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Genre et communication

Le règne de la binarité des genres s’achève au monde de la Mode

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Récemment, en parcourant le site Asos à la recherche d’un basique, un tee-shirt blanc, j’ai découvert la collection Collusion. Pour présenter le produit, une femme et un homme portant tous deux le tee-shirt. La description précise “tee-shirt unisexe”. C’est ainsi, que j’ai découvert l’existence de collections non-genrées, unisexes basées sur le mouvement no gender. Devenu de plus en plus populaire, la mode s’est emparé du concept. On le retrouve ainsi au sein de nombreuses collections non genrées visant à faire disparaître les codes des genres et à renverser une opposition mode féminine / mode masculine devenue désuète.

Qu’est-ce que le No gender ?

No Gender, Agender, Genderless, Neutral Gender, Gender Fluid, Fluidité des genres ou Non-genré en bon français, il existe de nombreuses nuances pour définir ce phénomène. Cela traduit la complexité de la question de l’identité de genre, une question contemporaine qui fait couler beaucoup d’encre mais auquel le romancier Jeffrey Eugenides a su répondre :

« Le sexe est biologique. Le genre est culturel. »

A eux seuls, ces quelques mots peuvent résumer le concept de No gender. Un concept pouvant à la fois désigner des personnes gender fluid, – qui passent d’un genre à l’autre en permanence – et des personnes gender neutral – qui n’ont pas de genre défini ou ne veulent pas en définir.

Ainsi, le no gender est un mouvement en pleine croissance grâce à une nouvelle génération qui prône plus de liberté et d’individualisation au sein de la société. Ni dans la provocation ou la revendication, les adeptes du no gender prônent une volonté d’être soi-même et surtout, d’être bien dans sa peau et dans ses vêtements.

Le style avant le genre

Dans le domaine de la mode, le no gender correspond simplement à un dressing neutre, des rayons de magasins communs, dans lesquels les deux sexes majoritaires peuvent piocher pour s’habiller. En résumé, c’est simplement l’image d’une femme qui emprunte la chemise ou le sweat d’un homme. Il ne s’agit pas d’habiller un sexe, mais un être humain libre de définir sa propre identité.

Dans la mode, les genres et leurs frontières ont toujours été représentés avec un certain flou, on peut citer l’androgynie des podiums par exemple. Ainsi, fidèle à sa capacité à capter les tendances du moment, on a vu le no gender s’affirmer de plus en plus dans ce domaine à travers, des défilés, des campagnes de publicité, des célébrités et la création de nouvelles marques ou collections.

L’objectif du mouvement est de destituer le sexisme modeux et s’extirper de la division marketing arbitraire Homme/Femme. A travers cette mutation, c’est aussi de la place des hommes et des femmes dont il est question. Il s’agit d’évoluer vers une société plus égalitaire, moins « genrée ».

Le no gender, une nouvelle tendance ?

Le concept en lui-même n’a rien d’inédit, plusieurs générations de créateur.rice.s ont déjà fait du no gender sans pour autant utiliser ce terme précis. On peut citer le style garçonne de Coco Chanel, la modernité des smokings pour femme d’Yves Saint Laurent ou encore la jupe pour homme Dior. En 1985, Eram dans son spot “C’est là la question” posait déjà la question du genre en mettant en scène des hommes en jupes. L’idée n’est donc pas nouvelle, en revanche les propositions le sont.

La première collection no gender est arrivée en 2013 grâce à Rad Hourani, tout premier créateur à proposer une collection couture unisexe. Depuis, les marques adoptent le no gender, transformant cette gestuelle spontanée et individuelle en argument commercial. D’ailleurs, certaines de ces marques ont été accusées d’exploiter ce mouvement pour faire parler d’elles plutôt que par conviction.

Face à l’apparition de cette nouvelle tendance, certaines marques grand public comme Zara, H&M et Asos lancent alors de petite lignes unisexes afin de tester le marché.

Par exemple, la collection “Ungendered” de Zara intègre une quinzaine d’articles basiques, comme des sweats ou des tee-shirts. Cependant, elle n’a pas su convaincre la jeune génération. Cette dernière salue l’initiative mais reproche à la marque une prise de risques minime et même une certaine hypocrisie. En effet, les internautes reprochent à Zara de ne proposer que des pièces habituellement « masculines » mais que les femmes se permettent déjà de porter au quotidien. Aucune pièce plus « féminine » n’est proposée (coupe, matières fluides, couleurs, finitions).

