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Combat environnemental et revendications féministes : une convergence des luttes ?
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6 ans agoon
Introduction à l’écoféminisme, ce mouvement de femmes qui militent pour un retour à la Terre
« Reclaim », c’est le mot-pilier de ce mouvement. Il exprime en anglais une idée de revendication et de réappropriation qui est au cœur des fondements de l’écoféminisme : refuser le dualisme nature/culture créé par les sociétés capitalistes et créer un nouveau rapport, plus personnel, à la nature.

La dynamique écoféministe nait dans les années 70 avec le mouvement Chipko, un groupe de villageoises indiennes qui protestent contre la déforestation dans leur pays. En 1973, les femmes de Mandal encerclent les arbres de leur village afin d’empêcher la destruction des forêts de l’Himalaya. Dans la même période, en Europe, Australie et Etats-Unis, on voit se créer des « terres de femmes ». Des lieux où celles-ci tentent de créer un mode de vie alternatif, autonome et en rupture totale avec le capitalisme et le patriarcat. Elles y construisent des cabanes et s’y soignent grâce à ce que leur offre la nature. Elles y vont pour se reconnecter à leur corps et à la Terre, trouver un nouvel équilibre.
Destruction de la planète et domination masculine
L’écoféminisme se fonde sur l’idée qu’il existe des relations entre l’exploitation de la Terre par les êtres humains et l’oppression des femmes par les hommes. Il y a un lien indissociable entre la domination masculine et la destruction de la planète. C’est le même modèle de civilisation qui a produit l’appropriation du corps des femmes par les hommes et l’appropriation des territoires par les êtres humains. Ces deux formes d’oppression découlent des mêmes mécanismes de domination et peuvent être combattus ensemble. Les écoféministes appellent alors à reprendre le pouvoir, non plus un « pouvoir sur » qui serait synonyme de domination mais un « pouvoir », de son origine latine « podere » qui signifierait « être capable », développer sa capacité à soi-même.
Ce combat passe par le fait de déconstruire le travail de consommation des sociétés capitalistes qui a exclu les femmes du monde du travail en les reléguant dans la sphère domestique où elles effectuent un travail invisibilisé et dévalorisé (on ne lui attribue pas de valeur car il n’est pas rémunéré, pourtant, c’est bel bien un travail). Pour les écoféministes, il faudrait reconsidérer les tâches domestiques comme un simple rapport d’autonomie à sa propre existence et la capacité de chacun à savoir subvenir à ses propres besoins.
L’écoféminisme se divise en plusieurs sensibilités. L’écoféminisme dit « post-colonial » met en exergue le fait que la domination de la nature par les êtres humains et l’oppression des hommes par les femmes est articulée avec une troisième forme de domination qu’on dirait coloniale ou post-coloniale. L’écoféminisme matérialiste affirme lui que le capitalisme et le patriarcat sont deux systèmes ayant fusionnés et qu’ils n’existent plus l’un sans l’autre. L’écoféminisme spiritualiste avance l’idée qu’avec les religions monothéistes, la spiritualité a été placée à l’extérieur de la nature et c’est ce qui nous a amené à déconsidérer la Terre et à en oublier sa valeur.
La lutte contre le nucléaire
Les préoccupations qui ont animé les écoféministes il y a un peu plus de trente ans sont toujours d’actualité aujourd’hui : la peur de léguer aux générations futures un monde en ruines, la crainte d’arriver à un point de non-retour dans la dégradation de l’environnement, la peur des conséquences de la pollution sur les populations… Les enjeux ne sont pas les mêmes suivant les zones de la planète. Dans les pays dits du Sud, les luttes concernent surtout la préservation des milieux naturels car leur dégradation a un impact direct sur la vie des femmes. Tandis que dans les pays dits du Nord, les écoféministes luttent plutôt contre le nucléaire, les projets de grands travaux qui auront des conséquences sur l’environnement. On pense alors au Women’s Pentagon Action de 1980 au cours duquel 2 000 femmes encerclèrent le Pentagon pour réclamer la justice et la paix ou encore à la chaîne humaine du 1er avril 1983 du Camp de femmes pour la paix de Greenham Common qui luttaient contre l’installation de missiles nucléaires : autant de mouvements qui ont inspiré le collectif des Bombes Atomiques à organiser à Bure en Septembre dernier et pour la première fois en France, le rassemblant de plus de 450 femmes, trans, queer et personnes non-binaires pour marcher contre le nucléaire.

