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Santé & bien-être

Gabriel Combris : au service de la santé

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Gabriel Combris lanceur d'alerte

Médiator, Dépakine, prothèses mammaires Pip, on ne compte plus les désastres sanitaires qu’ont pu provoquer ces trois médicaments. Spécialisé dans la santé depuis 2013, Gabriel Combris, un journaliste d’investigation, vous plonge dans une enquête inquiétante et alarmante concernant ces trois médicaments qui ont entraîné la mort ou divers problèmes de santé de nombreuses victimes. Le point avec le journaliste d’investigation Gabriel Combris.

Gabriel Combris : Le médiator, un médicament détourné de son usage

Quel est donc ce médicament qui a fait parler de lui dans la presse ? Quel est le scandale du médiator ? Gabriel Combris a mené mon enquête et vous révèle tout !

Un coupe-faim qui amène vers la fin

Mis au point par les laboratoires Servier, ce médicament a été commercialisé pour la première fois en 1976. Cet antidiabétique a été prescrit à de nombreuses reprises comme un anorexigène, un coupe-faim. Pratique si l’on veut perdre du poids cependant, le médiator cause de graves effets secondaires. Il est retiré du marché français en 2009. En effet, ce médicament est accusé d’avoir entraîné la mort de 1 000 à 2 000 personnes, sans compter les personnes qui sont encore vivantes, mais qui souffrent des conséquences des effets secondaires.

La vérité éclate dans la presse

Après avoir enquêté pendant presque 10 ans sur les effets cardiaques, une pneumologue au CHU de Brest lance l’alerte en 2007 sur les dangers du Médiator. Elle signale à l’agence du médicament des cas de valvulopathies cardiaques.
En 2009, l’Afssaps fait retirer le médiator et ses génériques de la vente en pharmacie française. L’affaire du médiator tourne au scandale sanitaire. Le ministre de la Santé de l’époque, Xavier Bertrand recommande aux patients ayant été traités par ce médicament de consulter leur médecin.

Le procès

Le lundi 29 mars 2021, soit dix années après l’arrêt à la vente en France du médiator, le tribunal de Paris a rendu son jugement :

  • Les laboratoires Servier doivent verser plus de 180 millions d’euros aux victimes
  • L’ex numéro deux de Servier, Jean-Philippe Seta, a été condamné à quatre ans de prison avec sursis ainsi qu’une amende de 90 600 euros. Le numéro un, Jacques Servier, est décédé en 2014.
  • Accusés de conflits d’intérêts, des anciens cadres des autorités de santés ont également été condamnés à de la prison avec sursis et des amendes.
  • Pour avoir tardé à suspendre la commercialisation du médicament, et ce, malgré l’alerte lancée par Irène Frachon, l’Agence nationale du médicament a été condamnée de 303 000 euros d’amende.

Gabriel Combris : La Dépakine, responsable de nombreuses déformations in utérus

Qu’est ce que la Dépakine ?

Formulée à base de Valproate de sodium, explique Gabriel Combris, la Dépakine est un médicament commercialisé depuis 1967 et prescrit en cas de convulsions liées à la fièvre chez l’enfant, de troubles bipolaires ou d’épilepsie. Ce médicament se présente sous diverses formes : en sirop, en comprimés et en solution buvable.

Un scandale qui commence en 2015

Gabriel Combris : “Une première famille dépose plainte contre ceux qui produisent la Dépakine, le laboratoire Sanofi. Leur avocat, qui défend une trentaine de famille contre ce laboratoire, dénonce les prescriptions jusqu’en 2010 alors que les effets secondaires étaient connus en 1980.”

Sanofi et l’Agence nationale du médicament ont fait preuve d’une faible réactivité concernant ce médicament qui présentait des risques très importants pour les patientes enceintes (malformations congénitales, retards chez l’enfant, risque élevé d’autisme, …).

En 2020, l’agence du médicament et le laboratoire Sanofi sont mis en examen pour “homicides involontaires” rappelle Gabriel Combris.

Quels sont les résultats du procès ?

Le 5 janvier 2021, relate Gabriel Combris, Sanofi est jugé responsable d’un manque d’information sur les risques de la Dépakine. Suite à cette décision, le tribunal de Nanterre a condamné le laboratoire Sanofi, le jeudi 12 mai 2022, à verser 450 000 euros à une famille pour un manque d’information sur la notice.
Cette affaire est la première d’une longue série. En effet, une action de groupe a été lancée en 2017 par l’association Apesac (association d’Aide aux Parents d’Enfants souffrant du Syndrome de l’anti-convulsant ).
Suite à cette condamnation, Sanofi a déclaré qu’il comptait faire appel.

Gabriel Combris : Les prothèses mammaires de la société Poly Implant Prothèse (Pip)

Basée à La Seyne-sur-Mer dans le Var, on estime qu’entre 400 000 et 500 000 femmes ont porté des prothèses mammaires Pip dans le monde, dont 30 000 femmes en France. Cette affaire touche Gabriel Combris et lui donne la furieuse envie d’en savoir plus sur les questions de santé en France.

Un scandale international

La société Pip est épinglée par les autorités en 2010 pour avoir rempli ses prothèses mammaires avec du gel en silicone artisanal non-conforme par souci d’économie.
En 2021, soit 11 ans après, la cour d’appel de Paris vient enfin de trancher, engageant la responsabilité de la société de certification TÜV Rheinland. La marque allemande, se souvent Gabriel Combris, avait jusqu’ici rejeté la faute sur sa filiale française, expliquant avoir été trompée par Pip. TÜV Rheinland est donc condamné pour manquement aux obligations de vigilance et de contrôle.

