FAIRE LA PEAU AUX CLICHÉS DU POIL

            On a beau les arracher avec ferveur tous les x temps, ils reviennent de plus belle, plus drus, plus voyants, et nous rendent la vie dure. Ces indésirables envahissent chaque centimètre de cette peau que l’on voudrait si lisse et pure. Oui pure, parce que les poils c’est moche, c’est sale, ça fait négligé. Il est maintenant naturel de s’épiler, voire nécessaire. Pourtant, le poil est une réalité sociale bien plus complexe qu’on ne le pense. S’il paraît anodin, voire carrément indésirable, le poil incarne (c’est le cas de le dire) à lui tout seul une multitude de significations. Peut-être faudrait-il en prendre conscience avant de s’en débarrasser avec ardeur comme on le fait si régulièrement en grimaçant de douleur!

Les hommes viennent de Mars et les femmes de Vénus, les hommes sont virils et bestiaux, les femmes sont douces et candides. Nous la connaissons cette vieille rengaine. Si elle a tendance à perdre de sa force au fil du temps, elle est toujours très présente aujourd’hui, mais de manière bien plus insidieuse. Cette répartition des caractères et des forces selon le genre se représente dans l’espace privé et public par les corps. S’il était relativement accepté d’avoir des aisselles foisonnantes il y a une trentaine d’années, un tournant s’effectue dans les années 1990 : le glas du règne du lisse a sonné. Les femmes, socialement voulues comme douces et calmes de par leur instinct maternel, dit naturel, ont pour injonction de traduire par leur corps ces caractéristiques, notamment en le rendant vierge de toute aspérité.

Les pratiques de dépilation (rasage, épilation, etc) font partie de ces pratiques que les femmes entretiennent régulièrement avec leur corps sans qu’il n’y ait de véritable explication logique autre que celle d’un ordre axiologique de type « ce n’est pas beau », « je n’aime pas », « ce n’est pas agréable ». Malgré leurs nombreuses contraintes (onéreuses, chronophages, douloureuses), elles sont perpétuées par habitude, par peur des réactions de jugement qu’entraîne toute transgression, autrement dit par conformisme. La norme du lisse s’impose et est incorporée, donc se perpétue désormais sans véritablement de résistance. Comment cela se fait-il ?

Les poils et l’hygiène ou Roméo et Juliette : que tous semblent vouloir diviser 

            L’argument sanitaire est sans doute le justificatif aux pratiques de dépilation le plus ancré dans nos mentalités : dans l’imaginaire commun, les poils c’est sale. Comme le relèvent les sociologues québécois Richard Poulin et Amélie Laprade (2006), hier synonyme de sexualité chez les femmes, le poil pubien est désormais anti-érotique en ce qu’il est associé à la souillure.

C’est une conception des poils assez foireuse puisque, par exemple, ils nous protègent de certaines infections. Shannon Rosenberg a réalisé en mai 2017 un article sur BuzzFeed listant, entre autres, les bienfaits des poils pubiens sur notre santé et on peut résumer la chose ainsi : les poils pubiens protègent nos parties génitales. Ils forment une « barrière défensive », déclare le Dr Evan Rieder, maître de conférences en dermatologie au NYU Langone Medical Center. Le Dr Rachel Miest (dermatologue de la Mayo Clinic, Minnesota) ajoute que « leur présence empêche les particules étrangères, comme les bactéries, d’infecter la peau, mais aussi d’entrer dans le corps. Ils servent donc potentiellement de mécanisme de protection contre les IST, et l’épilation nous expose davantage aux infections comme l’herpès, le VPH, et la gonorrhée. » De plus, si les poils peuvent constituer un nid à bactéries, ce n’est pas l’apanage des poils pubiens, des poils des aisselles ou des poils de la moustache féminine : c’est également le cas de la barbe (schématiquement, principal attribut de virilité) et des cheveux (fort symbole de séduction). Pourtant, il y a une classification assez absurde des poils, que Juliette Sakoyan (2012) relève en distinguant les « poils-parures » des « poils-parasites ». Si certains sont désirés, d’autres sont rejetés, voire éradiqués – et la question sanitaire n’a rien à voir là-dedans. Finalement, avoir une bonne hygiène de vie n’est en rien en lien avec le fait d’avoir des poils ou non, et inversement : leur propreté dépend de notre hygiène de vie générale. Accepter cela revient à ébranler les fondements des pratiques de dépilation que nous entretenons si hargneusement.