Peut-on lier féminisme et véganisme ?
Dans le second volet des deux épisodes d’Un Podcast à Soi d’Arte Radio consacré à l’écoféminisme, la journaliste C. Bienaimé interroge la chercheuse Myriam Bahaffou qui s’intéresse aux rapports de domination entre les êtres humains et les autres espèces qu’elle articule avec les rapports de genres, de races et de classes. Elle propose l’analyse suivante : un croisement entre la domination des espèces (des Hommes sur les animaux) et la domination des genres. L’idéal de l’homme virile et carniste a été atteint dès lors que les hommes ont consommé de la viande, ont mangé la chaire de l’autre. C’est que Derrida appelle le « sacrifice carnivore ». M. Bahaffou fait référence aux travaux de C. Adams qui explique que la division sexuelle des tâches est apparue dans les sociétés patriarcales au moment où l’espèce humaine a commencé à domestiquer les animaux. Dans le même temps où les Hommes ont vu comment les animaux se reproduisaient et qu’ils pouvaient contrôler le processus de reproduction, ils se sont attribué l’absolu pouvoir de reproduction et donc approprié le corps des femmes.
Manon Novaretti
Sources :
https://simonae.fr/militantisme/les-indispensables/expliquez-ecofeminisme/
https://www.arteradio.com/son/61662635/ecofeminisme_1er_volet_defendre_nos_territoires_21
https://usbeketrica.com/article/cinq-questions-sur-l-ecofeminisme
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Emilie Manima, première femme ministre au Congo : itinéraire d’une pionnière, entre service public, santé maternelle et humilité
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2 jours agoon
27/02/2026
Emilie Manima n’est pas seulement un nom inscrit dans l’histoire politique congolaise : c’est un repère, une date, une rupture. Décédée à Brazzaville le 11 février 2026 à un âge avancé (les hommages publics la situent autour de 89–90 ans), elle laisse l’image d’une femme de devoir, à la fois sage-femme de formation et première Congolaise à entrer au gouvernement. Sa trajectoire dit quelque chose d’essentiel sur la possibilité, même dans les contextes les plus verrouillés, de faire bouger les lignes par la compétence, la constance et une éthique profondément tournée vers l’autre.
Emilie Manima : une figure historique, la première femme ministre au Congo
L’événement fondateur de la vie publique d’Emilie Manima tient en une phrase : elle est la première femme ministre au Congo. Sa nomination, intervenue le 9 janvier 1975, la fait entrer dans l’histoire institutionnelle du pays, puisqu’elle rejoint le gouvernement au poste de ministre des Affaires sociales, sous la présidence de Marien Ngouabi. Cette information est reprise dans des récits d’hommage publiés à l’occasion de ses obsèques, qui rappellent à la fois la date, la fonction et la portée symbolique de ce choix politique : ouvrir la porte du gouvernement à une femme, après une longue période où les cabinets ministériels demeuraient exclusivement masculins.
Sur ce point, plusieurs sources de presse convergent :
- Les Echos du Congo-Brazzaville – “Congo – Obsèques : L’hommage de la République à Émilie Manima” souligne explicitement qu’elle fut nommée ministre en 1975 et qu’elle est la première femme à occuper un poste ministériel au Congo.
- L’Horizon Africain – “Deux vertus ont caractérisé la vie d’Emilie Manima, première femme ministre au Congo” rappelle la même nomination et situe aussi sa trajectoire dans le registre des valeurs humaines.
- Matin Libre Congo – “Émilie Manima : la pionnière qui ouvrit aux Congolaises les portes du gouvernement” insiste sur son rôle de pionnière et sur l’effet d’entraînement pour les femmes congolaises.
Dès lors, écrire sur Emilie Manima, c’est écrire sur un avant et un après : avant elle, l’idée même d’une femme ministre relevait de l’exception impensée ; après elle, l’exception devient possible, puis progressivement pensable, et enfin revendiquée.
De la sage-femme à la ministre : la légitimité par le métier et par le terrain
Un élément éclaire sa crédibilité : Emilie Manima est sage-femme de profession. Cette donnée, loin d’être anecdotique, donne un relief particulier à sa nomination aux Affaires sociales. On peut y voir une cohérence : confier le social à une femme ayant appris, dans la pratique médicale, à accompagner les moments les plus vulnérables de la vie (naissance, maternité, soins, prévention).