Les poursuites pénales contre Pip ont été arrêtées

Le fondateur de Pip, Jean-Claude Mas, a été condamné à Marseille en 2013, puis en appel en 2016 à 75 000 euros ainsi que quatre ans de prison ferme pour tromperie aggravée et escroquerie. Malgré cette décision de justice, Jean-Claude Mas n’a passé que huit mois en prison. Il aura vendu près d’un million de prothèses mammaires Pip dans le monde. Pour autant, les poursuites contre son entreprise ont pris fin lorsque Jean-Claude Mas est mort en 2019.

Suivez Gabriel Combris : https://www.babelio.com/auteur/Gabriel-Combris/613660 et https://www.linkedin.com/in/gabriel-combris/

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Lifestyle

Accouchement à domicile : une femme de 32 ans meurt après, comprendre un drame rare, sans simplifier le débat

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Accouchement à domicile, comment éviter le drame

Une femme de 32 ans est décédée après avoir accouché à domicile, tandis que son bébé a survécu, selon plusieurs médias. Ce drame — rare en France — ne se résume pas à un fait divers : il oblige à parler de ce que “rare” veut dire en santé, de la continuité des soins, et des rapports de pouvoir qui traversent l’expérience d’accoucher.

Ce que l’on sait (et ce qu’on ne sait pas) de ce drame

Plusieurs médias rapportent le décès d’une femme de 32 ans survenu après un accouchement à domicile dans le département de l’Ain, fin avril 2026. D’après Le Parisien, les secours sont intervenus alors qu’elle était en arrêt cardio-respiratoire, puis elle a été transportée à l’hôpital de Mâcon où elle est décédée ; le nouveau-né est en bonne santé (Le Parisien). Ouest-France rapporte une chronologie similaire (intervention des pompiers et du Samu, transfert à l’hôpital, décès dans la nuit ; bébé vivant et “en bonne santé” au moment des faits) (Ouest-France).

Un point important, souvent écrasé par les commentaires “pour/contre” : selon Ouest-France, il ne s’agirait pas d’un accouchement “surpris” (bébé arrivé trop vite), mais d’un accouchement à domicile souhaité ; et le journal évoque une situation “non médicalisée mais avec une assistance”, en citant un quotidien régional (Ouest-France). La Dépêche mentionne également que le projet aurait fait l’objet d’un accompagnement, selon d’autres confrères de presse (La Dépêche).

Ce qu’on ne sait pas — et qu’il faut refuser d’inventer

Ni les causes médicales exactes, ni les détails du suivi (type précis d’accompagnement, antécédents, déroulé clinique) ne sont établis publiquement dans ces articles. Et c’est une ligne éthique : ne pas combler les “trous” par des suppositions, surtout lorsqu’il s’agit d’une mort maternelle. L’information utile, ici, n’est pas dans le sensationnel : elle est dans la compréhension des risques rares, de l’organisation des soins, et des conditions qui rendent un choix plus ou moins sécurisé.

“Très rare” : ce que cette formule cache souvent

Dire qu’un événement est “rare” en santé peut servir deux récits opposés — et tous les deux peuvent être trompeurs.

1) Rare ne veut pas dire insignifiant

Un risque rare peut être grave, surtout s’il survient vite et réclame une chaîne de secours parfaitement huilée. En obstétrique, le temps compte souvent : ce n’est pas “faire peur” que de le rappeler, c’est décrire une réalité organisationnelle. L’enjeu n’est pas de dramatiser l’accouchement : c’est de ne pas le réduire à un moment “naturel donc toujours simple”, ni à un “danger permanent” qui justifierait toutes les intrusions.

2) Rare ne veut pas dire impossible — mais notre cerveau a du mal avec ça

La perception du risque est sensible au contexte : quand un drame fait la une, on a l’impression qu’il “arrive partout”. À l’inverse, quand un événement est très peu fréquent, on peut se dire qu’il n’est pas nécessaire d’y penser — alors même qu’un plan de prévention peut être simple (anticiper un transfert, savoir qui appeler, ne pas rester seule avec une inquiétude).

3) Pourquoi en parler, alors ?

Parce que ce type de drame agit comme un révélateur : il oblige à poser des questions de continuité des soins (avant, pendant, après), de confiance accordée à la parole des femmes, et d’inégalités territoriales. Dans beaucoup de familles, la décision ne se prend pas seulement “par préférence”, mais aussi faute de place, faute d’écoute, faute de temps : quand on a déjà eu le sentiment d’être infantilisée ou pressée, on cherche un espace où respirer. Le problème, c’est quand le système laisse croire qu’il faut choisir entre respect et sécurité — comme si les deux ne devaient pas aller ensemble.

Accouchement à domicile en France : pratique marginale, réalités concrètes

Les chiffres cités par plusieurs médias convergent : l’accouchement à domicile reste très minoritaire en France.

  • Le Parisien rapporte qu’une étude de l’Insee (2016) indique 0,6 % des naissances en dehors d’un hôpital ou d’une maternité cette année-là, soit environ 5 000 naissances sur 784 000 (Le Parisien).
  • La Dépêche cite les mêmes ordres de grandeur (Insee 2016 : 0,6 %, environ 5 000 naissances hors établissement sur 784 000) et ajoute que, dans 9 cas sur 10, les parents auraient bénéficié de l’assistance d’un médecin ou d’une sage-femme (La Dépêche).
  • Parents.fr avance, de son côté, qu’ils ont représenté environ 0,6 % des accouchements en 2024, en s’appuyant sur des données issues du PMSI (Parents.fr).