A l’instar de Zara, la collection Collusion, elle aussi ne prend pas de grands risques. Cette nouvelle collection d’ASOS, destinée à la génération Z , les 16-24 ans, se veut non genrée et inclusive, avec des tailles allant jusqu’au XXXL. Cependant, toutes les pièces de la collection ne sont pas unisexes et les pièces unisexes restent des “basiques” que l’on a tou.te.s déjà piqué au rayon du sexe opposé, des sweats, des tee shirts, des écharpes ou des vestes.

Du smoking, au sweatshirt, en passant par la casquette, le jeans ou les sneakers, les femmes empruntent beaucoup de pièces de la garde-robe masculine et les marques prennent ces changements en compte. Néanmoins, l’inverse est beaucoup plus rare.

Pour l’instant, les marques grand public ne proposent rien de bien audacieux et tâchent de rester prudentes quant à leur exploitation de ce mouvement. Au contraire, d’autres marques proposent des offres originales avec une plus grande diversité de pièces complètement asexuées.

C’est le cas de la marque Noyoco, une jeune marque parisienne qui propose un vestiaire mixte et éco-responsable composé de pièces minimalistes. Elle fait défiler depuis ses débuts, des mannequins femmes et hommes sur le même podium. On assiste à la création de marques semblables à travers le monde comme avec Banana Tim, une marque néerlandaise qui offre des collections de qualité faciles à porter.

Ainsi, il existe différentes manières d’embrasser le mouvement no gender pour les marques. Cela peut passer par la création d’une petite collection ou par l’intégration du mouvement dans l’ADN d’une nouvelle marque. Certaines ont pu également s’adapter aux habitudes de leurs client.e.s, comme la marque Avnier créée par Orelsan et Sébastien Strappazzon. En effet, les fondateurs de la marque ont observé que leurs créations (pour hommes) étaient portées par de plus en plus de femmes, c’est pourquoi ils ont décidé après coup, de mettre en scène leurs pièces portées aussi bien par des hommes que par des femmes.

Les marques peuvent également mettre en avant leur positionnement unisexe plus implicitement, en choisissant la neutralité par exemple. La marque de cosmétique Aesop a opté pour une identité visuelle neutre, du marron, du noir, du bois, de la pierre et des lignes simples, aucun indice ne permet de deviner le genre auquel est destiné la marque.

En effet, actuellement de par une construction sociale, on trouve en règle générale des produits destinés aux femmes mixant couleurs chaudes (rose, jaune, orange) et couleurs “neutres” comme le blanc, le noir ou le vert. Tandis que les produits destinés aux hommes, eux, sont généralement bleu, gris ou noir, anguleux et monochromes avec une apparence sportive, dynamique ou vintage.

En ce qui concerne les odeurs et les genres, historiquement, les parfums étaient unisexes. C’est au 20ème siècle que les différences hommes/femmes se sont accentuées en matière de parfumerie. Le floral et le sucré priment alors chez les femmes tandis que les plantes aromatiques ou le boisé sont préférés pour les parfums masculins.

La médiatisation de certains comme porte-drapeau du mouvement

La forte médiatisation des célébrités est un tremplin incontestable pour ce type de mouvement, car cela permet de le légitimer et de le populariser. Le gender fluid et no gender sont portés par plusieurs stars de la pop culture, des icônes de la jeune génération qui incarnent différents idéaux de self-expression.

Loin des stéréotypes machistes associés à l’univers du rap, quelques rappeurs mélangent masculin et féminin en portant des tenues considérées comme spécifiques aux femmes. Le rappeur Young Thug pose vêtu d’une longue robe sur la pochette de son album No, My Name Is Jeffery sorti en 2016. Aussi, un rappeur français, prénommé Lomepal qui pour la pochette de son album Flip, arbore les vêtements de sa mère ainsi que du maquillage.