Dans les récits qui lui rendent hommage, cette identité professionnelle revient comme une signature : Emilie Manima n’est pas décrite comme une personnalité uniquement “politique”, mais comme une femme dont l’autorité s’enracine dans le réel, dans le service, dans la proximité avec les corps et les situations. Cela explique en partie l’admiration persistante : on lui attribue moins une posture qu’une utilité.
Cette trajectoire rappelle une vérité souvent oubliée : dans de nombreux pays, les grandes figures de l’action publique ne viennent pas seulement des appareils partisans, mais aussi des métiers de soin, d’éducation et d’encadrement social—des métiers où l’on apprend à écouter avant de décider.
1975 : une nomination qui change la grammaire du pouvoir
Être la première femme ministre n’est pas qu’une médaille. C’est un poids, parfois un piège : celui d’être scrutée, attendue au tournant, jugée non comme une personne, mais comme un symbole. Emilie Manima a dû composer avec cette tension. Sa présence au gouvernement, en 1975, est à la fois une avancée pour les femmes et une responsabilité supplémentaire : prouver qu’une femme n’est pas une parenthèse, qu’elle peut tenir un portefeuille, porter une administration, et incarner l’État.
Les articles d’hommage la présentent précisément comme une femme qui “osa franchir le pas” et qui a “brisé les barrières” de l’inégalité au niveau gouvernemental (formulations reprises dans les récits de cérémonie et de presse) : Les Echos du Congo-Brazzaville, Matin Libre Congo.
Ce qui compte, ici, n’est pas de réécrire une légende : c’est de comprendre la portée d’un geste politique. Une première nomination féminine agit comme un test : si la femme échoue, on conclura “ce n’est pas fait pour elles” ; si elle réussit, on ouvre une brèche. Emilie Manima a incarné cette brèche—et, à en juger par la solennité des hommages, elle l’a incarnée durablement.
1978 : la santé maternelle et infantile, ou la continuité d’une vocation
Après l’expérience ministérielle, Emilie Manima se voit confier, le 11 mars 1978, une fonction orientée vers la prévention et l’avenir : elle est nommée directrice de la santé maternelle et infantile et de l’éducation pour la santé (information relayée et détaillée dans le témoignage publié par L’Horizon Africain).
Cette étape dit quelque chose de profond : son histoire n’est pas celle d’une femme “arrivée” puis retirée. C’est celle d’une continuité entre le soin et l’État. La maternité et l’enfance sont des sujets qui traversent les générations ; s’y consacrer, c’est travailler sur le temps long, sur les comportements, sur l’éducation, sur l’accès aux services. À ce titre, la santé maternelle et infantile n’est pas un domaine technique parmi d’autres : c’est une politique de civilisation, parce qu’elle touche à la survie, à la dignité et à l’égalité.
En associant “santé maternelle et infantile” et “éducation pour la santé”, on devine une philosophie : ne pas se limiter à soigner, mais prévenir, expliquer, former—mettre la connaissance dans les mains des familles.
L’amour : une manière de gouverner sans écraser
Les textes rendant hommage à Emilie Manima ne la réduisent pas à une carrière. Ils la décrivent par des vertus, et d’abord par une : l’amour. Dans le témoignage publié par L’Horizon Africain, l’amour n’est pas sentimental ; il est relationnel et social. C’est la capacité de créer du lien, de le maintenir malgré les années, de faire sentir aux autres qu’ils comptent.
Cet aspect est central pour un portrait SEO de Emilie Manima, parce qu’il explique pourquoi son nom revient au moment de sa disparition : non seulement pour ce qu’elle a été, mais pour ce qu’elle a fait ressentir. Une ministre peut laisser des dossiers ; une femme comme elle laisse des attachements, des fidélités, des souvenirs de chaleur humaine.
On peut même y lire une leçon de leadership : l’autorité peut être ferme, mais elle n’a pas besoin d’être froide. Emilie Manima semble avoir exercé une forme de pouvoir non pas conquérant, mais protecteur.
L’humilité : la force tranquille d’une femme d’État
La seconde vertu qui ressort des hommages est l’humilité. Là encore, l’idée est précieuse : dans l’espace public, l’humilité est parfois prise pour un manque d’ambition. Chez Emilie Manima, elle apparaît plutôt comme une discipline intérieure : ne pas se mettre au-dessus, rester du côté du service, refuser les louanges excessives.