Accouché “chez soi” ne veut pas dire “sans soins”

Une confusion fréquente pollue le débat : on mélange accouchement à domicile accompagné et accouchement non accompagné. Or, les articles rappellent qu’une grande partie de ces naissances hors établissement se fait avec une assistance (souvent une sage-femme, parfois un médecin, selon les cas), et qu’un plan de transfert peut être prévu (Le Parisien, Parents.fr).

Parents.fr décrit ce cadre comme destiné à des grossesses “à bas risque”, évaluées en amont, avec suivi régulier, matériel adapté le jour J, et préparation d’un plan B en cas de complication (Parents.fr). Là encore : ce sont des éléments de cadrage général. Ils ne permettent pas de conclure ce qui s’est passé dans ce drame précis.

Une histoire longue, un présent fragile

Le Parisien rappelle aussi qu’en 1950, 45 % des accouchements avaient lieu à domicile, selon l’Association professionnelle de l’accouchement accompagné à domicile (APAAD) (Le Parisien). Ce basculement historique dit quelque chose : la sécurité obstétricale a aussi été pensée à travers l’hôpital — mais ça ne doit pas rendre invisibles les enjeux d’accueil, d’écoute, de consentement, ni les réalités territoriales.

Ce qui peut basculer vite : comprendre les urgences sans faire peur

Parler d’urgence obstétricale, ce n’est pas transformer la grossesse en compte à rebours anxieux. C’est accepter une vérité simple : même quand tout semble aller bien, des complications post-partum ou péripartum peuvent survenir de manière rapide et nécessiter des gestes et des ressources qui ne sont pas toujours disponibles à domicile.

Parents.fr rappelle, de façon grand public, que certaines urgences (par exemple une hémorragie ou un arrêt cardio-respiratoire) peuvent nécessiter une intervention hospitalière immédiate, d’où l’importance d’un plan de transfert (Parents.fr).

La Voix du Nord cite une prise de position de la présidente du Collège national des gynécologues et obstétriciens français (CNGOF), Joëlle Belaïsch-Allart, mettant l’accent sur la difficulté de “tenir” certaines situations critiques à domicile “le temps qu’arrive le SAMU” (La Voix du Nord). Ce n’est pas une condamnation morale des choix : c’est un rappel sur la chaîne de soins.

Dans le même article, La Voix du Nord rapporte aussi qu’une enquête de l’APAAD (relayée par la presse) soutient que, pour des femmes “à bas risque”, certaines complications sévères seraient moins fréquentes à domicile ; c’est un élément à manier avec prudence, car il dépend beaucoup de la sélection des profils et de l’organisation des transferts (La Voix du Nord). Autrement dit : la discussion sérieuse n’est pas “domicile vs hôpital” — c’est dans quelles conditions, avec quelle continuité, pour quels profils, et avec quel filet de sécurité.

Repères utiles (information, pas diagnostic)
Cet article ne remplace pas un avis médical. En cas de doute, contactez un·e professionnel·le qui vous suit. En cas d’urgence, appelez immédiatement les secours (en France : 15 / 112).
De manière générale, après un accouchement (à domicile ou en structure), il est recommandé de ne pas banaliser :

  • un malaise important ou une aggravation brutale de l’état général ;
  • des saignements inhabituels ou qui inquiètent ;
  • une douleur intense, un essoufflement, une sensation de “ne pas aller bien” ;
  • une fièvre ou des signes d’infection qui s’installent ;
  • toute situation où “quelque chose cloche”, même si on n’arrive pas à le nommer.
    Le bon réflexe n’est pas de “tenir” seule : c’est d’appeler et d’être accompagnée.

Choix, consentement, système : la question politique derrière l’intime

Ce drame est rare, mais les tensions qu’il révèle sont, elles, très fréquentes : qui décide ? qui est cru·e ? dans quels lieux se sent-on respectée ? et que fait-on quand on vit loin d’une maternité ou qu’on a déjà vécu une expérience de soins humiliante ?

Autonomie : un mot qui se gagne dans des conditions inégales

L’autonomie n’est pas une posture individuelle “hors système”. Elle se construit dans un paysage de contraintes : disponibilité des maternités, relations avec les équipes, accès à une sage-femme, possibilité de se déplacer, présence d’un entourage, maîtrise de la langue, statut administratif, précarité. Sur le papier, “choisir” semble simple. Dans la vraie vie, il y a des choix qui se font sous pression, et d’autres qui se font faute d’alternative perçue.

Et c’est là que les débats deviennent vite violents. Dans l’espace public, certaines personnes utilisent un drame pour dire : “elle l’a cherché”. C’est du victim-blaming — et ça ne protège personne. À l’inverse, d’autres discours idéalisent le domicile au point d’invisibiliser les urgences. Or l’objectif, si on est sérieux, est double : respect et sécurité.

Sur Fais pas genre, on a déjà questionné la façon dont les récits dominants pèsent sur les décisions et la confiance accordée aux personnes qui accouchent : à relire, notre article sur les discours et intérêts autour de l’accouchement, à prendre pour ce qu’il est (un texte d’angle, pas un protocole médical) : “Accouchement : la vérité cachée…”.