C’est cet argument sanitaire pseudo-scientifique qui est invoqué, auprès de l’argument esthétique, par l’industrie de la pornographie pour justifier l’omniprésence actuelle de pubis imberbes. Selon Marie-France Auzépy (2011), la pornographie est un bon miroir de l’évolution de la pilosité dans la société, ainsi l’analyse de l’évolution de la pilosité des pubis féminins dans le magazine Playboy nous permet de comprendre que les débuts de leur épilation ont lieu dans les années 1990, la forme d’épilation en « ticket de métro » devient la norme au début des années 2000 avant de laisser place à une disparition totale du poil chez les playmates dès 2005. Selon elle, « la pornographie actuelle reste dans la ligne du puritanisme du XIXe siècle ». L’IFOP affirmait en 2014 que 14% des femmes françaises s’épilent intégralement le sexe, dont 45% des moins de 25 ans. De plus, plus les sondées avaient regardé du X récemment, plus elles étaient épilées.

Plusieurs constats : la norme du lisse n’en a pas toujours été une, et plusieurs acteurs participent à l’instauration de cette norme, dont la pornographie. Enfin, si l’argument sanitaire est le premier évoqué spontanément, l’argument esthétique le suit de près.

Il faut souffrir pour être belle, sans oublier de bien consommer

            La norme du glabre n’est pas un invariant de l’Histoire. Si les pratiques dépilatoires étaient très présentes en Occident durant l’Empire romain, elles sont délaissées au Moyen-Âge avant d’être revivifiées par l’influence des pratiques orientales durant les croisades. Elles apparaissent aujourd’hui comme majoritaires, mais ne sont pas unanimement acceptées : en Corée du Sud par exemple, les poils sont signes de beauté, et la chirurgie esthétique propose de plus en plus d’implants pubiens. Le goût pour la peau lisse est loin de seulement relever de notre volonté individuelle – prendre conscience de cela met à mal tout justificatif esthétique des pratiques de dépilation.

Plusieurs acteurs participent à l’instauration de cette norme du lisse et à son incorporation. Les médias jouent un grand rôle dans l’affaire, comme le relève Cassandre Ville (2016) établissant un parallèle entre les paysages matériaux et les paysages mentaux. Ce qui s’impose dans l’un s’impose dans l’autre, ainsi l’image d’un corps féminin idéal (lisse) en permanence renvoyée aux femmes finit par être intégrée et désirée, être incarnée. Si les magazines féminins abondent en conseils et prescriptions au sujet de l’épilation dès l’arrivée du printemps, les publicités (omniprésentes dans le paysage quotidien) arborent des corps de femmes nets, sans aspérités. Selon Cassandre Ville, le culte de l’apparence est en étroit lien avec la société de consommation basée sur une économie capitaliste.

Comme l’indique Naomi Wolf (1991), la culture de l’esthétique liée à la transformation des corps accompagne une industrie très lucrative, aboutissant à la création d’un corps idéal, qui devient le référent de l’esthétique féminine. Tout ce qui s’éloigne de cette norme est alors considéré comme « moche », et les femmes tentent corps et âme de s’y conformer. Là est toute la subtilité du marketing : il s’attelle à maintenir les femmes dans un état d’insécurité sexuelle, de haine de soi et de constant échec en leur promettant un idéal inatteignable, à savoir l’aspiration permanente à devenir « belle », belle selon les critères qu’ils imposent. Le tout ayant pour objectif de faire des femmes des consommatrices avant tout, de faire en sorte qu’elles dépensent toujours plus de produits cosmétiques. La socialisation (l’apprentissage des normes sociales) a un véritable impact sur la perception qu’ont les femmes de leur propre corps.

Comme l’affirme Christine Detrez (2012), les significations sociales et culturelles du poil ne constituent pas seulement un décor imaginaire où évoluerait l’individu, mais conditionnent véritablement, par les valeurs qui le sous-tendent, nombre de ses pratiques les plus quotidiennes. L’impact des normes esthétiques imposées par la société sur nos jugements est fort, décisions individuelles et diktats esthétiques se confondent. Ainsi, les jugements se réfèrent à un principe, à savoir le glabre féminin : ce que l’on trouve « beau » (les jambes dénuées de poils) n’est en rien le fruit d’un goût personnel et intime, bien qu’il soit communément reconnu comme tel (et là est toute la perversion d’instauration d’une norme : le normé pense la norme comme naturelle, venant de lui). La norme du lisse est intériorisée par les femmes et façonne leurs jugements : les émotions ressenties par rapport à la pilosité sont normalisées et « induisent un respect machinal de la norme du glabre féminin » (Cassandre Ville, 2016). Le glabre doit apparaître comme un attribut et non comme un produit. Les conséquences de ce phénomène peuvent parfois être dramatiques : cela participe à la dépossession des femmes de leur corps, qui éprouvent dès lors du dégoût pour leur corps naturel, qui n’est pas ce corps artificiel banalisé, comme le souligne Anne Friederike Müller-Delouis (2001). En effet, en s’épilant, les femmes tentent « d’échanger leur corps matériel contre un corps idéalisé, sans odeur et sans poils. […] Ce travail de Sisyphe, qui enrichit l’industrie cosmétique, est un déni du corps réel, donc un déni de la personne, et il se solde souvent par un sentiment de honte face à l’échec inévitable, et par une diminution de l’estime de soi. »

Poils et sexualité, pratiques dépilatoires et restriction sexuelle

            En ce qu’elles sont genrées, ces pratiques de dépilation présentent des rapports de pouvoir sous-jacents. Soumettre le corps de la femme (lui imposer des normes, l’enfermant dans des carcans, le rendant à vif) a une forte dimension symbolique : la maîtrise du corps est la maîtrise de l’individu, tout comme les pratiques de dépilation semblent être une véritable incorporation d’une hiérarchie sociale genrée.

