconnue comme une pierre de fondation. Dans un monde où l’actualité efface vite les visages, Emilie Manima demeure parce que son passage a ouvert un chemin.
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Ménopause au travail : ces 25 propositions qui vont changer la donne
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6 mois agoon
16/09/2025
14 millions de femmes françaises sont concernées par la ménopause, mais le monde professionnel reste largement sourd à cette réalité. Le rapport remis au gouvernement en avril 2025 pourrait bien révolutionner la prise en compte de cette étape de vie au bureau.
17,2 millions de femmes de plus de 45 ans sont d’ores-et-déjà concernées par la ménopause en France. Chaque année, ce sont 500 000 femmes qui entrent progressivement dans la ménopause La ménopause : s’informer et en parler – Ministère du Travail, de la Santé, des Solidarités et des Familles. Pourtant, ce bouleversement physiologique majeur reste un angle mort des politiques d’entreprise. Un rapport parlementaire révolutionnaire pourrait changer cette réalité.
Un rapport qui brise enfin le silence
Dans un rapport dévoilé le 9 avril 2025, la députée Stéphanie Rist a présenté 25 recommandations devant aboutir, à l’horizon 2026, à une meilleure prise en compte de la ménopause dans le monde du travail Ménopause : 10 nouvelles propositions pour améliorer sa prise en compte au travail | Éditions Tissot. Ce document inédit marque un tournant dans l’approche institutionnelle d’un sujet longtemps tabou.
La ménopause, qui concerne plus de 17 millions de femmes en France, est encore trop souvent perçue comme un sujet intime, voire honteux Ménopause : 10 nouvelles propositions pour améliorer sa prise en compte au travail – Santé au Travail 72. Cette omerta professionnelle a des conséquences dramatiques : 87 % des femmes ressentent des symptômes liés à la ménopause, parfois très invalidants, comme les bouffées de chaleur, les douleurs articulaires, les troubles cognitifs ou encore la fatigue chronique Ménopause : 10 nouvelles propositions pour améliorer sa prise en compte au travail – Santé au Travail 72.
Des chiffres qui révèlent l’ampleur du déni
Les statistiques révèlent une réalité saisissante. Une femme sur deux estime que la ménopause a un impact sur sa vie professionnelle. Au Royaume-Uni, 10 % des femmes disent avoir quitté leur emploi pour cette raison Ménopause : 10 nouvelles propositions pour améliorer sa prise en compte au travail – Santé au Travail 72. En France, les données manquent encore, mais les témoignages convergent vers la même réalité.
94 % des femmes de 45 à 50 ans sont touchées par au moins un symptôme de la ménopause ; 73 % d’entre elles le sont encore entre 61 et 65 ans Santé des femmes au travail : des maux invisibles – Le rapport – Sénat, selon une étude du Gemvi (Groupe d’Etude sur la Ménopause et le Vieillissement hormonal). Des chiffres qui démontrent l’urgence d’agir dans le monde professionnel.
Les 25 propositions décryptées : révolution en marche
Axe 1 : Mesurer pour agir
Le rapport propose un plan structuré autour de trois priorités : chiffrer, former et adapter Ménopause : 10 nouvelles propositions pour améliorer sa prise en compte au travail – Santé au Travail 72. La première mesure phare ? Chiffrer le coût économique de la ménopause. Une estimation nationale serait un levier puissant de sensibilisation pour les employeurs Ménopause : 10 nouvelles propositions pour améliorer sa prise en compte au travail – Santé au Travail 72.
Cette approche économique vise à sortir la ménopause de la sphère purement médicale pour en faire un enjeu de performance collective. D’après les retours terrain de professionnels parisiens spécialisés dans l’accompagnement des transitions de carrière, cette donnée manquante freine considérablement la sensibilisation des directions d’entreprise.
Axe 2 : Former et informer
Créer un guide “Ménopause sur le lieu de travail”. Destiné aux managers et aux salariés, ce guide intégrera des outils pratiques, des exemples d’aménagements, et des conseils pour adapter les conditions de travail Ménopause : 10 nouvelles propositions pour améliorer sa prise en compte au travail – Santé au Travail 72.
La formation constitue le nerf de la guerre. Nommer des ambassadeurs “Ménopause et emploi”. Ils auront pour mission de promouvoir le sujet dans les grandes entreprises et les services publics Ménopause : 10 nouvelles propositions pour améliorer sa prise en compte au travail – Santé au Travail 72. Cette mesure s’inspire des réussites observées dans la lutte contre le harcèlement sexuel au travail.