La confiance (ou son absence) ne tombe pas du ciel

Quand des femmes racontent avoir été peu écoutées, infantilisé·es, ou pressées dans le suivi, ce n’est pas un “caprice”. C’est une expérience qui pèse sur la suite : la prochaine fois, on anticipe le conflit, on cherche un espace “à soi”, on s’informe autrement. Cette question de la crédibilité accordée aux vécus féminins traverse d’autres moments de santé : au travail, à la ménopause, dans les parcours chroniques.

Deux lectures utiles pour élargir la focale :

Sécurité perçue vs sécurité réelle : l’angle mort

Il faut pouvoir le dire sans mépris : se sentir en sécurité (chez soi, entourée, apaisée) n’est pas la même chose qu’être en sécurité au sens des ressources disponibles en urgence. Et, inversement, être dans un lieu techniquement équipé ne garantit pas toujours de se sentir respectée. Le défi collectif, c’est de rapprocher ces deux sécurités — pas de les opposer.

Comment décider sans se mentir : questions à se poser et filet de sécurité

Un bon choix, en périnatalité, n’est pas un choix “pur”. C’est un choix informé, situé, et sécurisé — avec un plan qui tient compte du réel (trajet, disponibilité des pros, météo, fatigue, imprévus).

Voici une trame de questions (à discuter avec la ou les personnes qui vous suivent) — non pas pour vous tester, mais pour construire un filet de sécurité :

  1. Qui m’accompagne, et avec quel niveau de disponibilité ? (avant, pendant, après)
  2. Quel est mon profil de grossesse tel qu’évalué par un·e pro ? (et qu’est-ce qui ferait changer cette évaluation ?)
  3. Quel est le plan de transfert concret ? (où, comment, avec qui, en combien de temps, à quel moment on décide de partir ?)
  4. Qui appelle les secours si nécessaire, et comment ? (téléphone chargé, adresse claire, consignes partagées)
  5. Quelle continuité post-partum est prévue ? (visites, contacts, relais si vous n’allez pas bien)
  6. Comment je veux être traitée, et comment je le formule ? (projet de naissance, consentement, limites)
  7. Qu’est-ce qui, pour moi, relève du non négociable : l’intimité, la gestion de la douleur, la présence de proches, le lieu ?
  8. Et si tout se passe bien, qui s’occupe de quoi après ? (repos, repas, enfants aînés, charge mentale)

Ce qu’on peut faire quand on hésite entre domicile et structure

  • Demander un temps d’échange dédié (et pas “entre deux”) avec une sage-femme ou une équipe, pour poser vos questions sans être jugée.
  • Mettre par écrit ce qui vous a manqué ou blessée dans un précédent accouchement : parfois, ce n’est pas “l’hôpital” le problème, mais l’absence de consentement, de temps, de choix.
  • Construire un plan B réaliste (trajet, personne ressource, documents, organisation familiale).
  • Chercher la continuité : être suivie par une personne ou une équipe qui vous connaît, autant que possible.
  • Ne pas rester seule avec des informations contradictoires : croiser les points de vue, demander qu’on vous explique les raisons (pas juste “c’est comme ça”).

À retenir (résumé utile, 6–8 lignes)

Ce drame rapporté par la presse (décès d’une femme de 32 ans après un accouchement à domicile ; bébé vivant) appelle d’abord au respect et à l’humilité (Le Parisien, Ouest-France).
“Rare” ne signifie ni “anodin” ni “impossible” : en obstétrique, certaines urgences exigent une réponse rapide.
L’accouchement à domicile est marginal en France (souvent autour de 0,6 % selon les chiffres cités), et lorsqu’il est accompagné, il repose sur une sélection de situations et sur un plan de transfert (Le Parisien, Parents.fr).
Le vrai sujet, au-delà du “pour/contre”, c’est la continuité de soins, l’accès, l’écoute et le consentement.
Cet article informe : en cas d’inquiétude ou d’urgence, contactez des professionnel·les / appelez les secours.

FAQ — Accouchement à domicile (5 questions)

1) Un accouchement à domicile, c’est forcément “sans assistance” ?

Non. Les articles citent qu’une grande partie des naissances hors établissement se fait avec l’assistance d’un·e professionnel·le (souvent sage-femme ou médecin) ; dans le cas rapporté, la presse évoque une assistance mais sans en détailler précisément la forme (Le Parisien, Ouest-France).

2) Quelle est la fréquence de l’accouchement à domicile en France ?

La presse cite des chiffres bas : autour de 0,6 % (Insee 2016 pour les naissances hors établissement, et Parents.fr évoque aussi 0,6 % en 2024 via PMSI) (Le Parisien, Parents.fr).

3) Pourquoi un “drame rare” mérite-t-il d’être discuté ?

Parce que “rare” ne signifie pas “sans enjeu”. Une issue grave, même peu fréquente, interroge l’organisation des secours, les plans de transfert, et la continuité des soins — sans que cela justifie de juger les personnes.

4) Qu’est-ce qu’une urgence obstétricale, au sens large ?

C’est une situation où l’état de la mère (ou du bébé) nécessite une prise en charge rapide. Les articles grand public rappellent que certaines complications peuvent être brutales et nécessiter une intervention hospitalière, d’où l’importance d’anticiper un transfert (Parents.fr).