Autres artistes, tel que Christine and the Queens, devenue Chris, et Stromae, rejoignent le mouvement. La première revient avec un nouveau pseudonyme et un look plus androgyne afin de mieux correspondre à son évolution personnelle influencée par la fluidité des genres. Quant à Stromae, après sa danse entre les genres dans “Tous les mêmes”, il a sorti une ligne de vêtements d’inspiration africaine qui casse les codes des genres et de l’âge. Tout comme lui, Céline Dion a également décidé de lancer sa ligne de vêtements non genrés mais cette fois adressée aux enfants exclusivement.

Enfin, ce mouvement s’illustre également auprès de la jeune génération avec les enfants Smith. Willow, lors d’un shooting pour Vogue a choisi de porter une combi-pantalon d’une collection masculine. Tandis que son frère Jaden, posait en jupe pour la campagne de la collection femme printemps-été 2016 de Louis Vuitton.

Finalité, le mouvement no gender devient de plus en plus populaire, principalement auprès des jeunes générations. Cette remise en cause des stéréotypes du genre s’étend bien au-delà de l’industrie de la mode, on la retrouve dans le domaine de la parfumerie, de la cosmétologie, des jouets … De quoi réorganiser en profondeur les stratégies marketing des marques qui continuent de nourrir cette opposition de genre dépassée!

Alice DE BRITO

Sitographie :

https://www.vogue.fr/vogue-hommes/mode/story/prix-lvmh-createurs-mode-genre-binaire-avenir-ludovic-de-saint-sernin/2535

https://www.trends.fr/defiles-mixtes-mode-no-gender-masculin-feminin-nouveau-pluriel-96355/

http://madame.lefigaro.fr/style/le-no-gender-ou-quand-la-mode-saffranchit-des-sexes-130117-129083

http://profondeurdechamps.com/2013/02/16/liberer-les-genres-la-mode-et-landrogynie/

https://www.lexpress.fr/styles/mode/la-mode-a-t-elle-un-sexe_1050672.html

http://lesbonsdetails.com/slow-trend-no-gender-fluidite-des-genres/

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Genre et communication

Élisabeth Borne, le pouvoir sans théâtre : portrait d’une femme d’État qui s’éloigne de Renaissance

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Élisabeth Borne, son parcours

Le départ d’Élisabeth Borne de la direction de Renaissance n’est pas un simple épisode d’appareil. Bien sûr, l’actualité immédiate est politique : l’ancienne Première ministre a annoncé se retirer des instances du parti en expliquant ne plus se reconnaître dans sa ligne actuelle, tout en restant adhérente, selon France 24 et Le HuffPost. Mais ce retrait dit surtout quelque chose d’elle : de sa manière d’exercer le pouvoir, de sa difficulté avec la mise en scène partisane, et d’un parcours qui n’a jamais ressemblé à celui d’une professionnelle classique de la politique.

Car Élisabeth Borne n’a jamais été une figure de séduction politique au sens contemporain du terme. Pas de storytelling chaleureux soigneusement calibré, pas de goût marqué pour l’hyperprésence médiatique, pas de personnage public construit autour d’un style. Son itinéraire est ailleurs : dans l’État, dans les transports, dans l’administration, dans le travail technique, dans la gestion de dossiers lourds, dans une forme de sérieux presque raide devenue sa signature.

À l’heure où elle s’éloigne de la direction de Renaissance, ce n’est donc pas seulement un mouvement interne à la macronie qu’il faut regarder. C’est aussi le portrait d’une femme de pouvoir qui, depuis des années, avance sans folklore, souvent sans affect apparent, et presque toujours à rebours des codes attendus d’une femme politique “bankable”.

Un départ de Renaissance qui ressemble à une clarification

Le fait est désormais acté : Élisabeth Borne a choisi de quitter la direction de Renaissance, en invoquant un désaccord avec la ligne portée par Gabriel Attal et avec le fonctionnement interne du parti. D’après France 24, elle a annoncé vouloir se mettre en retrait du bureau exécutif et démissionner du Conseil national, tout en restant simple adhérente. Le Figaro rapporte la même logique : elle dit ne plus se retrouver complètement dans une ligne qu’elle juge insuffisamment débattue.

Mais, au fond, ce départ n’a rien d’invraisemblable. Il prolonge une tension plus ancienne entre Élisabeth Borne et l’évolution de la galaxie macroniste. Elle a longtemps incarné une forme de macronisme gestionnaire, technicien, réformiste, mais relativement peu spectaculaire. Or la politique contemporaine récompense souvent l’incarnation rapide, la personnalisation forte, l’agilité médiatique, le rapport direct à l’opinion. Sur ce terrain-là, Borne n’a jamais semblé parfaitement à l’aise.