Axe 3 : Adapter concrètement le travail
Les propositions les plus révolutionnaires concernent l’adaptation immédiate des conditions de travail. Encourager l’adaptation des postes de travail. Climatisation, accès à l’eau, flexibilité horaire, télétravail : autant de solutions à mettre en œuvre localement Ménopause : 10 nouvelles propositions pour améliorer sa prise en compte au travail – Santé au Travail 72.
Adapter le mobilier de bureau selon les recommandations du GEMVI. Pour prévenir la sédentarité et les troubles musculosquelettiques aggravés par la ménopause Ménopause : 10 nouvelles propositions pour améliorer sa prise en compte au travail – Santé au Travail 72. Cette mesure technique révèle une approche globale de la santé féminine au travail.
Révolution dans le suivi médical
Intégrer la ménopause à la visite médicale de mi-carrière (45 ans). Cette mesure a déjà été reprise par la ministre du Travail, Catherine Vautrin Ménopause : 10 nouvelles propositions pour améliorer sa prise en compte au travail – Santé au Travail 72. Cette évolution marque une reconnaissance institutionnelle majeure.
La proposition de loi envisage, en tout premier lieu, de faire doublement évoluer les modalités de réalisation de la visite médicale de mi-carrière Proposition de loi visant à améliorer la sensibilisation et la prévention de la ménopause : les mesures intéressant les salariées et les entreprises | Éditions Tissot. Concrètement, cet examen médical est réalisé, en l’absence de disposition conventionnelle et sauf exception, durant l’année civile du 45e anniversaire du salarié Proposition de loi visant à améliorer la sensibilisation et la prévention de la ménopause : les mesures intéressant les salariées et les entreprises | Éditions Tissot.
Cette visite évoluée permettrait de faire un état des lieux de l’adéquation entre le poste de travail et l’état de santé du salarié ; sensibiliser le salarié aux enjeux du vieillissement au travail et sur la prévention des risques professionnels Proposition de loi visant à améliorer la sensibilisation et la prévention de la ménopause : les mesures intéressant les salariées et les entreprises | Éditions Tissot, ménopause comprise.
L’expérimentation révolutionnaire de l’arrêt gynécologique
La mesure la plus audacieuse concerne l’expérimentation d’un arrêt de travail au bénéfice des salariées touchées par des symptômes incapacitants liés à la ménopause Proposition de loi visant à améliorer la sensibilisation et la prévention de la ménopause : les mesures intéressant les salariées et les entreprises | Éditions Tissot. Le texte autorise l’État à instaurer, pour une durée maximale de 3 ans et dans un périmètre limité à 3 régions, un arrêt de travail Proposition de loi visant à améliorer la sensibilisation et la prévention de la ménopause : les mesures intéressant les salariées et les entreprises | Éditions Tissot spécifique.
Cette expérimentation s’inspire des modèles européens avancés. Si certaines entreprises ont déjà mis en place des mesures, comme des jours de congé supplémentaires, cette proposition de loi pourrait renforcer la reconnaissance des enjeux liés à la ménopause en entreprise Ménopause et travail : vers une meilleure prévention en entreprise ?.
Collecte de données : vers des statistiques genrées
Produire des statistiques genrées et par tranche d’âge sur la santé au travail. Un outil indispensable pour piloter des politiques plus inclusives Ménopause : 10 nouvelles propositions pour améliorer sa prise en compte au travail – Santé au Travail 72. Cette mesure technique révèle une lacune criante : l’absence de données spécifiques sur la santé des femmes au travail selon leur cycle de vie.
Les entreprises pionnières commencent à s’organiser. Quelques entreprises ont toutefois expérimenté, à la marge, des actions sur la ménopause, généralement dans le cadre d’un congé menstruel ou d’une évolution des conditions de travail (ex : télétravail, accès à l’eau, régulation de la température, etc.) Ménopause : 10 nouvelles propositions pour améliorer sa prise en compte au travail | Éditions Tissot.
Un cadre juridique en construction
Offrir un cadre juridique aux collectivités expérimentant un “congé ménopause”. Bien que non proposé comme mesure généralisée, ce congé pourrait être testé à l’échelle locale Ménopause : 10 nouvelles propositions pour améliorer sa prise en compte au travail – Santé au Travail 72. Cette approche pragmatique évite l’écueil de la généralisation immédiate tout en ouvrant la voie à l’innovation sociale.
Dans les 6 mois précédant l’issue de cette expérimentation, le Gouvernement devrait alors remettre au Parlement une évaluation sur les résultats obtenus et sur l’opportunité de pérenniser ce dispositif Proposition de loi visant à améliorer la sensibilisation et la prévention de la ménopause : les mesures intéressant les salariées et les entreprises | Éditions Tissot.