5) Comment éviter le piège “hôpital = bien / domicile = mal” (ou l’inverse) ?

En se centrant sur les conditions : accompagnement, sélection des situations, distance à une maternité, plan B, qualité de l’écoute et du consentement. Le débat devient plus juste quand il parle d’accès aux soins et de pouvoir dans la naissance, pas de morale.

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Actualité

Ménopause au travail : ces 25 propositions qui vont changer la donne

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Ménopause au travail : ces 25 propositions qui vont changer la donne

14 millions de femmes françaises sont concernées par la ménopause, mais le monde professionnel reste largement sourd à cette réalité. Le rapport remis au gouvernement en avril 2025 pourrait bien révolutionner la prise en compte de cette étape de vie au bureau.

17,2 millions de femmes de plus de 45 ans sont d’ores-et-déjà concernées par la ménopause en France. Chaque année, ce sont 500 000 femmes qui entrent progressivement dans la ménopause La ménopause : s’informer et en parler – Ministère du Travail, de la Santé, des Solidarités et des Familles. Pourtant, ce bouleversement physiologique majeur reste un angle mort des politiques d’entreprise. Un rapport parlementaire révolutionnaire pourrait changer cette réalité.

Un rapport qui brise enfin le silence

Dans un rapport dévoilé le 9 avril 2025, la députée Stéphanie Rist a présenté 25 recommandations devant aboutir, à l’horizon 2026, à une meilleure prise en compte de la ménopause dans le monde du travail Ménopause : 10 nouvelles propositions pour améliorer sa prise en compte au travail | Éditions Tissot. Ce document inédit marque un tournant dans l’approche institutionnelle d’un sujet longtemps tabou.

La ménopause, qui concerne plus de 17 millions de femmes en France, est encore trop souvent perçue comme un sujet intime, voire honteux Ménopause : 10 nouvelles propositions pour améliorer sa prise en compte au travail – Santé au Travail 72. Cette omerta professionnelle a des conséquences dramatiques : 87 % des femmes ressentent des symptômes liés à la ménopause, parfois très invalidants, comme les bouffées de chaleur, les douleurs articulaires, les troubles cognitifs ou encore la fatigue chronique Ménopause : 10 nouvelles propositions pour améliorer sa prise en compte au travail – Santé au Travail 72.

Des chiffres qui révèlent l’ampleur du déni

Les statistiques révèlent une réalité saisissante. Une femme sur deux estime que la ménopause a un impact sur sa vie professionnelle. Au Royaume-Uni, 10 % des femmes disent avoir quitté leur emploi pour cette raison Ménopause : 10 nouvelles propositions pour améliorer sa prise en compte au travail – Santé au Travail 72. En France, les données manquent encore, mais les témoignages convergent vers la même réalité.

94 % des femmes de 45 à 50 ans sont touchées par au moins un symptôme de la ménopause ; 73 % d’entre elles le sont encore entre 61 et 65 ans Santé des femmes au travail : des maux invisibles – Le rapport – Sénat, selon une étude du Gemvi (Groupe d’Etude sur la Ménopause et le Vieillissement hormonal). Des chiffres qui démontrent l’urgence d’agir dans le monde professionnel.

Les 25 propositions décryptées : révolution en marche

Axe 1 : Mesurer pour agir

Le rapport propose un plan structuré autour de trois priorités : chiffrer, former et adapter Ménopause : 10 nouvelles propositions pour améliorer sa prise en compte au travail – Santé au Travail 72. La première mesure phare ? Chiffrer le coût économique de la ménopause. Une estimation nationale serait un levier puissant de sensibilisation pour les employeurs Ménopause : 10 nouvelles propositions pour améliorer sa prise en compte au travail – Santé au Travail 72.

Cette approche économique vise à sortir la ménopause de la sphère purement médicale pour en faire un enjeu de performance collective. D’après les retours terrain de professionnels parisiens spécialisés dans l’accompagnement des transitions de carrière, cette donnée manquante freine considérablement la sensibilisation des directions d’entreprise.

Axe 2 : Former et informer

Créer un guide “Ménopause sur le lieu de travail”. Destiné aux managers et aux salariés, ce guide intégrera des outils pratiques, des exemples d’aménagements, et des conseils pour adapter les conditions de travail Ménopause : 10 nouvelles propositions pour améliorer sa prise en compte au travail – Santé au Travail 72.

La formation constitue le nerf de la guerre. Nommer des ambassadeurs “Ménopause et emploi”. Ils auront pour mission de promouvoir le sujet dans les grandes entreprises et les services publics Ménopause : 10 nouvelles propositions pour améliorer sa prise en compte au travail – Santé au Travail 72. Cette mesure s’inspire des réussites observées dans la lutte contre le harcèlement sexuel au travail.

Axe 3 : Adapter concrètement le travail

Les propositions les plus révolutionnaires concernent l’adaptation immédiate des conditions de travail. Encourager l’adaptation des postes de travail. Climatisation, accès à l’eau, flexibilité horaire, télétravail : autant de solutions à mettre en œuvre localement Ménopause : 10 nouvelles propositions pour améliorer sa prise en compte au travail – Santé au Travail 72.

Adapter le mobilier de bureau selon les recommandations du GEMVI. Pour prévenir la sédentarité et les troubles musculosquelettiques aggravés par la ménopause Ménopause : 10 nouvelles propositions pour améliorer sa prise en compte au travail – Santé au Travail 72. Cette mesure technique révèle une approche globale de la santé féminine au travail.