Son retrait de Renaissance ne marque donc pas seulement un désaccord tactique. Il éclaire une constante de son parcours : Élisabeth Borne est plus à l’aise dans la conduite que dans la conquête, plus dans la structure que dans la dramaturgie, plus dans l’État que dans le parti.

Une formation d’excellence, un parcours forgé dans la haute administration

Pour comprendre cette singularité, il faut repartir du début. Élisabeth Borne appartient à cette génération de hauts fonctionnaires passés par les grandes écoles de la République, avec une formation scientifique et administrative exigeante. Diplômée de Polytechnique et des Ponts et Chaussées, elle se construit d’abord dans les institutions, bien avant de devenir une figure électorale ou partisane.

Son parcours passe par les grands circuits de l’action publique : ministère de l’Équipement, administration, cabinets ministériels, transport, urbanisme, préfectorale, entreprises publiques. Elle travaille à la SNCF, rejoint ensuite Eiffage, dirige l’urbanisme de la Ville de Paris, devient préfète, puis prend la tête de la RATP avant son entrée au gouvernement. Ce trajet, rappelé par plusieurs biographies de référence comme Challenges ou Gala, dit déjà l’essentiel : Borne vient d’un monde où l’autorité se gagne moins par le charisme que par la compétence, la résistance et la maîtrise des dossiers.

C’est aussi ce qui explique son style. Chez elle, la politique n’est jamais apparue comme une aventure de récit personnel. Elle ressemble davantage à une prolongation de l’appareil d’État. Là où d’autres fabriquent une identité publique, elle installe une réputation : travailleuse, austère, sérieuse, parfois rugueuse.

Avant Matignon, une ascension par les dossiers plus que par les réseaux

L’entrée d’Élisabeth Borne dans le premier cercle du pouvoir ne se fait pas par un enracinement partisan ancien. Elle n’est ni une élue locale patiemment montée, ni une tribuneuse, ni une figure militante. Elle s’impose d’abord comme une femme de dossiers. Sous Emmanuel Macron, elle devient successivement ministre chargée des Transports, puis ministre de la Transition écologique, puis ministre du Travail.

Ce parcours ministériel est révélateur. On lui confie rarement des ministères de pure représentation. On lui confie des zones à forte intensité technique et à haut risque politique : les transports, l’écologie réglementaire, le travail, les réformes sociales. Cela dit quelque chose de la place qu’elle occupe dans le système : celle d’une exécutante de haut niveau, capable d’encaisser les conflits, de tenir une ligne, et de traverser la tempête sans spectaculaire effondrement.

Cette solidité lui ouvre Matignon en 2022. Sa nomination comme Première ministre fait alors événement pour une raison institutionnelle majeure : elle devient la deuxième femme à occuper cette fonction sous la Ve République après Édith Cresson. Mais le symbole, bien réel, ne doit pas masquer la matière politique du moment. Borne arrive à Matignon dans une période de forte instabilité, sans majorité absolue claire, avec une conflictualité sociale élevée et un quinquennat déjà entré dans sa phase la plus délicate.

À Matignon, la figure de la résistance plus que celle de la popularité

C’est sans doute à Matignon que l’image publique d’Élisabeth Borne se cristallise vraiment. Son passage restera associé à un usage répété du 49.3, aux budgets difficiles, à la réforme des retraites, à la gestion d’une majorité relative et à une usure politique permanente.

On a beaucoup décrit Élisabeth Borne comme “technocrate”, parfois comme “froide”, parfois comme “raide”. Mais ces mots, souvent employés comme des reproches, méritent d’être relus. Dans la vie politique française, les hommes de pouvoir qualifiés de durs ou de verticaux sont fréquemment perçus comme solides. Les femmes, elles, sont plus vite ramenées à un déficit supposé d’empathie, de chaleur ou d’incarnation. Le cas Borne a souvent révélé cette asymétrie.