Pour comprendre cela, il nous faut revenir à la base. Comme le constate Christian Bromberger (2005), hommes et femmes ne subissent pas la même pression sociale quant à l’entretien de leur corps, et le diktat de la beauté est bien plus pesant pour ces dernières. Cela est dû aux représentations symboliques auxquelles est associé le poil : son absence est communément admise comme propre à la féminité puisque relevant de la douceur, de la propreté et de la maîtrise de son apparence. A contrario, la pilosité est symbole de bestialité et relève de la virilité masculine. Ainsi, s’épiler s’agit symboliquement d’inscrire les distinctions genrées sur les corps, d’enlever toute trace de virilité du corps féminin. Dès lors, le poil féminin menace l’ordre social établi, provoque un désordre : en venant « contredire nos précieuses classifications », il est « susceptible de jeter la confusion », affirme Mary Douglas (1971). Si la question de la pilosité devient clé progressivement, c’est parce qu’elle est un point de cristallisation des différences entre les sexes : « Cette apparition du masculin dans le féminin souligne la menace que représente un corps féminin qui n’est pas un ‘autre’ absolu », déclare Karín Lesnik-Oberstein (2011).

La plus grande force de la norme du glabre est de créer un critère de validité de la réalité sociale (les femmes doivent être épilées) et de faire en sorte qu’il soit intégré, incorporé (c’est à dire considéré comme naturel) par les principales concernées (je m’épile parce que je trouve ça beau et propre). Cette injonction sociale à l’épilation du corps féminin influe sur la perception qu’ont les femmes de leur corps et, plus précisément, de leur sexualité. Ainsi, la question de l’épilation dépasse la simple dimension esthétique ou sanitaire. Puisque les poils apparaissent sur le corps des femmes lors de leur passage à l’âge adulte et sont des caractères sexuels secondaires. La pilosité féminine est assimilée donc à une sexualité active. Maîtriser le corps de la femme, et plus particulièrement ses poils, revient à maîtriser sa sexualité : la femme doit apparaître lisse et pure, vierge et angélique. Ainsi Germaine Greer (1970) relève que « l’imagination populaire, assimilant le système pileux à la fourrure, y voit un indice d’animalité et d’agressivité sexuelle. Les hommes le cultivent […]. Les femmes le dissimulent, de même qu’elles évitent de manifester leur vigueur et libido. Si elles n’éprouvent pas spontanément une répulsion suffisante pour leurs poils, d’autres les inciteront à s’épiler. » Les pratiques dépilatoires apparaissent alors comme un moyen de contrôle symbolique de la sexualité féminine par la société patriarcale. Ainsi, Anne Friederike Müller-Delouis relève que « le corps nu féminin, thème si récurrent dans l’histoire de l’art occidental, est la plupart du temps représenté comme un objet de désir, qui s’offre au jugement du spectateur. […] Epilées, [les femmes] donnent au spectateur le sentiment de contrôler l’objet de son désir, un objet qui ne risque pas de déployer un pouvoir sexuel de sa propre initiative » (2011). Ainsi, l’injonction que reçoivent les femmes de s’épiler reflète symboliquement l’attente d’une passivité sexuelle par rapport aux hommes, et cela se fait en toute subtilité puisque la norme du glabre est intégrée, voire incorporée par les femmes.

Manifeste pour une libération du poil et une ré-éducation à la notion de beauté au prisme de la diversité

            Pour conclure, nous pouvons constater que les pratiques dépilatoires, généralisées et communément admises comme naturelles, esthétiques et hygiéniques, et ce malgré les contraintes qu’elles présentent, ne relèvent en rien d’un choix individuel et intime en ce qu’elles sont un construit social dont les principaux acteurs contemporains sont les médias, l’industrie commerciale et la pornographie. La maîtrise de la pilosité féminine est un phénomène social prenant part dans le processus général de sexualisation du corps des femmes. En ce qu’il les incarne, le corps féminin, soumis aux diktats de la norme du glabre, reflète de lui-même les contrastes sociaux entre les genres et, par là-même, les rend naturels. Ainsi, les pratiques de dépilation (rasage, épilation, etc), répondant à la norme du glabre, sont généralisées. En ce que les poils sont associés à l’entrée dans l’âge adulte, à une vie sexuelle mature, l’épilation du pubis, tout particulièrement, revêt une symbolique particulière : cette pratique est l’emblème d’une volonté de maîtrise, voire de contrainte de la sexualité féminine. Le corps féminin porte en lui et sur lui les marques de sa domination, de sa soumission.