Résistances et défis à surmonter
Malgré ces avancées, des résistances persistent. Les organisations syndicales et patronales, lorsqu’elles consentent à investir le sujet, peinent à adopter une position claire et précise Ménopause : 10 nouvelles propositions pour améliorer sa prise en compte au travail | Éditions Tissot. Cette frilosité révèle l’ampleur du chemin à parcourir.
Le rapport met toutefois en avant que parmi ces entreprises, 28 selon la Direction Générale du Travail, seule l’une d’entre elles s’est attachée à aborder les spécificités de la ménopause Ménopause : 10 nouvelles propositions pour améliorer sa prise en compte au travail | Éditions Tissot. Un chiffre qui révèle l’immaturité du sujet dans le monde entrepreneurial.
Impact sur la carrière des femmes
Les enjeux dépassent la seule dimension sanitaire. Dans la mesure où les symptômes péri-ménopausiques et ménopausiques touchent une très large majorité de femmes en âge de travailler, ils peuvent avoir des conséquences négatives sur la qualité de vie des femmes au travail Santé des femmes au travail : des maux invisibles – Le rapport – Sénat.
Cette réalité questionne l’égalité professionnelle. Tout professionnel de santé devrait donc avoir suivi une formation requise sur la ménopause et savoir que ces symptômes climatériques peuvent affecter le bien-être et les capacités au travail avec, en conséquence, parfois la nécessité d’une adaptation transitoire des conditions de travail Santé des femmes au travail : des maux invisibles – Le rapport – Sénat.
Perspectives internationales : la France rattrape son retard
S’inspirant des réussites constatées à l’étranger, et notamment au Royaume-Uni, le rapport formule 10 recommandations destinées à améliorer la prise en compte de la ménopause en milieu professionnel Ménopause : 10 nouvelles propositions pour améliorer sa prise en compte au travail | Éditions Tissot. Cette approche comparative révèle le retard français sur le sujet.
Le Royaume-Uni fait figure de modèle avec des entreprises comme Marks & Spencer ou la BBC qui ont développé des politiques spécifiques depuis 2019. L’Australie expérimente depuis 2023 des congés ménopause dans la fonction publique.
Soutien syndical : une reconnaissance progressive
L’UNSA accueille favorablement ces deux annonces qui doivent permettre de mieux comprendre ce que vivent les femmes. À terme, ces enseignements devront se traduire par des mesures concrètes et facilitatrices Ménopause : un enjeu de santé et de conditions de travail – UNSA TPE. Cette position syndicale marque une évolution significative.
Favoriser la prise en compte de la ménopause repose aussi sur des environnements de travail favorables (tenues de travail adaptées, locaux ventilés, etc.) et sur une adaptation de l’organisation du travail (accès facilité au télétravail, horaires aménagés, ajustement de la charge de travail, etc.) Ménopause : un enjeu de santé et de conditions de travail – UNSA TPE.
Défis médicaux : vers une meilleure formation
Un défi majeur demeure : la formation des professionnels de santé. Le rapport souligne que 54,1 % des femmes souhaiteraient pouvoir consulter un gynécologue durant la période de ménopause, mais que le nombre de praticiens ne permet plus de répondre à cette demande (1 517 gynécologues en activité en 2023 contre 3 615 en 2012) Ménopause : un enjeu de santé et de conditions de travail – UNSA TPE.
Cette pénurie médicale rend d’autant plus cruciale l’adaptation du monde du travail aux réalités de la ménopause.
L’agenda politique : une fenêtre d’opportunité
La proposition de loi déposée par la députée Lingemann a été renvoyée à la commission des affaires sociales de l’Assemblée nationale et sera examinée à une date qui reste encore à arrêter Proposition de loi visant à améliorer la sensibilisation et la prévention de la ménopause : les mesures intéressant les salariées et les entreprises | Éditions Tissot. L’agenda parlementaire déterminera la rapidité de mise en œuvre de ces mesures.
Le ministère du Travail, de la Santé, des Solidarités et des Familles a reçu, le mercredi 9 avril 2025, le rapport de la mission parlementaire sur la ménopause La ménopause : s’informer et en parler – Ministère du Travail, de la Santé, des Solidarités et des Familles, marquant une prise en compte institutionnelle inédite.
Révolution culturelle en marche
Au-delà des mesures techniques, c’est une révolution culturelle qui s’amorce. L’objectif : faire de la ménopause un sujet structurant des politiques de santé publique et de qualité de vie au travail Ménopause : 10 nouvelles propositions pour améliorer sa prise en compte au travail – Santé au Travail 72.
Multiples sont donc les symptômes de la ménopause susceptibles d’impacter la santé physique et mentale des salariées (ex : bouffées de chaleur, douleurs articulaires, troubles cognitifs). Faire évoluer leur environnement de travail, en améliorant leur prise en compte, constitue donc une voie à prioriser Ménopause : 10 nouvelles propositions pour améliorer sa prise en compte au travail | Éditions Tissot.