Cela ne signifie pas qu’elle échappe à la critique. Son passage à Matignon a aussi laissé l’image d’une Première ministre qui peinait parfois à transformer la rigueur en récit collectif. Elle a tenu, mais elle a rarement enthousiasmé. Elle a résisté, mais rarement fédéré. Elle a gouverné, mais sans produire l’adhésion émotionnelle qu’exige désormais la politique-spectacle.

Et pourtant, c’est précisément ce qui rend son profil intéressant. Élisabeth Borne incarne une forme de pouvoir non glamour, non sentimental, presque anti-narratif. Dans un monde politique saturé de communication, elle a longtemps donné le sentiment de croire encore à la densité des notes, à la mécanique institutionnelle et à la discipline du travail.

Une femme politique qui n’a jamais vraiment joué le jeu de la séduction publique

Pour un site comme Fais pas genre, il y a ici quelque chose de plus profond qu’une simple biographie. Le cas Élisabeth Borne raconte aussi la difficulté française à regarder les femmes de pouvoir autrement qu’à travers des codes contradictoires.

On reproche souvent aux responsables politiques femmes d’être soit trop dures, soit trop faibles ; trop lisses, soit trop tranchantes ; trop techniciennes, soit trop médiatiques. Borne a cristallisé ce paradoxe. Parce qu’elle n’a jamais cherché à jouer la proximité performative, elle a souvent été lue comme distante. Parce qu’elle ne s’est pas coulée dans les attendus d’une figure politique chaleureuse, elle a parfois été renvoyée à une forme d’inconfort symbolique.

En cela, son parcours est révélateur. Élisabeth Borne n’a pas seulement gravi des échelons dans un univers dominé par des logiques masculines du pouvoir. Elle l’a fait sans se remaquiller politiquement pour rassurer. Elle n’a jamais semblé vouloir adoucir son image pour la rendre plus facilement consommable. Ce refus apparent de la séduction politique est peut-être aussi ce qui la rend moins “pop”, mais plus singulière.

Son retrait du parti ne signifie pas la fin de sa trajectoire

Quitter la direction de Renaissance ne veut pas dire disparaître. Les éléments rapportés par France 24 montrent au contraire qu’Élisabeth Borne souhaite désormais se consacrer davantage à “Bâtissons ensemble”, la structure qu’elle a créée pour porter des propositions et rassembler au-delà du strict cadre partisan.

Là encore, ce choix est cohérent avec son histoire. Borne n’a jamais paru fascinée par l’appareil pour lui-même. Elle a cherché le pouvoir, bien sûr, mais souvent comme levier d’action plus que comme scène d’expression. Son retrait des instances peut alors se lire comme une manière de retrouver un espace moins contraint par la compétition de leadership, moins soumis à la personnalisation permanente.

Il faut aussi noter que sa trajectoire ne se réduit pas à l’opposition avec Gabriel Attal. Ce départ raconte surtout une divergence de style, de méthode et d’époque. Entre une politique de structuration et une politique d’incarnation, Borne semble choisir la première, quitte à paraître moins audible dans un moment qui survalorise la seconde.

Ce que le parcours d’Élisabeth Borne dit du pouvoir aujourd’hui

Au fond, Élisabeth Borne occupe une place particulière dans la politique française contemporaine. Elle n’est pas une héroïne populaire, ni une grande oratrice, ni une bête d’appareil, ni une vedette médiatique. Elle est autre chose : une femme d’État façonnée par l’administration, les transports, la décision publique, la réforme, l’endurance.

Son parcours rappelle qu’il existe encore, au sommet de l’État, des trajectoires construites moins sur la conquête spectaculaire que sur la persévérance institutionnelle. Mais il montre aussi les limites de ce modèle dans une démocratie saturée par l’instant, l’image et la compétition des ego.

En quittant la direction de Renaissance, Élisabeth Borne ferme peut-être un chapitre. Pas forcément celui de son influence, mais celui d’une appartenance organique à une maison politique qui, visiblement, ne lui ressemble plus tout à fait. Son itinéraire, lui, reste celui d’une femme qui n’a jamais confondu autorité et séduction, présence et agitation, pouvoir et théâtre.

Le départ d’Élisabeth Borne de la direction de Renaissance n’est pas seulement un fait politique. C’est un révélateur. Il remet au premier plan le portrait d’une femme publique dont le parcours tranche dans un paysage obsédé par l’incarnation, la vitesse et la communication.