Le témoignage repris par L’Horizon Africain cite une pensée attribuée à Charles de Foucauld sur la “dernière place” comme posture de service. Qu’on partage ou non cette référence spirituelle, elle éclaire un style : Emilie Manima semble avoir porté l’idée que la grandeur, dans la République, se mesure à la capacité de se tenir au plus près des autres, sans écraser.
Cette humilité, dans le récit des proches, va jusqu’à une forme de pudeur : elle n’aimait pas “les coups d’encensoir”. Pourtant, au moment de sa disparition, l’État et la société ont éprouvé le besoin de dire haut ce qu’elle avait incarné : une première, une servante, une référence.
Des obsèques nationales à Brazzaville : reconnaissance officielle et mémoire collective
L’hommage qui lui est rendu donne la mesure de sa place. Selon Les Echos du Congo-Brazzaville, une cérémonie s’est tenue au Palais des Congrès à Brazzaville, en présence du Président Denis Sassou N’Guesso et de nombreuses autorités. Le texte insiste sur la dimension républicaine : drapeau, solennité, gerbes, présence des corps constitués.
Ces détails sont importants : ils montrent que l’histoire d’Emilie Manima est considérée comme une histoire nationale, pas seulement familiale. Dans l’imaginaire public, elle devient une “mère” au sens large : celle qui a ouvert la voie, celle qui a rendu possible.
Matin Libre Congo confirme aussi l’hommage solennel du 20 février 2026, ancrant son départ dans une mémoire institutionnelle, et la présentant comme une figure de l’émancipation féminine.
Pourquoi Emilie Manima reste une référence pour les femmes congolaises
On pourrait croire que “première femme ministre” est un titre qui se fige, comme une date dans un manuel. Mais le titre vit tant qu’il inspire. Emilie Manima incarne un modèle de progression par le sérieux : elle ne semble pas avoir recherché la célébrité, mais elle a accepté la responsabilité. Elle n’a pas fait de sa condition féminine un slogan : elle l’a transformée en preuve.
Son parcours dit aux jeunes générations : l’entrée des femmes dans les plus hautes fonctions ne dépend pas uniquement des discours, mais de la rencontre entre des opportunités politiques et des compétences indiscutables. Emilie Manima a été cette rencontre : la compétence issue du soin, et la décision politique d’ouvrir une porte.
Aujourd’hui encore, la question de la représentation des femmes dans les gouvernements africains se pose en termes de chiffres, de quotas, de stratégies. Son histoire rappelle une dimension complémentaire : la représentation n’est durable que si elle se traduit aussi par une culture de service, une éthique du travail, une proximité avec les réalités sociales.
Emilie Manima, un nom qui signifie “service”
Emilie Manima laisse l’image d’une femme qui a tenu ensemble ce que l’on oppose souvent : le pouvoir et la douceur, l’autorité et l’humilité, la fonction et l’humanité. Première femme ministre au Congo, elle ne s’est pas contentée d’être “la première” : elle a cherché à être utile. Sage-femme de profession, ministre des Affaires sociales en 1975, engagée ensuite dans la santé maternelle et infantile, elle a inscrit sa vie dans une logique de protection des autres—et c’est peut-être la définition la plus simple de la grandeur publique.
Son décès, survenu à Brazzaville le 11 février 2026, a suscité des hommages qui ne relèvent pas de la routine. Ils racontent une femme aimée, respectée, et reconnue comme une pierre de fondation. Dans un monde où l’actualité efface vite les visages, Emilie Manima demeure parce que son passage a ouvert un chemin.
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Ménopause au travail : ces 25 propositions qui vont changer la donne
Published
6 mois agoon
16/09/2025
14 millions de femmes françaises sont concernées par la ménopause, mais le monde professionnel reste largement sourd à cette réalité. Le rapport remis au gouvernement en avril 2025 pourrait bien révolutionner la prise en compte de cette étape de vie au bureau.
17,2 millions de femmes de plus de 45 ans sont d’ores-et-déjà concernées par la ménopause en France. Chaque année, ce sont 500 000 femmes qui entrent progressivement dans la ménopause La ménopause : s’informer et en parler – Ministère du Travail, de la Santé, des Solidarités et des Familles. Pourtant, ce bouleversement physiologique majeur reste un angle mort des politiques d’entreprise. Un rapport parlementaire révolutionnaire pourrait changer cette réalité.