Bien qu’aujourd’hui, le fait de ne pas s’épiler le pubis ne relève pas d’un signe de « libération sexuelle », il s’agit bel et bien d’une affirmation du corps féminin naturel et de son acceptation. Cette ré-appropriation de leurs corps est une forme d’empowerment des femmes. Ainsi, lutter contre la norme du glabre participe de la démystification de la sexualité féminine et de son épanouissement, dans la sphère publique comme dans la sphère privée. Mais le but de cet article est loin de constituer une apologie de la non-épilation : s’épiler ou non, c’est cette possibilité de faire un choix qu’il nous faut chérir. Les diktats de beauté pesant sur les femmes nient la réalité plurielle des corps et des sexualités, que nous souhaitons ici laisser s’épanouir. Cela nécessite forcément une prise de conscience des rapports de pouvoirs sous-jacents cette pratique que nous entretenons avec notre corps.

En bref, faire la peau aux clichés du poil, c’est crier haut et fort :

  • Les poils, ça a de tout temps et partout été enlevés chez les femmes – FAUX
  • Aimer le corps épilé est un choix individuel pur et dur – FAUX
  • Un corps épilé est nécessaire aux rapports sexuels hygiéniques – FAUX
  • Et, surtout, les femmes qui ne s’épilent pas combattent la dictature du poil en imposant une dictature du non-poil – FAUX, que chacune fasse comme elle le souhaite et qu’on accepte enfin une réalité plurielle.

Si l’argument sanitaire des pratiques de dépilation est facilement détournable, celui de son critère esthétique est bien trop ancré pour s’en détacher spontanément. Révéler la dimension sociale de ces goûts esthétiques que l’on considère comme individuels ne règle en rien le problème : les poils, on continue à trouver ça moche. C’est ici la dimension dynamique du processus d’appréciation d’une chose que nous souhaitons mettre en valeur : on peut parler d’une éducation au goût, et, donc, d’une rééducation à la beauté au prisme de la diversité. Ce travail est, selon moi, nécessaire au combat féministe. Accepter l’existence de corps « hors normes », marginaux, et affirmer leur visibilité sur la scène publique participe à cette ré-éducation au goût.

Reprenons les mécanismes d’instauration d’une norme : accentuer la visibilisation d’une chose permet de la banaliser et peu à peu de la rendre acceptable et acceptée, voire revendiquée. S’habituer à la pilosité féminine, c’est peu à peu accepter voire intégrer sa beauté. Il s’agit donc ici de se rééduquer à la diversité : oui, la rondeur des hanches est belle, oui la cellulite est belle, oui la peau graveleuse est belle, oui les poils sont beaux. Ils peuvent être blonds et fins, dorés au soleil, ou noirs et frisés, roux ou bien drus, la diversité est là, et c’est cette pluralité de réalités des corps que nous devons accepter pour nous accepter nous-mêmes, non ?

 

Par Swati DEVICHI

Bibliographie :

Marie-France AUZÉPY, Anne FRIEDERIKE MÜLLER-DELOUIS et autres, Histoire du poil, 2011

Christian BROMBERGER, « Trichologiques. Les pratiques de l’épilation », Un corps pour soi, 2005

Mona CHOLLET, Beauté fatale : Les nouveaux visages d’une aliénation féminine, 2012

Christine Detrez, La construction sociale du corps, 2012

Mary DOUGLAS, De la souillure, 1971

Germaine GREER, La femme eunuque, 1970

Amélie LAPRADE et Richard POULIN, « Hypersexualisation, érotisation et pornographie chez les jeunes », 2016

Karín LESNIK-OBERSTEIN, The last taboo : Women and body hair, 2011

Juliette SAROYAN, « De la cire au laser : l’adieu aux poils dans la société française contemporaine ? Contribution ethnologique à l’étude des pratiques et des représentations autour de la pilosité », 2012

Cassandre VILLE, « L’intériorisation des normes. Une analyse discursive des pratiques dépilatoires des femmes à Montréal », 2016

Naomi WOLF, Quand la beauté fait mal. Enquête sur la dictature de la beauté, 1991

Sitographie :

Shanon ROSENBERG, « 23 choses sur le poils pubiens que vous devriez savoir », sur Buzzfeed : https://www.buzzfeed.com/fr/shannonrosenberg/23-choses-sur-les-poils-pubiens-que-vous-devriez-s

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