Révolution dans le suivi médical

Intégrer la ménopause à la visite médicale de mi-carrière (45 ans). Cette mesure a déjà été reprise par la ministre du Travail, Catherine Vautrin Ménopause : 10 nouvelles propositions pour améliorer sa prise en compte au travail – Santé au Travail 72. Cette évolution marque une reconnaissance institutionnelle majeure.

La proposition de loi envisage, en tout premier lieu, de faire doublement évoluer les modalités de réalisation de la visite médicale de mi-carrière Proposition de loi visant à améliorer la sensibilisation et la prévention de la ménopause : les mesures intéressant les salariées et les entreprises | Éditions Tissot. Concrètement, cet examen médical est réalisé, en l’absence de disposition conventionnelle et sauf exception, durant l’année civile du 45e anniversaire du salarié Proposition de loi visant à améliorer la sensibilisation et la prévention de la ménopause : les mesures intéressant les salariées et les entreprises | Éditions Tissot.

Cette visite évoluée permettrait de faire un état des lieux de l’adéquation entre le poste de travail et l’état de santé du salarié ; sensibiliser le salarié aux enjeux du vieillissement au travail et sur la prévention des risques professionnels Proposition de loi visant à améliorer la sensibilisation et la prévention de la ménopause : les mesures intéressant les salariées et les entreprises | Éditions Tissot, ménopause comprise.

L’expérimentation révolutionnaire de l’arrêt gynécologique

La mesure la plus audacieuse concerne l’expérimentation d’un arrêt de travail au bénéfice des salariées touchées par des symptômes incapacitants liés à la ménopause Proposition de loi visant à améliorer la sensibilisation et la prévention de la ménopause : les mesures intéressant les salariées et les entreprises | Éditions Tissot. Le texte autorise l’État à instaurer, pour une durée maximale de 3 ans et dans un périmètre limité à 3 régions, un arrêt de travail Proposition de loi visant à améliorer la sensibilisation et la prévention de la ménopause : les mesures intéressant les salariées et les entreprises | Éditions Tissot spécifique.

Cette expérimentation s’inspire des modèles européens avancés. Si certaines entreprises ont déjà mis en place des mesures, comme des jours de congé supplémentaires, cette proposition de loi pourrait renforcer la reconnaissance des enjeux liés à la ménopause en entreprise Ménopause et travail : vers une meilleure prévention en entreprise ?.

Collecte de données : vers des statistiques genrées

Produire des statistiques genrées et par tranche d’âge sur la santé au travail. Un outil indispensable pour piloter des politiques plus inclusives Ménopause : 10 nouvelles propositions pour améliorer sa prise en compte au travail – Santé au Travail 72. Cette mesure technique révèle une lacune criante : l’absence de données spécifiques sur la santé des femmes au travail selon leur cycle de vie.

Les entreprises pionnières commencent à s’organiser. Quelques entreprises ont toutefois expérimenté, à la marge, des actions sur la ménopause, généralement dans le cadre d’un congé menstruel ou d’une évolution des conditions de travail (ex : télétravail, accès à l’eau, régulation de la température, etc.) Ménopause : 10 nouvelles propositions pour améliorer sa prise en compte au travail | Éditions Tissot.

Un cadre juridique en construction

Offrir un cadre juridique aux collectivités expérimentant un “congé ménopause”. Bien que non proposé comme mesure généralisée, ce congé pourrait être testé à l’échelle locale Ménopause : 10 nouvelles propositions pour améliorer sa prise en compte au travail – Santé au Travail 72. Cette approche pragmatique évite l’écueil de la généralisation immédiate tout en ouvrant la voie à l’innovation sociale.

Dans les 6 mois précédant l’issue de cette expérimentation, le Gouvernement devrait alors remettre au Parlement une évaluation sur les résultats obtenus et sur l’opportunité de pérenniser ce dispositif Proposition de loi visant à améliorer la sensibilisation et la prévention de la ménopause : les mesures intéressant les salariées et les entreprises | Éditions Tissot.

Résistances et défis à surmonter

Malgré ces avancées, des résistances persistent. Les organisations syndicales et patronales, lorsqu’elles consentent à investir le sujet, peinent à adopter une position claire et précise Ménopause : 10 nouvelles propositions pour améliorer sa prise en compte au travail | Éditions Tissot. Cette frilosité révèle l’ampleur du chemin à parcourir.

Le rapport met toutefois en avant que parmi ces entreprises, 28 selon la Direction Générale du Travail, seule l’une d’entre elles s’est attachée à aborder les spécificités de la ménopause Ménopause : 10 nouvelles propositions pour améliorer sa prise en compte au travail | Éditions Tissot. Un chiffre qui révèle l’immaturité du sujet dans le monde entrepreneurial.

Impact sur la carrière des femmes

Les enjeux dépassent la seule dimension sanitaire. Dans la mesure où les symptômes péri-ménopausiques et ménopausiques touchent une très large majorité de femmes en âge de travailler, ils peuvent avoir des conséquences négatives sur la qualité de vie des femmes au travail Santé des femmes au travail : des maux invisibles – Le rapport – Sénat.

Cette réalité questionne l’égalité professionnelle. Tout professionnel de santé devrait donc avoir suivi une formation requise sur la ménopause et savoir que ces symptômes climatériques peuvent affecter le bien-être et les capacités au travail avec, en conséquence, parfois la nécessité d’une adaptation transitoire des conditions de travail Santé des femmes au travail : des maux invisibles – Le rapport – Sénat.