Un rapport qui brise enfin le silence
Dans un rapport dévoilé le 9 avril 2025, la députée Stéphanie Rist a présenté 25 recommandations devant aboutir, à l’horizon 2026, à une meilleure prise en compte de la ménopause dans le monde du travail Ménopause : 10 nouvelles propositions pour améliorer sa prise en compte au travail | Éditions Tissot. Ce document inédit marque un tournant dans l’approche institutionnelle d’un sujet longtemps tabou.
La ménopause, qui concerne plus de 17 millions de femmes en France, est encore trop souvent perçue comme un sujet intime, voire honteux Ménopause : 10 nouvelles propositions pour améliorer sa prise en compte au travail – Santé au Travail 72. Cette omerta professionnelle a des conséquences dramatiques : 87 % des femmes ressentent des symptômes liés à la ménopause, parfois très invalidants, comme les bouffées de chaleur, les douleurs articulaires, les troubles cognitifs ou encore la fatigue chronique Ménopause : 10 nouvelles propositions pour améliorer sa prise en compte au travail – Santé au Travail 72.
Des chiffres qui révèlent l’ampleur du déni
Les statistiques révèlent une réalité saisissante. Une femme sur deux estime que la ménopause a un impact sur sa vie professionnelle. Au Royaume-Uni, 10 % des femmes disent avoir quitté leur emploi pour cette raison Ménopause : 10 nouvelles propositions pour améliorer sa prise en compte au travail – Santé au Travail 72. En France, les données manquent encore, mais les témoignages convergent vers la même réalité.
94 % des femmes de 45 à 50 ans sont touchées par au moins un symptôme de la ménopause ; 73 % d’entre elles le sont encore entre 61 et 65 ans Santé des femmes au travail : des maux invisibles – Le rapport – Sénat, selon une étude du Gemvi (Groupe d’Etude sur la Ménopause et le Vieillissement hormonal). Des chiffres qui démontrent l’urgence d’agir dans le monde professionnel.
Les 25 propositions décryptées : révolution en marche
Axe 1 : Mesurer pour agir
Le rapport propose un plan structuré autour de trois priorités : chiffrer, former et adapter Ménopause : 10 nouvelles propositions pour améliorer sa prise en compte au travail – Santé au Travail 72. La première mesure phare ? Chiffrer le coût économique de la ménopause. Une estimation nationale serait un levier puissant de sensibilisation pour les employeurs Ménopause : 10 nouvelles propositions pour améliorer sa prise en compte au travail – Santé au Travail 72.
Cette approche économique vise à sortir la ménopause de la sphère purement médicale pour en faire un enjeu de performance collective. D’après les retours terrain de professionnels parisiens spécialisés dans l’accompagnement des transitions de carrière, cette donnée manquante freine considérablement la sensibilisation des directions d’entreprise.
Axe 2 : Former et informer
Créer un guide “Ménopause sur le lieu de travail”. Destiné aux managers et aux salariés, ce guide intégrera des outils pratiques, des exemples d’aménagements, et des conseils pour adapter les conditions de travail Ménopause : 10 nouvelles propositions pour améliorer sa prise en compte au travail – Santé au Travail 72.
La formation constitue le nerf de la guerre. Nommer des ambassadeurs “Ménopause et emploi”. Ils auront pour mission de promouvoir le sujet dans les grandes entreprises et les services publics Ménopause : 10 nouvelles propositions pour améliorer sa prise en compte au travail – Santé au Travail 72. Cette mesure s’inspire des réussites observées dans la lutte contre le harcèlement sexuel au travail.
Axe 3 : Adapter concrètement le travail
Les propositions les plus révolutionnaires concernent l’adaptation immédiate des conditions de travail. Encourager l’adaptation des postes de travail. Climatisation, accès à l’eau, flexibilité horaire, télétravail : autant de solutions à mettre en œuvre localement Ménopause : 10 nouvelles propositions pour améliorer sa prise en compte au travail – Santé au Travail 72.
Adapter le mobilier de bureau selon les recommandations du GEMVI. Pour prévenir la sédentarité et les troubles musculosquelettiques aggravés par la ménopause Ménopause : 10 nouvelles propositions pour améliorer sa prise en compte au travail – Santé au Travail 72. Cette mesure technique révèle une approche globale de la santé féminine au travail.
Révolution dans le suivi médical
Intégrer la ménopause à la visite médicale de mi-carrière (45 ans). Cette mesure a déjà été reprise par la ministre du Travail, Catherine Vautrin Ménopause : 10 nouvelles propositions pour améliorer sa prise en compte au travail – Santé au Travail 72. Cette évolution marque une reconnaissance institutionnelle majeure.