De Polytechnique à Matignon, de la RATP aux ministères régaliens de la réforme sociale, Élisabeth Borne a construit une carrière d’une rare densité, souvent dans la difficulté, presque toujours dans la maîtrise. Elle n’a jamais vraiment séduit la France politique au sens médiatique du mot. Mais elle a imposé autre chose : une forme de puissance sans folklore, de sérieux sans séduction obligatoire, de pouvoir sans théâtre.

Et c’est peut-être pour cela que son retrait de Renaissance ressemble moins à une disparition qu’à une cohérence retrouvée.

FAQ

Pourquoi Élisabeth Borne quitte-t-elle la direction de Renaissance ?
Elle explique ne plus se reconnaître complètement dans la ligne actuelle du parti et critique un fonctionnement interne où les orientations ne seraient pas assez débattues, tout en restant adhérente.

Quel est le parcours d’Élisabeth Borne avant Matignon ?
Avant de devenir Première ministre, Élisabeth Borne a mené une carrière dans la haute administration, les transports et les entreprises publiques, notamment à la SNCF et à la RATP, avant d’être ministre des Transports, de la Transition écologique puis du Travail.

Pourquoi Élisabeth Borne a-t-elle une image politique à part ?
Parce qu’elle incarne une forme de pouvoir très technicienne, discrète et peu théâtrale. Elle s’est imposée davantage par la maîtrise des dossiers et l’endurance que par la communication ou le charisme médiatique.

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Entreprise

Magali Berdah, la femme qui a révolutionné le marketing d’influence en France

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Le portrait de Magali Berdah

Magali Berdah est une femme d’affaires qui a su saisir les opportunités offertes par le phénomène des influenceurs, ces personnalités qui comptent des millions de fans sur les réseaux sociaux. Depuis 2017, elle dirige l’agence Shauna Events, qui représente des stars de la téléréalité et des artistes comme Nabilla, Jessica Thivenin, Vitaa ou Gims. Mais qui est vraiment cette femme de 40 ans qui a fait la couverture du magazine Forbes en 2021 ? Voici son parcours, ses succès et ses controverses.

De courtière en assurances à agente des influenceurs

Magali Berdah n’a pas toujours travaillé dans le milieu du show-business. Originaire de Saint-Tropez, elle commence sa carrière comme vendeuse puis devient courtière en assurances et mutuelles à l’âge de 20 ans. Elle crée sa propre société dans ce domaine, mais celle-ci fait faillite en 2016. C’est à ce moment-là qu’elle décide de se reconvertir dans le marketing d’influence, un secteur encore peu développé en France.

Voici une vidéo montrant Magali Berdah parlant du monde des influenceurs en France :

Elle se rapproche alors de plusieurs candidats de téléréalité, qu’elle connaît personnellement ou via les réseaux sociaux. Elle leur propose de monétiser leur image en faisant du placement de produits pour des marques. Elle crée ainsi son agence Shauna Events en janvier 2017, avec une dizaine de clients. Très vite, son portefeuille s’étoffe et elle devient l’agente des plus grands influenceurs français, qui cumulent des millions d’abonnés sur Instagram, Snapchat ou TikTok.

Une femme d’affaires influente et médiatique

Le succès de Magali Berdah ne passe pas inaperçu. En 2018, elle s’associe avec Stéphane Courbit et sa société de production Banijay, qui rachète 50% de Shauna Events. La même année, elle devient présentatrice sur W9, pour l’émission de téléréalité Les princes et les princesses de l’amour. Elle rejoint également l’équipe de chroniqueurs de Cyril Hanouna, dans son émission Touche pas à mon poste sur C8.

Magali Berdah est également très présente sur les réseaux sociaux, où elle compte près d’un million d’abonnés sur Instagram. Elle partage son quotidien, ses voyages, ses rencontres avec les célébrités qu’elle représente ou qu’elle admire. Elle n’hésite pas à prendre la parole sur des sujets qui lui tiennent à cœur, comme le harcèlement en ligne ou la politique. En 2021, elle a même lancé sa chaîne YouTube, sur laquelle elle propose des interviews avec les candidats à l’élection présidentielle de 2022.