Perspectives internationales : la France rattrape son retard

S’inspirant des réussites constatées à l’étranger, et notamment au Royaume-Uni, le rapport formule 10 recommandations destinées à améliorer la prise en compte de la ménopause en milieu professionnel Ménopause : 10 nouvelles propositions pour améliorer sa prise en compte au travail | Éditions Tissot. Cette approche comparative révèle le retard français sur le sujet.

Le Royaume-Uni fait figure de modèle avec des entreprises comme Marks & Spencer ou la BBC qui ont développé des politiques spécifiques depuis 2019. L’Australie expérimente depuis 2023 des congés ménopause dans la fonction publique.

Soutien syndical : une reconnaissance progressive

L’UNSA accueille favorablement ces deux annonces qui doivent permettre de mieux comprendre ce que vivent les femmes. À terme, ces enseignements devront se traduire par des mesures concrètes et facilitatrices Ménopause : un enjeu de santé et de conditions de travail – UNSA TPE. Cette position syndicale marque une évolution significative.

Favoriser la prise en compte de la ménopause repose aussi sur des environnements de travail favorables (tenues de travail adaptées, locaux ventilés, etc.) et sur une adaptation de l’organisation du travail (accès facilité au télétravail, horaires aménagés, ajustement de la charge de travail, etc.) Ménopause : un enjeu de santé et de conditions de travail – UNSA TPE.

Défis médicaux : vers une meilleure formation

Un défi majeur demeure : la formation des professionnels de santé. Le rapport souligne que 54,1 % des femmes souhaiteraient pouvoir consulter un gynécologue durant la période de ménopause, mais que le nombre de praticiens ne permet plus de répondre à cette demande (1 517 gynécologues en activité en 2023 contre 3 615 en 2012) Ménopause : un enjeu de santé et de conditions de travail – UNSA TPE.

Cette pénurie médicale rend d’autant plus cruciale l’adaptation du monde du travail aux réalités de la ménopause.

L’agenda politique : une fenêtre d’opportunité

La proposition de loi déposée par la députée Lingemann a été renvoyée à la commission des affaires sociales de l’Assemblée nationale et sera examinée à une date qui reste encore à arrêter Proposition de loi visant à améliorer la sensibilisation et la prévention de la ménopause : les mesures intéressant les salariées et les entreprises | Éditions Tissot. L’agenda parlementaire déterminera la rapidité de mise en œuvre de ces mesures.

Le ministère du Travail, de la Santé, des Solidarités et des Familles a reçu, le mercredi 9 avril 2025, le rapport de la mission parlementaire sur la ménopause La ménopause : s’informer et en parler – Ministère du Travail, de la Santé, des Solidarités et des Familles, marquant une prise en compte institutionnelle inédite.

Révolution culturelle en marche

Au-delà des mesures techniques, c’est une révolution culturelle qui s’amorce. L’objectif : faire de la ménopause un sujet structurant des politiques de santé publique et de qualité de vie au travail Ménopause : 10 nouvelles propositions pour améliorer sa prise en compte au travail – Santé au Travail 72.

Multiples sont donc les symptômes de la ménopause susceptibles d’impacter la santé physique et mentale des salariées (ex : bouffées de chaleur, douleurs articulaires, troubles cognitifs). Faire évoluer leur environnement de travail, en améliorant leur prise en compte, constitue donc une voie à prioriser Ménopause : 10 nouvelles propositions pour améliorer sa prise en compte au travail | Éditions Tissot.

Vers 2026 : une transformation attendue

Le rapport recommande également l’organisation d’Assises de la ménopause, rassemblant professionnels, entreprises et institutions, et l’intégration du sujet au Plan Santé au Travail 5 (PST5) Ménopause : 10 nouvelles propositions pour améliorer sa prise en compte au travail – Santé au Travail 72. Ces échéances dessinent une feuille de route ambitieuse.

Pour 14 millions de femmes françaises, l’année 2025 pourrait marquer le début d’une reconnaissance professionnelle attendue depuis trop longtemps. Entre révolution culturelle et adaptation pragmatique, ces 25 propositions dessinent les contours d’un monde du travail enfin inclusif à tous les âges de la vie féminine.


Cette analyse s’appuie sur le rapport parlementaire de Stéphanie Rist remis en avril 2025 et les propositions de loi en cours d’examen. Pour un accompagnement spécialisé des entreprises dans la prise en compte des enjeux de santé féminine au travail, consulter les ressources professionnelles spécialisées.

Sources : Rapport parlementaire Stéphanie Rist (avril 2025), Assemblée nationale, Ministère du Travail, études Gemvi, données gouvernementales 2025.

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Accouchement : la vérité cachée que l’industrie médicale ne veut pas vous dire

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La France connaît sa plus grave crise démographique depuis 1946 avec seulement 678 000 naissances en 2023. Mais derrière cette chute spectaculaire se cache une réalité que peu osent aborder : l’industrialisation massive de la naissance qui transforme l’un des processus les plus naturels au monde en procédure médicale standardisée.

Les chiffres sont alarmants. En moins de dix ans, le taux de natalité français s’est effondré, passant de 2,03 enfants par femme en 2010 à 1,68 en 2023. Parallèlement, les interventions médicales lors des accouchements explosent : césariennes, péridurales systématiques, déclenchements artificiels. Une coïncidence ?