La proposition de loi envisage, en tout premier lieu, de faire doublement évoluer les modalités de réalisation de la visite médicale de mi-carrière Proposition de loi visant à améliorer la sensibilisation et la prévention de la ménopause : les mesures intéressant les salariées et les entreprises | Éditions Tissot. Concrètement, cet examen médical est réalisé, en l’absence de disposition conventionnelle et sauf exception, durant l’année civile du 45e anniversaire du salarié Proposition de loi visant à améliorer la sensibilisation et la prévention de la ménopause : les mesures intéressant les salariées et les entreprises | Éditions Tissot.
Cette visite évoluée permettrait de faire un état des lieux de l’adéquation entre le poste de travail et l’état de santé du salarié ; sensibiliser le salarié aux enjeux du vieillissement au travail et sur la prévention des risques professionnels Proposition de loi visant à améliorer la sensibilisation et la prévention de la ménopause : les mesures intéressant les salariées et les entreprises | Éditions Tissot, ménopause comprise.
L’expérimentation révolutionnaire de l’arrêt gynécologique
La mesure la plus audacieuse concerne l’expérimentation d’un arrêt de travail au bénéfice des salariées touchées par des symptômes incapacitants liés à la ménopause Proposition de loi visant à améliorer la sensibilisation et la prévention de la ménopause : les mesures intéressant les salariées et les entreprises | Éditions Tissot. Le texte autorise l’État à instaurer, pour une durée maximale de 3 ans et dans un périmètre limité à 3 régions, un arrêt de travail Proposition de loi visant à améliorer la sensibilisation et la prévention de la ménopause : les mesures intéressant les salariées et les entreprises | Éditions Tissot spécifique.
Cette expérimentation s’inspire des modèles européens avancés. Si certaines entreprises ont déjà mis en place des mesures, comme des jours de congé supplémentaires, cette proposition de loi pourrait renforcer la reconnaissance des enjeux liés à la ménopause en entreprise Ménopause et travail : vers une meilleure prévention en entreprise ?.
Collecte de données : vers des statistiques genrées
Produire des statistiques genrées et par tranche d’âge sur la santé au travail. Un outil indispensable pour piloter des politiques plus inclusives Ménopause : 10 nouvelles propositions pour améliorer sa prise en compte au travail – Santé au Travail 72. Cette mesure technique révèle une lacune criante : l’absence de données spécifiques sur la santé des femmes au travail selon leur cycle de vie.
Les entreprises pionnières commencent à s’organiser. Quelques entreprises ont toutefois expérimenté, à la marge, des actions sur la ménopause, généralement dans le cadre d’un congé menstruel ou d’une évolution des conditions de travail (ex : télétravail, accès à l’eau, régulation de la température, etc.) Ménopause : 10 nouvelles propositions pour améliorer sa prise en compte au travail | Éditions Tissot.
Un cadre juridique en construction
Offrir un cadre juridique aux collectivités expérimentant un “congé ménopause”. Bien que non proposé comme mesure généralisée, ce congé pourrait être testé à l’échelle locale Ménopause : 10 nouvelles propositions pour améliorer sa prise en compte au travail – Santé au Travail 72. Cette approche pragmatique évite l’écueil de la généralisation immédiate tout en ouvrant la voie à l’innovation sociale.
Dans les 6 mois précédant l’issue de cette expérimentation, le Gouvernement devrait alors remettre au Parlement une évaluation sur les résultats obtenus et sur l’opportunité de pérenniser ce dispositif Proposition de loi visant à améliorer la sensibilisation et la prévention de la ménopause : les mesures intéressant les salariées et les entreprises | Éditions Tissot.
Résistances et défis à surmonter
Malgré ces avancées, des résistances persistent. Les organisations syndicales et patronales, lorsqu’elles consentent à investir le sujet, peinent à adopter une position claire et précise Ménopause : 10 nouvelles propositions pour améliorer sa prise en compte au travail | Éditions Tissot. Cette frilosité révèle l’ampleur du chemin à parcourir.
Le rapport met toutefois en avant que parmi ces entreprises, 28 selon la Direction Générale du Travail, seule l’une d’entre elles s’est attachée à aborder les spécificités de la ménopause Ménopause : 10 nouvelles propositions pour améliorer sa prise en compte au travail | Éditions Tissot. Un chiffre qui révèle l’immaturité du sujet dans le monde entrepreneurial.