Source : Faispasgenre

Une femme controversée et critiquée

Le parcours de Magali Berdah n’est pas sans polémiques. Elle est régulièrement accusée de favoriser des pratiques commerciales trompeuses ou illégales, en faisant la promotion de produits douteux ou d’arnaques via les influenceurs qu’elle gère. Elle est notamment visée par une enquête du parquet de Paris pour “tromperie aggravée” et “pratiques commerciales trompeuses”, suite à un reportage de Complément d’enquête diffusé sur France 2 en septembre 2021.

Elle est également critiquée pour son manque de déontologie journalistique, lorsqu’elle réalise des interviews politiques sur sa chaîne YouTube. Son premier épisode consacré à Eric Zemmour a été jugé “complaisant” et “partial” par de nombreux internautes et professionnels des médias. Elle a également été épinglée pour avoir diffusé une fausse information selon laquelle Emmanuel Macron aurait refusé de la rencontrer.

Magali Berdah est une femme qui divise autant qu’elle fascine. Elle a su s’imposer comme une figure incontournable du marketing d’influence en France, en accompagnant des personnalités qui touchent un large public, notamment les jeunes.

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Actualité

Egalité : le Collège Sévigné reçoit l’association Band of Sisters

Le Collège Sévigné, démontre, une fois de plus, son engagement régulier envers l’égalité entre les femmes et les hommes en organisant une nouvelle rencontre avec l’association Band of Sisters.

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Sévigné s'engage contre le sexisme

La violence faite aux femmes est un sujet brûlant et malheureusement, toujours d’actualité. C’est pourquoi, dans le cadre de ses actions régulières pour l’égalité entre les femmes et les hommes, le Collège Sévigné à Paris organise une nouvelle rencontre entre ses élèves de 4ème et de 2nde et l’association Band of Sisters. But de cette rencontre : sensibiliser les jeunes garçons et filles aux violences faites aux femmes. Mathieu Palain, écrivain et journaliste, ainsi que Cécile Lehanneur, présidente de l’association, seront présents pour échanger avec les élèves sur le dernier ouvrage de M. Palain, “Nos pères, nos frères, nos amis”.

La violence faite aux femmes est un fléau qui touche toutes les couches de la société. Le Collège Sévigné a donc jugé important d’informer ses élèves sur ce sujet sensible. L’association Band of Sisters a, quant à elle, présenté son action contre les violences faites aux femmes et leur soutient aux victimes. Les élèves ont pu ainsi comprendre l’ampleur de ce fléau et lutter contre toutes les formes de violences faites aux femmes.

Mathieu Palain, écrivain et journaliste, participera également à cette rencontre. Il partagera avec les élèves son dernier ouvrage qui traite de la relation entre les hommes et les femmes. Il appelle ainsi les jeunes à adopter une attitude responsable face à la violence faite aux femmes. Les élèves pourront également participer à des ateliers interactifs pour mieux comprendre le phénomène de violence. Ils auront ainsi la possibilité de réfléchir et exprimer leur ressenti et/ou évoquer des exemples concrets de violence dans leur quotidien.

La rencontre se déroule dans un climat de respect mutuel et de bienveillance. Comme à chaque réunion de sensibilisation organisée par l’établissement scolaire parisien, les élèves pourront poser des questions et manifester leur envie d’en savoir plus sur le sujet. La rencontre leur permettra d’ouvrir les yeux sur les préjugés et les stéréotypes liés à la violence faite aux femmes.

Le Collège Sévigné, historiquement une école de filles, démontre une fois de plus – s’il en était besoin – son engagement envers l’égalité entre les femmes et les hommes en organisant cette rencontre avec l’association Band of Sisters.

Toutes les écoles devraient sans doute suivre cet exemple qui ne doit pas être réservé aux seuls grands établissements parisiens. Les élèves sont ainsi sensibilisés à l’importance de lutter contre les violences faites aux femmes en étant sensibilisés et informés sur le sujet. Il est important de continuer à mener des actions de sensibilisation auprès des jeunes pour lutter contre ce fléau qui touche notre société comme le fait, depuis près de dix ans, le Collège Sévigné. Il prend sa pleine part à la lutte contre la violence faite aux femmes et permet aux élèves de prendre conscience de leur propre responsabilité dans cette lutte.

En savoir plus : https://www.collegesevigne.org/actualite/egalite-femmes-hommes-prevention-contre-les-violences-faites-aux-femmes/

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