L’accouchement, devenu produit industriel

“On ne respecte pas les besoins de base d’une femme qui accouche”, dénonce Fanny Agostini, journaliste environnementale et mère de deux enfants qu’elle a mis au monde sans péridurale. “Nous restons malgré tout des mammifères et il y a un certain nombre de paramètres qui ne sont pas respectés.”

L’ancienne présentatrice de Thalassa, qui prépare un documentaire sur l’industrialisation de la naissance, établit un parallèle saisissant avec l’élevage industriel : “Il y a des races bovines qui ne peuvent plus mettre bas sans l’intervention du vétérinaire. Les bleus blancs belges, hyper sélectionnées, on peut compter le nombre de vêlages en fonction du nombre de cicatrices sur leur ventre.”

Cette comparaison n’est pas anecdotique. Elle interroge sur l’évolution d’une espèce qui délègue progressivement ses fonctions biologiques fondamentales à la technologie.

Les besoins physiologiques oubliés

Les recherches en naissance physiologique montrent que l’accouchement nécessite des conditions spécifiques pour se dérouler naturellement. L’obscurité favorise la sécrétion d’ocytocine, l’hormone des contractions, qui fonctionne en synchronicité avec la mélatonine.

“Avoir des néons au-dessus de la tête inhibe le processus physiologique de l’accouchement”, explique Fanny Agostini. De même, les interruptions constantes – monitoring, questions du personnel médical – empêchent la femme d’accéder à l’état de conscience modifié nécessaire à l’accouchement naturel.

“Le problème, c’est que parler à une femme qui accouche, il n’y a rien de pire. Elle devrait être sur le reptilien, en mode automatique”, poursuit-elle. Ces pratiques génèrent du stress, qui inhibe à son tour la sécrétion d’ocytocine, créant un cercle vicieux d’interventions médicales.

Le microbiote en danger

Au-delà du processus d’accouchement lui-même, c’est la santé environnementale du nouveau-né qui est en jeu. Le microbiote intestinal, désormais reconnu comme le “deuxième cerveau”, se constitue lors du passage dans le vagin maternel.

“Il n’y a pas du tout le même type de microbiote suivant que l’accouchement se soit fait par voie basse ou par césarienne”, souligne la journaliste. “C’est vraiment le top départ de la bonne santé, et le microbiote se constitue dans ses premiers instants.”

Les études scientifiques confirment cette observation : les enfants nés par césarienne présentent des risques plus élevés d’allergies, d’asthme et de troubles du système immunitaire. Or, le taux de césariennes en France atteint désormais 21%, bien au-delà des recommandations de l’OMS (10-15%).

L’effet de génération

Cette médicalisation systématique crée un effet de génération inquiétant. Les femmes ayant vécu des accouchements médicalisés transmettent leurs appréhensions à leurs filles, normalisant l’idée qu’accoucher nécessite obligatoirement des interventions médicales.

“On crée des accouchements longs et traumatiques à la fois pour la femme et pour le bébé”, observe Fanny Agostini. Cette spirale s’auto-entretient : plus les accouchements sont médicalisés, plus ils deviennent compliqués, justifiant alors davantage d’interventions.

Le modèle économique hospitalier

Derrière cette industrialisation se cache une réalité économique. Les hôpitaux, sous pression budgétaire, optimisent les “flux” de patientes. Un accouchement naturel peut durer 12 heures ou plus, tandis qu’une césarienne programmée se déroule en 45 minutes.

La péridurale, systématiquement proposée, immobilise la parturiente et facilite la surveillance médicale, mais perturbe les mécanismes physiologiques naturels. “Ne pas vouloir vivre ce moment et avoir mal pendant quelques heures, la résultante c’est avoir des soucis derrière au plus long terme”, prévient la journaliste.

Un retour aux sources nécessaire

Face à cette dérive, des voix s’élèvent pour promouvoir un retour à un accouchement plus respectueux de la physiologie. Les maisons de naissance, autorisées en France depuis 2013, proposent un accompagnement moins interventionniste pour les grossesses à bas risque.

L’enjeu dépasse le cadre médical pour toucher à l’évolution même de notre espèce. “Quel est l’avenir d’une espèce qui ne peut plus mettre au monde ses enfants naturellement ?”, interroge Fanny Agostini.

Cette question résonne particulièrement alors que la France peine à renouveler ses générations. Peut-être est-il temps de se demander si la sur-médicalisation de la naissance ne contribue pas, paradoxalement, à la désaffection pour la maternité.

Les pistes de changement

Plusieurs pays européens montrent l’exemple. Aux Pays-Bas, 30% des accouchements se déroulent à domicile avec des sages-femmes. Le Royaume-Uni développe les “birthing centers”, structures intermédiaires entre domicile et hôpital.

En France, l’évolution passe par la formation des professionnels de santé aux besoins physiologiques de l’accouchement et par l’information des futures mères sur les alternatives possibles. L’enjeu est de taille : redonner aux femmes le pouvoir sur leur accouchement et, par extension, sur leur maternité.

Car au-delà des considérations médicales, c’est peut-être dans ce retour à la confiance en la capacité naturelle des femmes à donner la vie que se trouve une partie de la solution à la crise démographique française.


Fanny Agostini prépare actuellement un documentaire sur l’industrialisation de la naissance. Journaliste spécialisée en environnement, elle défend une approche holistique de la santé humaine, intégrant les dimensions écologiques et physiologiques.

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