Impact sur la carrière des femmes
Les enjeux dépassent la seule dimension sanitaire. Dans la mesure où les symptômes péri-ménopausiques et ménopausiques touchent une très large majorité de femmes en âge de travailler, ils peuvent avoir des conséquences négatives sur la qualité de vie des femmes au travail Santé des femmes au travail : des maux invisibles – Le rapport – Sénat.
Cette réalité questionne l’égalité professionnelle. Tout professionnel de santé devrait donc avoir suivi une formation requise sur la ménopause et savoir que ces symptômes climatériques peuvent affecter le bien-être et les capacités au travail avec, en conséquence, parfois la nécessité d’une adaptation transitoire des conditions de travail Santé des femmes au travail : des maux invisibles – Le rapport – Sénat.
Perspectives internationales : la France rattrape son retard
S’inspirant des réussites constatées à l’étranger, et notamment au Royaume-Uni, le rapport formule 10 recommandations destinées à améliorer la prise en compte de la ménopause en milieu professionnel Ménopause : 10 nouvelles propositions pour améliorer sa prise en compte au travail | Éditions Tissot. Cette approche comparative révèle le retard français sur le sujet.
Le Royaume-Uni fait figure de modèle avec des entreprises comme Marks & Spencer ou la BBC qui ont développé des politiques spécifiques depuis 2019. L’Australie expérimente depuis 2023 des congés ménopause dans la fonction publique.
Soutien syndical : une reconnaissance progressive
L’UNSA accueille favorablement ces deux annonces qui doivent permettre de mieux comprendre ce que vivent les femmes. À terme, ces enseignements devront se traduire par des mesures concrètes et facilitatrices Ménopause : un enjeu de santé et de conditions de travail – UNSA TPE. Cette position syndicale marque une évolution significative.
Favoriser la prise en compte de la ménopause repose aussi sur des environnements de travail favorables (tenues de travail adaptées, locaux ventilés, etc.) et sur une adaptation de l’organisation du travail (accès facilité au télétravail, horaires aménagés, ajustement de la charge de travail, etc.) Ménopause : un enjeu de santé et de conditions de travail – UNSA TPE.
Défis médicaux : vers une meilleure formation
Un défi majeur demeure : la formation des professionnels de santé. Le rapport souligne que 54,1 % des femmes souhaiteraient pouvoir consulter un gynécologue durant la période de ménopause, mais que le nombre de praticiens ne permet plus de répondre à cette demande (1 517 gynécologues en activité en 2023 contre 3 615 en 2012) Ménopause : un enjeu de santé et de conditions de travail – UNSA TPE.
Cette pénurie médicale rend d’autant plus cruciale l’adaptation du monde du travail aux réalités de la ménopause.
L’agenda politique : une fenêtre d’opportunité
La proposition de loi déposée par la députée Lingemann a été renvoyée à la commission des affaires sociales de l’Assemblée nationale et sera examinée à une date qui reste encore à arrêter Proposition de loi visant à améliorer la sensibilisation et la prévention de la ménopause : les mesures intéressant les salariées et les entreprises | Éditions Tissot. L’agenda parlementaire déterminera la rapidité de mise en œuvre de ces mesures.
Le ministère du Travail, de la Santé, des Solidarités et des Familles a reçu, le mercredi 9 avril 2025, le rapport de la mission parlementaire sur la ménopause La ménopause : s’informer et en parler – Ministère du Travail, de la Santé, des Solidarités et des Familles, marquant une prise en compte institutionnelle inédite.
Révolution culturelle en marche
Au-delà des mesures techniques, c’est une révolution culturelle qui s’amorce. L’objectif : faire de la ménopause un sujet structurant des politiques de santé publique et de qualité de vie au travail Ménopause : 10 nouvelles propositions pour améliorer sa prise en compte au travail – Santé au Travail 72.
Multiples sont donc les symptômes de la ménopause susceptibles d’impacter la santé physique et mentale des salariées (ex : bouffées de chaleur, douleurs articulaires, troubles cognitifs). Faire évoluer leur environnement de travail, en améliorant leur prise en compte, constitue donc une voie à prioriser Ménopause : 10 nouvelles propositions pour améliorer sa prise en compte au travail | Éditions Tissot.