Vers 2026 : une transformation attendue
Le rapport recommande également l’organisation d’Assises de la ménopause, rassemblant professionnels, entreprises et institutions, et l’intégration du sujet au Plan Santé au Travail 5 (PST5) Ménopause : 10 nouvelles propositions pour améliorer sa prise en compte au travail – Santé au Travail 72. Ces échéances dessinent une feuille de route ambitieuse.
Pour 14 millions de femmes françaises, l’année 2025 pourrait marquer le début d’une reconnaissance professionnelle attendue depuis trop longtemps. Entre révolution culturelle et adaptation pragmatique, ces 25 propositions dessinent les contours d’un monde du travail enfin inclusif à tous les âges de la vie féminine.
Cette analyse s’appuie sur le rapport parlementaire de Stéphanie Rist remis en avril 2025 et les propositions de loi en cours d’examen. Pour un accompagnement spécialisé des entreprises dans la prise en compte des enjeux de santé féminine au travail, consulter les ressources professionnelles spécialisées.
Sources : Rapport parlementaire Stéphanie Rist (avril 2025), Assemblée nationale, Ministère du Travail, études Gemvi, données gouvernementales 2025.
Martha Stewart est une femme d’affaires américaine qui a créé un empire médiatique et de décoration intérieure, Martha Stewart Living Omnimedia, Inc. Elle est connue pour ses livres, ses magazines, ses émissions de télévision et ses produits sur la cuisine, l’art de recevoir et le bricolage. Voici son parcours exceptionnel et ses conseils pour réussir.
Ses débuts
Martha Stewart est née le 3 août 1941 à Jersey City, dans le New Jersey. Elle est la deuxième de six enfants d’une famille d’origine polonaise. Ses parents étaient tous les deux enseignants, mais son père a ensuite travaillé comme vendeur de médicaments.
Dès son enfance, Martha Stewart apprend à cuisiner et à coudre avec sa mère. Elle développe aussi une passion pour le jardinage avec son père. Elle commence à travailler comme mannequin à l’âge de 13 ans, apparaissant dans des défilés de mode, des publicités télévisées et des magazines.
Voici une vidéo relatant la carrière de Martha Stewart en anglais :
Elle poursuit ses études à Barnard College, à Manhattan, où elle obtient un diplôme en histoire européenne et architecturale en 1962. Elle y rencontre Andy Stewart, un étudiant en droit à Yale, qu’elle épouse en 1961. Six ans plus tard, après la naissance de leur fille Alexis, Martha Stewart devient courtière en bourse pour la firme Monness, Williams et Sidel. Elle travaille à Wall Street jusqu’en 1972, année où la famille déménage à Westport, dans le Connecticut.
Son ascension
Après avoir restauré la ferme du XIXe siècle qu’ils avaient achetée, Martha Stewart décide de se consacrer à la cuisine gastronomique, qu’elle s’est enseignée en lisant le livre de Julia Child Maîtriser l’art de la cuisine française. Elle lance une entreprise de traiteur à la fin des années 1970, et se fait rapidement remarquer pour ses menus raffinés et sa présentation créative. En moins de dix ans, Martha Stewart, Inc., devient une entreprise d’un million de dollars qui sert des clients prestigieux et célèbres.

Martha Stewart se lance ensuite dans le monde de l’édition avec son premier livre, Entertaining, qui devient un best-seller et qui est suivi par d’autres publications telles que Martha Stewart’s Quick Cook Menus, Martha Stewart’s Hors d’Oeuvres, Martha Stewart’s Christmas et Martha Stewart’s Wedding Planner. Sa notoriété grandissante a un impact négatif sur sa vie personnelle, puisque son mariage avec Andy se termine par un divorce en 1990, après une séparation difficile de trois ans.
En 1991, Martha Stewart, Inc., devient Martha Stewart Living Omnimedia, Inc., avec le lancement de son magazine, Martha Stewart Living. L’empire du style de vie de Martha Stewart s’étend bientôt à deux magazines, une publication de recettes au format poche, une émission de télévision populaire sur le câble, une chronique syndiquée dans les journaux, une série de livres pratiques, une émission de radio, un site Internet et 763 millions de dollars de ventes annuelles au détail. Le 19 octobre 1999, la plus célèbre femme au foyer d’Amérique retourne à Wall Street pour voir son entreprise faire son entrée en bourse au New York Stock Exchange. À la fin de la journée, le prix de chacune des 72 millions d’actions de Martha Stewart Living Omnimedia, Inc. avait augmenté de plus de 95 % et rapporté près de 130 millions de dollars.
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