Vers 2026 : une transformation attendue
Le rapport recommande également l’organisation d’Assises de la ménopause, rassemblant professionnels, entreprises et institutions, et l’intégration du sujet au Plan Santé au Travail 5 (PST5) Ménopause : 10 nouvelles propositions pour améliorer sa prise en compte au travail – Santé au Travail 72. Ces échéances dessinent une feuille de route ambitieuse.
Pour 14 millions de femmes françaises, l’année 2025 pourrait marquer le début d’une reconnaissance professionnelle attendue depuis trop longtemps. Entre révolution culturelle et adaptation pragmatique, ces 25 propositions dessinent les contours d’un monde du travail enfin inclusif à tous les âges de la vie féminine.
Cette analyse s’appuie sur le rapport parlementaire de Stéphanie Rist remis en avril 2025 et les propositions de loi en cours d’examen. Pour un accompagnement spécialisé des entreprises dans la prise en compte des enjeux de santé féminine au travail, consulter les ressources professionnelles spécialisées.
Sources : Rapport parlementaire Stéphanie Rist (avril 2025), Assemblée nationale, Ministère du Travail, études Gemvi, données gouvernementales 2025.
Martha Stewart est une femme d’affaires américaine qui a créé un empire médiatique et de décoration intérieure, Martha Stewart Living Omnimedia, Inc. Elle est connue pour ses livres, ses magazines, ses émissions de télévision et ses produits sur la cuisine, l’art de recevoir et le bricolage. Voici son parcours exceptionnel et ses conseils pour réussir.
Ses débuts
Martha Stewart est née le 3 août 1941 à Jersey City, dans le New Jersey. Elle est la deuxième de six enfants d’une famille d’origine polonaise. Ses parents étaient tous les deux enseignants, mais son père a ensuite travaillé comme vendeur de médicaments.
Dès son enfance, Martha Stewart apprend à cuisiner et à coudre avec sa mère. Elle développe aussi une passion pour le jardinage avec son père. Elle commence à travailler comme mannequin à l’âge de 13 ans, apparaissant dans des défilés de mode, des publicités télévisées et des magazines.
Voici une vidéo relatant la carrière de Martha Stewart en anglais :
Elle poursuit ses études à Barnard College, à Manhattan, où elle obtient un diplôme en histoire européenne et architecturale en 1962. Elle y rencontre Andy Stewart, un étudiant en droit à Yale, qu’elle épouse en 1961. Six ans plus tard, après la naissance de leur fille Alexis, Martha Stewart devient courtière en bourse pour la firme Monness, Williams et Sidel. Elle travaille à Wall Street jusqu’en 1972, année où la famille déménage à Westport, dans le Connecticut.
Son ascension
Après avoir restauré la ferme du XIXe siècle qu’ils avaient achetée, Martha Stewart décide de se consacrer à la cuisine gastronomique, qu’elle s’est enseignée en lisant le livre de Julia Child Maîtriser l’art de la cuisine française. Elle lance une entreprise de traiteur à la fin des années 1970, et se fait rapidement remarquer pour ses menus raffinés et sa présentation créative. En moins de dix ans, Martha Stewart, Inc., devient une entreprise d’un million de dollars qui sert des clients prestigieux et célèbres.

Martha Stewart se lance ensuite dans le monde de l’édition avec son premier livre, Entertaining, qui devient un best-seller et qui est suivi par d’autres publications telles que Martha Stewart’s Quick Cook Menus, Martha Stewart’s Hors d’Oeuvres, Martha Stewart’s Christmas et Martha Stewart’s Wedding Planner. Sa notoriété grandissante a un impact négatif sur sa vie personnelle, puisque son mariage avec Andy se termine par un divorce en 1990, après une séparation difficile de trois ans.
En 1991, Martha Stewart, Inc., devient Martha Stewart Living Omnimedia, Inc., avec le lancement de son magazine, Martha Stewart Living. L’empire du style de vie de Martha Stewart s’étend bientôt à deux magazines, une publication de recettes au format poche, une émission de télévision populaire sur le câble, une chronique syndiquée dans les journaux, une série de livres pratiques, une émission de radio, un site Internet et 763 millions de dollars de ventes annuelles au détail. Le 19 octobre 1999, la plus célèbre femme au foyer d’Amérique retourne à Wall Street pour voir son entreprise faire son entrée en bourse au New York Stock Exchange. À la fin de la journée, le prix de chacune des 72 millions d’actions de Martha Stewart Living Omnimedia, Inc. avait augmenté de plus de 95 % et rapporté près de 130 millions de dollars.
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